Dans le premier dialogue, nous retrouvons la méthode du
qui-pro-quo, chère à Jean.
La conversation s'engage dans une double ligne de
compréhension possible. Le thème de l'eau est compris par la
Samaritaine sur le plan de la soif humaine, Jésus voit dans
cette eau un signe. Il promet l'eau vive (v.7-15) et cette eau
vive est le don de Dieu.
Mais ce don et cette eau vive sont liés à la
connaissance de Jésus, à tel point que le v.10 peut nous faire
penser que le don de Dieu et de l'eau vive, c'est le Christ
lui-même.
Le don de Dieu n'est plus ici la loi donnée à Moïse
mais la connais-sance de Jésus qui, d'ailleurs, va se révéler
plus tard comme le Messie : "Je le suis, moi qui te parle".
L'eau est un thème important dans la Bible. Dans les
livres prophé-tiques, elle est considérée comme le symbole des
biens messianiques (Za 14, 8 ; Jl 4, 18).
Dans les livres sapientiaux, l'eau vive est
rapprochée de la sagesse où elle est encore considérée comme
le fruit de l'étude de la loi (Pr 13, 14 etc ; Si 24, 30).
En fait, on peut dire que l'eau vive est le symbole
de la doctrine enseignée par le Christ.
Nous trouvons donc dans le dialogue avec la
Samaritaine, une manière de parler de l'eau qui se réfère à un
symbolisme judaïque utilisé par Jésus : il s'agit d'une
sagesse symbolisée par l'eau. Cette sagesse est celle du
Christ.
Et ici nous passons à un nouveau plan. Il s'agit de
ce que Jésus révèle ; il ne s'adresse plus seulement à la
Samaritaine, mais il déclare que "quiconque boira cette
eau" n'aura plus soif.
Père Bernard GROGNET