"l'Eglise
et les Eglises dans le monde"
"Les
communautés chrétiennes en monde arabo-musulman"
présentée par le père
Christophe
Roucou
La
Mission de France, ancrée à Pontigny dans l’Yonne
(diocèse de Sens-Auxerre), forme des prêtres appelés
à être missionnaires dans les milieux professionnels
en France ou à l’étranger. Le père
Christophe Roucou, professeur d’histoire et géographie,
a ainsi passé neuf ans en Egypte après avoir appris
l’arabe à Rome. Il est en charge aujourd’hui
du dialogue avec les musulmans de France au sein du SRI (Service
des Relations avec l’Islam).
Le
père Christophe Roucou reprécise l’intitulé
de sa conférence :
"les communautés chrétiennes en monde arabo-musulman"
et non en monde musulman, car certains pays musulmans tels que
l’Indonésie, le Pakistan ou le Bangladesh, ne sont
pas arabes. C’est bien des Eglises en monde Arabe que le
père Christophe Roucou nous parle.
Il tient à préciser aussi que le
monde musulman n’est pas un mais multiple; qu’il y
a plusieurs Islam au sein desquels il y a des communautés
chrétiennes. Toutes les communautés chrétiennes
ne sont pas rattachées à Rome. Ce sont en majorité
des Orthodoxes.
Rappel
: tous les arabes ne sont pas musulmans et tous les musulmans
ne sont pas arabes.
Quelques
communautés chrétiennes se détachent dans
le monde arabe : 50 % des Libanais sont chrétiens Maronites
et environ 6 millions de d’Egyptiens sont Coptes Orthodoxes.
Cette communauté Egyptienne est la plus importante en nombre
dans tout le monde arabe. On compte aussi en Egypte : 150.000
Coptes Catholiques qui par leur rattachement à Rome ressentent
une grande dimension d’ouverture ; et 150 à 200.000
Coptes Evangéliques.
L’Egypte est le seul pays où l’on
ne reconnaît pas le baptême commun à tous les
chrétiens, contrairement aux autres pays.
En Syrie bien qu’il y ait une Eglise Catholique
on trouve surtout une mosaïque de communautés chrétiennes.
Il n’y a pas d’Eglise structurée.
Les Byzantins et Melchites constituent l’Eglise
Grecque Orthodoxe.
Pour des questions de dogme l’Orient et
l’Occident se sont séparés en 1050. Les langues
grecque et latine ne se sont plus comprises. Cela a abouti à
une division résorbée récemment par Jean-Paul
II.
En Irak l’Eglise Chaldéenne a deux
branches : l’une rattachée à Rome, l’autre
non.
Toutes
les Eglises, aussi différentes soient-elles, ont la même
liturgie, héritée de saint Basile.
La
situation est complexe, due à l’histoire. Quelques
fois on est loin d’un témoignage uni entre chrétiens.
Par exemple : la Nativité est fêtée le 25
décembre ou le 6 janvier selon les Eglises. En revanche
Pâques est commun à toutes les communautés
chrétiennes, la date en est fixée selon le calendrier
Orthodoxe.
Histoire
:
Il y a eu un Christianisme arabe avant un Islam
arabe (dans le Coran la sourate Nour parle de moines
qui se vouent à la prière ; certains Pères
de l’Eglise ont écrit en arabe).
Pendant plusieurs siècles les lettrés
arabes ont été chrétiens.
La propagation rapide de l’Islam (le prophète
Mahommet est mort en 632 et moins de cent ans après les
Arabes sont à Poitiers) a entraîné un bouleversement
de la situation.
En 1076 c’est l’Emir qui écrit
au pape Grégoire VII pour l’informer qu’il
n’y a pas d’évêque en pays Maur.
Les Croisades ont été mal vécues
par les chrétiens d’Orient qui ont vu dans les Croisés
des conquérants. De ce fait, ce mot est lourd de symboles
encore aujourd’hui.
A la même époque, François
d’Assise rencontre le Sultan d’Egypte à Damiette.
Après la première guerre mondiale
et jusqu’en 1967 les chrétiens ont été
les initiateurs des mouvements de nationalisme arabe. Le plus
important pour les populations est d’être Arabe, pas
d’appartenir à une religion.
Aujourd’hui
il faut faire attention à ce que les musulmans peuvent
comprendre des chrétiens.
La première cause du fondamentalisme c’est
l’ignorance.
La modernité ce n’est pas la technique
c’est l’effet de la culture dans les esprits. L’Islam
a un problème de confrontation avec la modernité.
Dieu confie aux communautés Chrétiennes
en milieu d’Islam la mission d’un amour miséricordieux.
Comment
faire face à l’Islam qui se radicalise ?
Il ne faut pas céder à l’angoisse,
ce n’est pas la fin du monde, c’est un problème
de société où il y a trop de misère
dans les couches défavorisées de la société.
Nous devons tenir ce rôle d’être chrétiens.
La religion est beaucoup instrumentalisée
par les politiques souvent parce que les politiques en place ne
savent pas gérer leurs franges extrémistes.
Quel
avenir ?
Une piste de réflexion : les musulmans se sentent tous
solidaires aux quatre coins du monde pas les chrétiens.
En
conclusion deux citations :
Père Rafiq Khoury, Egyptien,
premier adjoint du Patriarche latin du Caire :
"Nous sommes avec ce monde arabe musulman. Nous partageons,
tout en conservant notre Foi Chrétienne, la même
langue, la même culture, les mêmes difficultés,
les mêmes aspirations. Notre présence au sein de
l’Islam comme Christ et comme gloire est inscrit au cœur
de notre être personnel";
Père
Samir Jallil, Jésuite Libanais :
"J’ai une grande sympathie pour les musulmans, j’appartiens
à cette culture. Je suis arabe chrétien dans une
culture musulmane mais ma Foi est chrétienne et je suis
content d’une chose comme de l’autre".
Père Christophe Roucou
(Mission de France)
Notre-Dame de Versailles, le 22 novembre 2007

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