HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 16 OCTOBRE 2003

 

Texte 1

Les adieux de Paul aux anciens 
de l'Eglise d'Ephèse (Ac 20, 17-37)

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Dans le récit des Actes, c'est sur le chemin qui le mène vers Jérusalem, où il sera arrêté, que Paul prononce ce discours du genre testament. Les lignes qui précèdent ce discours que Luc met dans la bouche de Paul, donnent le contexte du voyage :

 

"...De là (Mitylène), nous mîmes à la voile, et le lendermain nous arrivâmes devant Chio. Le jour suivant nous filâmes vers Samos, et le jour après nous vînmes à Milet. Paul avait en effet décidé de passer au large d'Ephése, pour ne pas trainer en Asie[1]. Car il se hâtait pour se trouver, si cela était possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem.

 "De Milet, il envoya (des messagers) à Ephèse et fit venir les anciens (presbuterous) de l'Eglise. Quand ils furent arrivés près de lui, il leur dit :

"Vous savez comment depuis le premier jour où j'ai mis le pied en Asie, je me suis tout le temps comporté avec vous, asservi au Seigneur en toute humilité, dans les larmes et parmi les épreuves qui me sont arrivées par les complots des Juifs, comment je n'ai rien négligé de ce qui était utile pour vous avertir et vous enseigner en public et dans les maisons, adjurant Juifs et Grecs de se convertir et de croire en notre Seigneur Jésus.

Et maintenant, voici que, lié par l'Esprit, moi je vais à Jérusalem, sans savoir ce qui m'y arrivera, sauf que, de ville en ville, l'Esprit Saint m'atteste que liens et afflictions m'attendent. Mais d'aucune façon je ne tiens ma vie pour précieuse, pourvu que j'accomplisse ma course et la charge que j'ai reçue du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l'Evangile de la grâce de Dieu.

Et maintenant voici que, moi, je sais que vous ne verrez plus mon visage, vous tous parmi lesquels j'ai passé en proclamant le Royaume. C'est pourquoi je vous atteste aujourd'hui que je suis pur du sang de tous; car je n'ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu.

Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel l'Esprit Saint vous a établi épiscope (episcopos) pour faire paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par son propre sang.

Moi je sais qu'après mon départ entreront chez vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau, et que, du milieu même de vous se lèveront des hommes qui tiendront des discours pervers pour entraîner les disciples à leur suite. C'est pourquoi veillez, vous rappelant que trois années durant, nuit et jour, je n'ai cessé d'avertir avec larmes chacun de vous.

Et maintenant je vous confie au Seigneur et à la parole de sa grâce, qui a le pouvoir de bâtir [l'édifice] et de vous donner l'héritage parmi les sanctifiés. Argent, or ou vêtement, je n'en ai convoité à personne. Vous savez vous-mêmes qu'à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà. En tout je vous ai montré que c'est en peinant de la sorte qu'il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus : il y a plus de joie à donner qu'à recevoir."
Et ce disant, il se mit à genoux avec eux tous et pria. Tous éclatèrent en sanglots, et se jetant au cou de Paul, ils le couvraient de baisers, tourmentés surtout de la parole qu'il avait dite, qu'ils ne devaient plus voir son visage. Puis ils l'accompagnèrent jusqu'au bateau.


[1] L'Asie, dans l'antiquité gréco-romaine, désigne la province au Nord - Nord Est d'Ephèse (la partie ouest de  l'actuelle Turquie).