« Pour vous, qui suis-je ? »
Jésus pose cette question à des
personnes qui le suivent depuis
deux ans, qui ont tout quitté
pour se mettre à son école, qui
ont pris le risque de partager
son destin. Qu’Il soit le
Messie, ils le pensent et vont
même jusqu’à le dire.
Mais quel Messie ? Voilà des
siècles qu’on annonce sa venue,
que les prophètes ont évoqué sa
mission, mais de façons
tellement différentes que rien
n’est clair et que tout reste
possible.
Dieu enverra son Libérateur :
oui ! Mais sera-t-Il roi ou
prophète, messie politique ou
spirituel, puissant ou bien,
Serviteur souffrant ? On ne
sait.
Après un de ses nombreux
« rendez-vous » avec le Père, à
l’écart dans la prière, Jésus
entame une nouvelle étape dans
l’initiation de ses disciples.
Il a fait le point de la
situation et tout passé au
crible de la volonté de son
Père.
Il sait qu’Il ne sera ni reçu ni
compris et comme cela bouscule
des certitudes, des sécurités et
des rêves chez ses auditeurs,
Jésus veut les préparer à un tel
ébranlement.
Non conforme aux ambitions et
aux valeurs de ce monde, ni aux
intérêts, ni aux traditions de
ceux qui savent, possèdent et
gouvernent, la Bonne Nouvelle
sera rejetée au nom même de Dieu
et de la Vérité.
En fait d’entrée messianique à
Jérusalem, il y aura le Calvaire
et au lieu d’une couronne d’or,
il y aura la couronne d’épines.
Nous aussi, nous annonçons le
Messie : « Tu es le Christ,
le Messie de Dieu ! ».
Belle profession de Foi !
Mais quelle valeur peut-elle
avoir si nous ne marchons pas à
la suite de Celui qui nous
libère, prêts à renoncer à nos
vues étroites, occupés à nous
défaire d’interprétations
partielles, de jugements
étriqués, de certitudes trop
humaines ?
« Pour vous qui suis-je ? »,
nous répète chaque jour le
Seigneur. Qui dites-vous que Je
suis, par vos paroles, vos actes
et vos pensées elles-mêmes ?
Il y a là, de la part de Jésus,
une « invitation pressante » à
vérifier constamment nos idées
sur Jésus et à comparer nos
comportements avec les siens.
Père Alain Fleury