Ce Dimanche, il s'agit de croire. "Vous croyez en
Dieu, croyez aussi en moi." Alors tout devient
compliqué, parce que pour un sémite de l'époque de
Jésus, "croire" signifie "faire confiance à quelqu'un"
; mais pour un grec, "croire" c'est "avoir une opinion
sur une idée ou sur une personne". Et l'évangile de Jean
sera écrit sur cet arrière-fond culturel que le mot
croire n'a pas la même signification pour tout le
monde.
GNOSE -
Le croire des Grecs d'il y a 2000 ans, c'est la
connaissance, c’est connaître et se connaître. Les
spécialistes parlent de "gnose". La connaissance de soi
conduit à vivre ce que chacun cherche vraiment à sa
propre dimension. Le salut peut devenir alors ce que je
cherche moi-même comme réalisation de moi-même. C'est
cette démarche de connaissance spéculative qui est en
arrière-fond de ce texte d'évangile. Philippe résume
bien dans cet évangile : "Montre-nous le Père, cela
nous suffit."
ÉVANGILE –
Saint Jean rappellera que c'est le compagnonnage avec
Jésus qui est la vraie source de vie éternelle. "Je
viendrai vous prendre avec moi." Ce qui procure
l'assurance du salut, ce n'est pas la compréhension
intellectuelle de Dieu, mais l'expérience de la relation
d'amour du Père et du Fils : "Je suis dans le Père et
le Père est en moi." Cette relation nous atteint
dans le compagnonnage du Christ qui vient nous prendre
avec Lui.
IL VIENT EN ATTIRANT A LUI –
Qui ne voit que ces deux conceptions de l'acte de
croire, est encore dans le débat des hommes
d'aujourd'hui. Le Salut, c'est de suivre le Christ comme
un premier de cordée. Il nous attire alors au sommet du
monde qu'il est lui-même. "Quand je serai élevé
au-dessus de la terre, j'attirerai tout à moi."
(Jn 12, 32).
Comment attire-t-il sinon en se montrant. "Le Fils de
l'homme attire en se révélant" disait St Augustin.
"Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres, mais par
Celui qui appelle" disait St Paul
(Rm 9, 12).
Celui qui fait de nous ses compagnons, établit avec nous
une relation à son image. Or, celui qui nous appelle est
éternel. Il faut bien que nous devenions éternels pour
que ce compagnonnage puisse se vivre avec Lui sur son
mode de vie à Lui. C'est justement cela le salut, aller
au-delà de nos compréhensions, aller au-delà des limites
de ce que nous pensons, de ce que nous appréhendons pour
entrer dans
le mystère du Dieu éternel. "Celui qui croit en moi
accomplira les mêmes œuvres que moi". C'était cela
le sens du verbe "croire", rien d'autre qu'un
compagnonnage éternel.