Père René DONVAL
(1916 - 2007)

Né le 7 Novembre 1916
Ordonné prêtre le 25 mars 1944
Il est le premier curé de l'église Notre-Dame de Beauregard, (2ème paroisse de La Celle Saint Cloud, fondée en 1958)
Nommé curé de Notre-Dame de Versailles le 12 juin 1975
Part à Poissy en 1987
Décédé en Juin 2007.

D'avril 1981 à janvier 1985 a lieu une nouvelle restauration de l'église pour son troisième centenaire, (1986). La restauration de la Chapelle du Saint Sacrement n'a pas eu lieu car la pierre utilisée pour sa construction était de qualité médiocre et demande des recherches plus élaborées avant d'être réalisée.

L'église avant sa restauration pour son 3ème centenaire.
 

 

L'HONNEUR D'ETRE PRETRE

 

             L'un des aspects les plus étonnants de l'existence du prêtre est la confiance qui lui est faite. Des hommes ou des femmes qui ne savent ni qui il est, ni d'où il vient, lui font l'aveu des fautes difficiles, parce qu'il est est prêtre ; il lui est demandé conseil, sur des problèmes particulièrement délicats, parce qu'il est prêtre. Des familles aiment l'avoir comme ami, et estiment que sa présence de temps à autre dans un foyer peut être bénéfique à tous, parce qu'il est prêtre.

             Sans doute d'autres hommes reçoivent-ils des aveux et des confidences : le prêtre ne prétend pas détenir un tel monopole !

             Parce qu'il est prêtre, cet homme a la responsabilité d'appeler à la prière ses frères chrétiens – le dimanche en particulier – de les instruire de la Parole de Dieu, de leur donner en nourriture le Corps du Christ ; il les appelle à une conscience plus éclairée de leur responsabilité  d'hommes chrétiens en ce XXe siècle ; il les invite à l'exercer – éclairée par l'Evangile – dans toutes les zones de leurs activités familiales, professionnelles, économiques, politiques, de loisirs. Il doit tendre à être pleinement lui-même et pleinement un autre, pour qu'à travers lui on ne voie plus que l'Autre ! Il n'a jamais fini de devenir lui-même, puisque, comme chacun, il peut se transformer et s'améliorer sans cesse et sans fin, "allant de plénitude en plénitude vers la plénitude de Dieu".

             Son modèle est Jésus-Christ auquel il essaie de se configurer par son engagement dans un célibat volontaire et joyeux, par les croix inévitables qu'il porte, par la contemplation qui lui permet de mieux comprendre Celui qui l'a engagé, et de se laisser mouvoir par son Esprit.

             Son travail, son métier, c'est d'être à sa place et pour sa part, le bâtisseur d'un Royaume qui ne passe pas : "Civilisation, vous êtes périssables" écrivait Paul Valéry. Bâtir un monument, c'est beau, mais bâtir de l'éternel !  Révéler à ses frères le sens plénier de l'existence, en annonçant et surtout en vivant le Christ ressuscité ! Etre la lumière des aveugles, ouvrir les cœurs fermés, aimer les mal-aimés et tous les autres, persuader les exclus qu'ils sont aimés, pardonner à ceux qui se croient condamnés ! Le Prêtre doit avoir un cœur qui s'inspire de l'amour, du pardon, de la tendresse et de la joie de Dieu.

             Il a été appelé : dans sa liberté, sa lucidité et sa foi, il s'est engagé. Il sait qu'il est homme, et faible, et déficient devant sa tâche : "Il porte ce trésor dans un vase d'argile" dit Saint Paul. Mais un plus grand que lui l'a associé à sa tâche fondamentale : la transformation du monde, par la transformation de l'Homme, sur le modèle et à la suite de Jésus Christ, pour une vie qui se prépare ici-bas – bien terrestrement – au coude à coude avec les autres, mais qui n'a pas de fin, pour connaître une communion avec les autres, avec Dieu, pour toujours, dans une joie éternelle.

             Je ressens vivement l'honneur d'être prêtre en Jésus Christ. 

Cet éditorial fut écrit par le Père René Donval  le 21 juin 1987 dans la feuille paroissiale, avant son départ de Notre-Dame.

Soyez des rossignols de louange...

 

Voici douze ans qu'avec vous, je chemine vers l'Eternité ; J'ai, je l'espère, un peu Iabouré la terre de vos existences, de vos vies pour y semer la Bonne Parole et suscité des moissons que le Seigneur cueillera un jour. Ce matin, au lieu de vous faire un sermon de circonstances, j'ai pensé tout simplement, parce que c'est vous, parce que c'est moi, vous dire qui est Dieu pour moi. Je sais bien que c'est impossible à dire, je ne connais pas Dieu parfaitement, bien sûr et parce que c'est dur à dire ; peut-être vous souviendrez-vous de ce témoignage que je vais essayer de vous donner.

 

Dieu est d'abord pour moi mon Créateur ; il y a dans le jardin du presbytère parfois un rossignol et il chante merveilleusement bien ; je crois que Dieu le crée, lui donne la vie, le mouvement et l'être mais le rossignol n'en sait rien. Quand je vais me promener dans le parc du château et que je médite dans ces allées si belles, ensoleillées parfois, je me dis que Dieu est leur créateur, c'est si beau. Je crois aussi que Dieu a créé mon cœur pour vous aimer et je l'en remercie. Je crois que Dieu est infiniment beau parce qu'avant de créer, éternellement Il pensait sa création. Je crois aussi que Dieu est
infiniment bon, même si parfois les souffrances, les handicaps, les difficultés et la mort peuvent nous faire souffrir.  Je crois qu'Il est infiniment Bon.

 

Je crois aussi que Dîeu est mon Père et qu'il m'aime de toute éternité, infiniment ; je suis dans son Cœur, Il m'a aimé le premier et moi, j'essaye, bien malhabilement de répondre à cet Amour infini; je sais, je constate que je suis limité mais je suis son enfant et un papa n'attend pas de son enfant quand il est tout petit ce qu'il est capable de faire quand il sera plus grand. Mais jusqu'à la fin de ma vie, je resterai son enfant et pour toujours et j'ai en lui une confiance, je crois une confiance absolue. Dieu est Celui qui me pardonne et Il sait bien ce qu'Il a à me pardonner ; et pourtant, malgré mes misères, je n'ai pas peur de Lui parce qu'Il m'aime. Thérèse de Lisieux disait : « Même si j'avais commis tous les crimes possibles, j'aurais toujours la même confiance, je sens que cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un
brasier ardent
», S'il est possible de dire ceci, mais qu'en sais-je ...quand je me présenterai à Lui, les mains pleines de mes misères, de mes manques, de mes imperfections, de mes péchés, et je lui dirai : tout cela ne T'a pas empêché de m'aimer, c'est la preuve que Tu m'aimes et je te fais confiance.

 

Dieu est aussi mon ami et je passe avec Lui plus d'heures qu'avec quiconque, des heures voulues, des heures parfois difficiles de mon fait, des heures désirées et des heures aimées . Avec Dieu je peux tout partager, je peux tout Lui dire : mes joies, mes soucis, et là où je vais je crois qu'Il m'attend, depuis toujours je suis attendu par Lui.

 

Dieu est ma joie la plus grande ; certes vous m'avez donné beaucoup de joie je vous l'ai écrit... puisque je suis son enfant, je suis sa joie comme vos enfants , je l'espère, sont votre joie. Et parce qu"Il est mon Père, Il est ma plus grande joie. Tout passe, Dieu seul demeure, mais cette joie là, elle est éternelle dans le coeur de Dieu.

 

En conclusion, je rappellerai cette réflexion de St-Thomas d'Aquin qui disait au soir de sa vie (vous savez que c'est le plus grand des théologiens), que sa science n'était pas plus importante que de la paille ! Nous sommes toujours en marche vers Dieu, nous sommes toujours au début du chemin ; et sans doute que vous vous retrouverez de l''Imitation de Jésus-Christ que je connais et que je vis : un rien m'élève, un rien m'abat, un rien m'émeut... Ainsi j'ai essayé ce soir encore de mettre dans votre cœur des raisons de foi, de confiance, d'amour et de joie. Peut-être ne retiendrez-vous de ceci que le petit rossignol de mon jardin, soyez des rossignols de louange pour la plus grande gloire de la Trinité.  Amen !

Testament du Père René DONVAL

 

(Les Papes à cette période :
- Paul VI de 1963 à 1978.
- Jean-Paul I en 1978.
- Jean-Paul II depuis 1978).

 

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