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HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 6 NOVEMBRE 2003

 

Texte 1

REPERES CHRONOLOGIQUES (IIème -IIIème siècle)

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L'attrait du christianisme

(Extrait de l'épître à Diognète)
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L'Epître à Diognète est une apologie du christianisme, composée sous forme d'une lettre à un païen de haut rang. On ne sait rien de plus de l'auteur ni du destinataire. Sa date est discutée. On admet généralement qu'elle doit dater du tout début du IIIème siècle, à une époque où le christianisme est déjà largement répandu.  

I. Je vois excellent Diognète, le zèle qui te pousse à t'instruire sur la religion des Chrétiens, la clarté et la précision des questions que tu poses à leur sujet : à quel Dieu s'adresse leur foi? Quel culte lui rendent-ils ? D'où vient leur dédain unanime du monde et leur mépris de la mort ? Pourquoi ne font-ils aucun cas des dieux reconnus par les Grecs et n'observent-ils pas les "superstitions" judaïques ? quel est ce grand amour qu'ils ont les uns pour les autres ? Enfin pourquoi ce peuple nouveau - ce nouveau mode de vie - n'est-il venu à l'existence que de nos jours et non plus tôt ?

La suite de la lettre veut montrer à Diognète l'inanité de ces dieux faits de main d'homme qu'adorent les païens, et de même que l'inanité du ritualisme juif. Les chrétiens se tiennent à distance de ces pratiques ; Suit alors (§ V) le passage célébre et souvent cité :

"Les Chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements ... en un mot ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde."

 Après un exposé de la foi chrétienne et une justification de son apparition tardive, la lettre invite Diognète à entrer dans cette foi, dont elle rappelle les fondements et décrit quelques unes de ses implications :

 X. Si toi aussi tu désires ardemment cette foi, et si tu l'embrasses, tu commenceras à connaître le Père. Car Dieu a aimé les hommes : pour eux il a créé le monde; il leur a donné la raison (logos) et l'intelligence (nous); à eux seuls il a permis d'élever les regards vers le ciel; il les a formés à son image; il leur a envoyé son Fils unique; il leur a promis le royaume  des cieux qu'il donnera à ceux qui l'auront aimé.

Et quand tu l'auras connu, quelle joie, songes-y, remplira ton coeur! Combien tu l'aimeras celui qui t'a ainsi aimé le premier !

En l'aimant tu seras un imitateur de sa bonté, et ne t'étonnes pas qu'un homme puisse devenir un imitateur de Dieu : il le peut Dieu voulant. Tyranniser son prochain, vouloir l'emporter sur les plus faibles, être riche, user de violence à l'égard des inférieurs, là n'est pas le bonheur et ce n'est pas ainsi que l'on peut imiter Dieu; bien au contraire ces actes sont étrangers à la majesté divine.

Mais celui qui prend sur soi le fardeau de son prochain et qui, dans le domaine où il a quelque supériorité, veut en faire bénéficier un autre moins fortuné, celui qui donne libéralement à ceux qui en ont besoin les biens qu'il détient pour les avoir reçu de Dieu, devenant ainsi un dieu pour ceux qui les recoivent, celui-là est un imitateur de Dieu. Alors quoique séjournant sur la terre, tu contempleras Dieu régnant dans la cité céleste, tu commenceras à parler des mystères de Dieu, alors tu aimeras et admireras ceux qui sont torturés parce qu'ils ne veulent pas renier Dieu; alors tu condamneras l'imposture et l'égarement du monde, quand tu connaîtra ce qu'est vraiment vivre, quand tu mépriseras ce qu'ici-bas on appelle la mort, réservé à ceux qui seront condamné au feu éternel, chatiment définitif de ceux qui lui auront été livrés. Alors tu admireras ceux qui endures le feu ici-bas, et tu les proclameras bienheureux, quand tu auras appris à connaître cet autre feu ..."