La
Nuit de la FOI
La
2nde NUIT DE LA FOI s'est déroulée du vendredi
6 au samedi 7 Mars 2009. Le
thème était cette année :
"Réfléchir
et prier avec Saint Paul"
A
partir des lettres suivantes :
- Première
lettre aux Thessaloniciens
- Première
lettre aux Corinthiens
- Deuxième
lettre aux Corinthiens
- Lettre
aux Galates
- Lettre
aux Philippiens
- Lettre
à Philémon
- Lettre
aux Romains
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S’il
y a une image connue par tous lorsque l’on parle de la Conversion
de Saint Paul, c’est qu’il est tombé de son
cheval. Et cette image est tellement frappante qu’elle a
été représentée de multiple fois.
Or,
il n’est jamais question de cheval ni dans les Actes des
Apôtres, ni dans les Epîtres de Saint Paul. Le cheval
relève d’un thème iconographique apparu au
XIIe siècle. Paul, alors, était assimilé
à un chevalier pour insister sur son caractère noble
et combattant. L’image permettait de souligner le caractère
noble de l’engagement de Paul au service de la gloire de
Dieu et le combat qu’il a dû mener pour cela. Mais
cette image n’a rien de biblique.
Si
je commence par cela pour vous parler de l’itinéraire
de Paul, c’est pour nous inciter à aller plus loin
que nos idées d’aujourd’hui, sur ce qu’a
été la vie, l’engagement, la pensée,
la mystique de l’apôtre des nations. Pour vous présenter
la vie de Paul, je vous parlerai de sa vie de pharisien, citoyen
romain, de son itinérance ecclésiale, de quelques
lignes directrices de son message. Les différents ateliers
vous permettront de mieux entrer dans son œuvre épistolaire
à partir des 7 épîtres authentiques.
1)
Paul, pharisien et citoyen romain
Lorsque
Paul naît à Tarse autour des années 10 de
notre ère, Rome est la maîtresse de tous les pays
autour de la Méditerranée. Auguste est l’empereur
et la paix règne presque partout. L’empire vit un
certain essor économique, la circulation des marchandises
est favorisée par une relative sécurité.
Avec le négoce, les idées s’échangent
également. On parle grec partout (c’est la langue
des échanges). Les dieux eux-mêmes passent de l’Orient
à l’Occident et leur culte rencontre un grand succès.
Les religions insistent davantage sur la pratique collective que
sur la croyance individuelle. Tout cela renforce la cité.
Dans
cet empire, le Judaïsme est, au contraire, fondé sur
la confession de foi en un Dieu unique. Il demande une adhésion
du cœur. Une partie des Juifs habitent la Palestine et ils
sont de plus en plus nombreux disséminés dans tout
l’empire. César puis Auguste leur ont accordé
les exemptions nécessaires pour pouvoir observer leur foi
à condition de ne pas troubler l’ordre public.
Deux
cités résument tout cela, c’est Rome et Jérusalem.
Jérusalem ne signifie rien sur le plan économique
mais c’est la ville où tout converge pour les Juifs.
Rome est la capitale prospère d’où tout dépend
et où tout se retrouve.
C’est dans cet empire que Saul naîtra
en l’an 10. Il est né à Tarse, capitale de
la province romaine de Cilicie (Turquie actuelle). Sa vie se déroule
sous le règne de 5 empereurs romains : Auguste, Tibère,
Caligula, Claude et Néron.
Circoncis dès le 8ème jour, Saul
est de la race d’Israël. Sa famille est de la tribu
de Benjamin, au nord de la Galilée.
Saul
est le nom hébreu qui lui est donné lors de sa circoncision.
Les Actes des Apôtres rapportent que Paul ajoute à
son nom sémitique de Saul celui de Paulos depuis sa rencontre
avec le Proconsul de Chypre qui s’appelait Sergius Paulus
(Ac 13, 9).
Par sa naissance, il est citoyen romain. Cela
lui donne un statut de respectabilité. Il peut participer
à la vie publique et cela lui accorde des garanties judiciaires
et fiscales.
Sa
famille devait être une famille de commerçants dans
le textile. C’est ce qui a fait la richesse de Tarse. Les
déplacements de Paul ont dû être facilités
par les relais et les réseaux de sa propre famille. Ainsi,
il rencontre la marchande de pourpre à Philippes, des fabricants
de tentes à Corinthe, des teinturiers à Ephèse
; lui-même a travaillé dans le textile.
Il
a bénéficié d’une formation intellectuelle
longue et sérieuse. Il reçoit dès l’âge
de 5 ans, une éducation biblique au sein de sa famille,
à la synagogue et à l’école. Il apprend
l’hébreu en famille. Il parle grec parce que c’est
la langue de la ville et du milieu des affaires. Etant citoyen
romain, il s’exprime aussi en latin.
Après
quelques années, il poursuit sa formation à Jérusalem
auprès d’un maître appelé Gamatiel.
Il y reçoit une formation propre aux Pharisiens. Il y approfondit
sa connaissance des écritures et apprend les techniques
d’interprétation. Il pourra traduire la foi juive
en catégories grecques. Paul devient ainsi un Pharisien
irréprochable.
A
l’époque, les Pharisiens étaient des hommes
religieux qui attendent la résurrection générale
des morts à la fin des temps. Ils se distinguent des Sadducéens
qui ne croyaient pas à la résurrection des morts.
Comme tous les Pharisiens, il attend le retour de tous les exilés
juifs en Terre Sainte, l’effondrement de la domination étrangère
et l’avènement du royaume messianique. Les Pharisiens
(contrairement aux Sadducéens) ne collaborent pas avec
l’occupant romain. Toutefois, ils ne font pas de politique.
L’engagement
de Paul, le Pharisien, est celui d’un homme aimant la loi
de Dieu qui veut être juste devant Dieu et devant les hommes.
Il vit son appartenance au courant pharisien d’une manière
telle qu’il ne peut rien tolérer de ce qui porte
atteinte à cet idéal. Ainsi, il assiste à
la lapidation d’Etienne en approuvant ce meurtre. La persécution
qu’il mènera ensuite contre les chrétiens
ne sera que l’expression de son idéal pharisien.
Pour lui, s’opposer aux chrétiens, c’est sauver
la gloire de Dieu.
2)
La Conversion de Paul
Alors
que Paul est entièrement pris dans la lutte qu’il
mène contre les chrétiens, le Christ fait irruption
sur sa route.
Il se rend à Damas pour y combattre directement
la communauté chrétienne locale. Le grand prêtre
de Jérusalem lui confie une lettre pour la synagogue de
Damas, afin de pouvoir arrêter les chrétiens.
Aux
abords de la ville, il vit : "venant du ciel et plus
éclatante que le soleil, une lumière qui resplendit
autour de moi et ceux qui m’accompagnaient" (Ac
26,13). Cette grande lumière renverse Paul et le cloue
au sol (Ac. 22,7). Et une voix se fait entendre : "Saul,
Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" (Ac 22, 7).
Celui que Paul a traité avec tant de mépris,
se révèle à lui un an à peine, trois
au plus après les événements du Golgotha.
"Je suis Celui que tu persécutes".
Paul,
terrassé en perd la vue et cela révèle sa
cécité spirituelle. Après l’événement,
Paul va à Damas en aveugle. Il y est accueilli par les
chrétiens et baptisé par Ananie.
Alors, il recouvre la vue et part pour l’Arabie
(c’est l’actuelle région de Petra) pour intérioriser
la rencontre de Damas. Il y resta 3 ans (Gal 1, 18).
Après
ce séjour au désert, il revient à Damas vivre
avec la communauté chrétienne. Il y continue sa
formation. Il doit fuir la ville en s’échappant le
long des murailles. Après quoi, il va à Jérusalem.
Le
Pharisien Saul qui ne connaissait le Christ que par ouï-dire,
connaître selon la chair comme il dira plus tard, est devenu
Paul, qui connaît le mystère du ressuscité.
"Si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant
ce n’est plus ainsi que nous le connaissons" (2
Co 5, 16). L’héritage pharisien est renversé.
Celui qu’il maudissait devient le béni de Dieu,
celui qui défendait la loi, découvre la foi,
celui qui n’était que le pharisien devient l’homme
des nations,
celui qui persécutait devient apôtre,
celui qui était savant devient l’écolier d’Ananie.
C’est la conversion de Paul, son héritage pharisien
est renversé.
3)
L’itinérance de l’Apôtre

A Damas, le Christ confie à Paul le soin de porter
son Nom aux nations. Quatre grands voyages peuvent être
repérés :
- Antioche de Syrie, Chypre, Asie mineure et retour à Antioche
(Ac 13, 14),
- de l’Asie mineure vers la Grèce et retour à
Césarée (Ac 15, 36-18, 22),
- de Galacie, Ephèse, Macédoine et retour (Ac 18,
23-31),
- transfert à Rome (Ac 27-28,16).
Ces voyages sont des cercles qui se déploient de plus en
plus (voir carte).
Le
premier grand voyage mènera Paul à Chypre
et en Asie mineure. Il part d’Antioche. C’est la ville
où les disciples du Christ ont reçu le nom de chrétiens.
C’est le plus grand port méditerranéen avec
Alexandrie. C’est la 3ème ville de l’empire.
Paul partira d’Antioche avec Barnabé pour Chypre.
Pourquoi Chypre ? Parce qu’il y avait des bateaux qui faisaient
Chypre-Antioche tous les jours, parce qu’il y avait déjà
une communauté chrétienne à Chypre, parce
qu’il y avait des Chypriotes à Antioche prêts
à donner des adresses (exemple : Barnabé qui est
né à Salamine). La famille de Barnabé peut
servir de guide.
De Salamine, Paul va à Paphos, c’est
la capitale. Il y rencontre le Proconsul Sergius Paulus qui accueille
favorablement le message de Paul.
De Chypre, Paul et ses compagnons iront dans la province romaine
de Pisidie (en Turquie actuelle). Pourquoi la Pisidie ? Parce
que le Proconsul qui les a accueillis à Chypre a des propriétés
dans cette province et peut donner des lettres de recommandation
aux voyageurs.
Ils vont à Iconion, Lystre, Derbé
et reviennent à Pergé et à Antaleia, et reprennent
le bateau pour revenir à Antioche.
En arrivant dans chaque ville ou village, Paul parle dans la synagogue
pour annoncer le Christ et il essaie de fonder un petit groupe
de chrétiens. Il sera plus ou moins reçu.
Lors du second voyage, Paul passe en Europe.
Il se sépare de Barnabé qui, avec Marc, retourne
à Chypre. Paul, lui, part avec Silas pour ce voyage.
Ils traversent la Syrie et la Cilicie par l’itinéraire
des marchands qui vont vers Ephèse. Ils repassent dont
à Derbé, Iconion, et Lystre, vont à Antioche
de Pisidie jusqu’à Alexandrie de Troade. Suite à
une vision, ils décident de passer en Macédoine
et franchir ce détroit, c’est passer en Europe. Ils
parviennent ainsi à Néapolis et rejoignent la ville
de Philippes (à 12 km du port).
Philippes – Là, ils sont emprisonnés
parce qu’ils troublent l’ordre public et contredisent
les édits de César de faire du prosélytisme.
Ils seront libérés parce que citoyens romains.
Ils
fondent une communauté de chrétiens dont on connaît
quelques noms : Clément le romain, Syntyché, Syzyché,
Evodie (Ph 4, 2-3), Epaphrodite le grec (Ph 4, 18), Lydie, une
femme d’affaires négociante en pourpre.
Paul et ses compagnons continuent leur prédication
et décident de gagner Thessalonique (à près
de 200 km, capitale de la province de Macédoine). Ils y
sont mal accueillis.
La première communauté chrétienne
sera composée de grecs. La pression des Juifs est telle
que les apôtres devront quitter la ville précipitamment
avec Timothée et Silas. Paul est alors emmené par
bateau à Athènes.
Athènes
– C’est la ville intellectuelle, celle où il
ne sera pas compris. Après l’échec auprès
des philosophes, Paul s’installe à Corinthe.
Corinthe
– Nous sommes en l’an 50 et Paul restera là
18 mois. C’est une ville riche, commerçante avec
deux ports ouverts sur la mer. Il y fait la connaissance d’un
couple Priscille et Aquilas qui sont comme lui fabricants de tentes.
Il est embauché par eux, et au début, il logera
chez eux. Silas et Timothée le rejoignent. Il connaîtra
l’échec de sa prédication dans le milieu juif.
Il fonde néanmoins une communauté
chrétienne faite de Juifs et de non-Juifs, de riches et
de pauvres, d’esclaves et d’hommes libres, de lettrés
et d’ignorants. Cette diversité sera source de difficultés
et donnera à Paul l’occasion d’enseigner sur
la nature de l’Eglise comparée à un corps
où chaque membre a une fonction au service de l’unité
(1 Co 14).
Il y écrira sa Première lettre
aux Thessaloniciens.
Au bout de 18 mois, il repart pour Césarée
par la mer. Il fait un crochet par Antioche et part à Jérusalem.
Jérusalem
– Arrivé dans cette ville, il est accusé par
les Pharisiens qui veulent imposer la loi de Moïse aux nouveaux
chrétiens. Il est décidé ce jour-là
:
- d’accepter le travail de Paul auprès des païens
(grecs)
- de ne pas imposer la circoncision aux non-Juifs,
- d’avoir le souci des pauvres.
Malgré cela, le problème demeure et Paul devra bagarrer
contre les judaïsans toute sa vie… Même à
Antioche avec Pierre.
Après
ce passage à Jérusalem, Paul retourne à Antioche.
De là, il repart aux confins de la Galatie et la Phrygie.
Il revient alors à Ephèse, par la route, où
il s’installe pendant trois années environ.
Ephèse
– Ephèse sera pour Paul un lieu stratégique.
De là partiront des missions pour Colosses, Hiérapolis
et Laodicée , Corinthe et Philippes. Sous sa conduite s’organise
à partir de cette ville un véritable réseau
chargé d’annoncer l’Evangile et de veiller
à l’organisation des communautés.
Il
rencontre dans cette ville Philémon, Epaphras, Apollos.
Son équipe s’agrandit de Sosthène, Aristarque,
Trophime, Marc, Priscille et Aquilas.
Ephèse,
c’est la ville de la déesse Artémis et ses
louangeurs prennent ombrage de l’activité de Paul.
Il est arrêté et emprisonné.
A Ephèse, Paul écrit la lettre
aux Philippiens, la lettre à Philémon, la lettre
aux Galates, la lettre aux Colossiens (peut-être) et la
lettre aux Ephésiens (peut-être).
En
partant d’Ephèse, en 54 ou 58 ?, il retourne en Macédoine
et séjourne 3 mois à Corinthe. Il reprend alors
la mer, rejoint Alexandrie de Troade. Il fait alors du cabotinage
d’île en île pour redescendre (Lesbos, Samos…)
à Milet. Il fait voile vers Rhodes et, en laissant Chypre
sur babord, il arrive à Tyr puis rejoint Jérusalem
accompagné par les chrétiens de Césarée.

Jérusalem
- Arrivé à Jérusalem, il est arrêté
parce qu’il a introduit un Grec sur le parvis du Temple
(Ac 21,29). Il est emprisonné et en appelle à la
justice de César puisqu’il est citoyen romain. Il
est donc transféré à Rome.
Il
embarque donc vers 57 ou 60 de Césarée. Le bateau
fait escale à Sidon, puis à Myra. Il passe l’hiver
en Crète et repart vers Malte. De Malte, il remontera via
Syracuse et atteint Pouzzoles (au sud de Naples).

Il
rejoindra alors la capitale de l’empire à pied. A
Rome, il sera en résidence surveillée dans l’attente
de son procès pendant 2 ans.
Il
eut la tête tranchée sur la route de Rome qui va
vers Ostie.
On est en l’an 62 ou 64 ou même après.
Pierre, lui, sera sacrifié en 64 lors de l’incendie
de Rome par Néron.
4)
Le Message Paulinien
Le
salut par la Croix
C’est un pur scandale de professer cela.
La croix est l’infamie par excellence aux yeux de tous et
la non-sagesse aux yeux des philosophes. Ni la croix, ni le crucifié
ne peuvent avoir la moindre valeur.
Or
c’est Celui-là qui est ressuscité. Par amour
pour son Père, par amour pour les hommes, il veut communiquer
l’amour du Père. Jésus accepte d’être
déclaré "maudit" par la loi. Mais cet
amour du Père et du Fils va plus loin que la mort et que
la loi.
En se livrant sur la croix, Jésus prend
sur lui le fait que les hommes veulent anéantir Dieu ou
leur idée de Dieu. En ressuscitant, il dit la vérité
de Dieu qui se donne à tous, au-delà de toute mort
et pour toujours. Il se révèle dans toute sa force
d’un amour qui se donne éternellement. La Croix est
le symbole de l’acte libérateur de Dieu.
Le
salut est justification
Non seulement Dieu ne nous en veut pas d’avoir
crucifié le Fils, mais il nous délivre d’une
telle situation. L’humanité passe dans l’univers
Trinitaire. Ceux qui ont commis ce mal absolu de la crucifixion,
sont intégrés dans le mystère de la résurrection.
Dieu nous engendre à cette vie nouvelle qui est la sienne,
il nous inscrit dans son amour qui donne la vie.
En faisant cela, il nous arrache au pouvoir des
ténèbres.
Dans l’ancienne Alliance, la marque d’attachement
à Dieu était la loi donnée par Lui. Pourquoi
cette loi n’était-elle pas suffisante ? La loi contient
certes la volonté de Dieu, mais la réponse de l’homme
est de faire effort et de compter sur ses propres mérites
pour accomplir la loi. Le péché empêche de
réaliser cela parce que nous sommes toujours en-deçà
de la loi de Dieu. La loi est bonne mais le péché
se sert de la loi pour prendre l’homme en défaut.
Il ne parvient pas à accomplir tous les préceptes
de la loi.
De plus, la loi suscite la convoitise. Le péché
dévoile sa puissance de mort. La justice manifestée
dans le Christ, exclut toute justification de l’homme par
lui-même. C’est Dieu qui justifie.
L’ajustement
de l’homme avec Dieu se fait sur son mode à Lui,
qui est l’amour et non la colère.
Du coup, dira Saint Paul, la loi n’est
que la pédagogue qui nous mène vers le mystère
de Dieu et non un but en soi. Il n’est donc pas utile d’imposer
la loi juive aux nations païennes pour entrer dans le mystère
de Dieu.
En revanche, notre condition de fils à
l’image du Fils nous montre qu’il y a de la distance
entre lui et nous pour être vraiment fils. Nous ne sommes
qu’en devenir. Et c’est notre pauvreté même
qui est notre nouvelle condition de pécheur.
Cette justification se vit ainsi en nous.
Mais pour Dieu, nous sommes et resterons des
Fils.
La
filiation
La vie du Christ nous révèle que
la communion avec Dieu a sa source dans la résurrection
qui nous arrache à la mort. Nous recevons de lui ce salut.
Il nous a prédestiné à reproduire l’image
de son Fils.
"Ceux qu’il a prédestinés, il les
a appelés.
Ceux qu’il a appelés, il les a justifiés,
Ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés"
(Rm 8, 28-30).
Etre Fils relève du dessein éternel
de Dieu et de son amour.
En nous appelant "dès avant la
fondation du monde" (Ep 1, 4), à être des
Fils, le Père nous aime du même amour dont il aime
le Fils. La rédemption n’est donc pas l’acte
fondateur de notre salut, mais la révélation de
l’immensité du dessein de Dieu.
L’homme
dans le Christ
Pour Saint Paul, l’homme est à la
fois terrestre, dépendant de la nature, et donc soumis
à la corruptibilité et à la mort. C’est
la figure du premier Adam.
Le Christ est le second Adam. Son origine divine
l’empêche d’être réduit à
la vie terrestre. C’est ce que révèle sa résurrection.
Le premier Adam apparaît comme inachevé,
le second révèle la vraie condition humaine d’être
à l’image du Christ.
Le Christ donne la vraie identité de l’homme
en Dieu.
La
vie dans l’Esprit
L’Esprit du Fils vient en nous pour susciter
dans le vieil homme ce qu’est l’homme nouveau. Et
l’homme nouveau ne s’appartient pas :
"nul ne vit pour soi-même, nul ne meurt pour soi-même.
Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur.
Si nous mourrons, nous mourrons pour le Seigneur.
Dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur"
(Rm 14, 7-8).
Le culte spirituel ne consiste plus à
offrir quelque chose mais à s’offrir soi-même.
C’est cela vivre dans l’Esprit, " mener une
vie digne de l’appel reçu" (Ep 4,1).
Cette vie selon l’Esprit s’oppose à la vie
selon la chair, c’est-à-dire, ce qui s’oppose
à Dieu : discorde, haines, jalousies, emportements, disputes,
dissensions, scissions, etc… (Gal. 5, 19-21).
Comment mentir, en effet, si le Christ lui-même
est vérité (Col 3, 8-9).
L’Esprit qui est en nous, nous fait déjà
vivre de Dieu et nous pousse à en vivre complètement.
Nous sommes, en effet, "dans l’attente de la libération
de notre corps" (Rm 8, 23). En attendant ce jour, l’Esprit
vient au secours de notre faiblesse.
La
révélation de l’Histoire
Parce que le Christ est l’unité
de tout homme et de tous les hommes, il inaugure en Lui un règne
de paix qui supprimera toutes les divisions de races, de nations,
d’origines.
La preuve que cela se fera un jour, c’est
que c’est déjà commencé dans le mystère
de l’Eglise elle-même et son universalité.
L’Eglise
du Christ
Saint Paul utilise diverses comparaisons pour
parler de l’Eglise. Il parle d’un corps vivant animé
par l’Esprit (Ep 2, 11-22) qui se nourrit du même
pain (1 Co 10, 16-17), d’un corps social où chacun
pour sa part est un membre (1 Co 12, 27), d’un corps humain
dont le Christ est la tête (Ep 1, 22-23), ou
dont il est l’époux selon l’image nuptiale
(Ep 5, 22-33).
Toutes
ces images soutendent une seule et même idée : C’est
que le Christ et l’Eglise ne font qu’un et diviser
l’Eglise, c’est diviser le Christ. Pour marquer cela,
Saint Paul ne parle pas du peuple lorsqu’il parle de l’Eglise
mais de corps.
Le
but du salut apporté par le Christ, est la récapitulation
de toutes choses en Christ. C’était déjà
le projet de Dieu dès avant le commencement du monde.
Christ
a tout récapitulé…

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