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Le 4ème
siècle.
Contexte
historique. Alors que pendant près de 40 ans les
chrétiens venaient de vivre une « petite paix »,
le 4ème siècle commence (document 1)
avec la persécution de Dioclétien, dont les édits
visent à faire disparaître le christianisme de
l’Empire. C’est la plus violente des persécutions :
il y a de nombreux martyrs, surtout en Orient. Mais cette
persécution « n’aboutit » pas, et Galère,
à son corps défendant, prend en 311 un édit de tolérance.
En Occident, après sa victoire sur Maximien, Constantin
se convertit et donne leur place aux chrétiens, leur
attribuant droits et prébendes, construisant des
basiliques… Il devient le protecteur du christianisme ;
le type de pouvoir religieux qu’il exerce est
d’ailleurs conforme à la pensée religieuse (romaine)
du temps, moins tournée vers un divin multiforme que vers
une personne, celle de l’empereur. La religion chrétienne
va peu à peu remplacer légalement la religion païenne,
que Julien l’Apostat (empereur de 361 à 363) essaiera
un temps de restaurer, mais finalement Théodose, en 380,
proclamera le christianisme religion d’Etat. Si au plan
politique la situation est difficile (l’Empire prend un
tour totalitaire et policier ; la rivalité grandit
entre Rome et Constantinople, que séparent leurs langues,
latin et grec), le christianisme, lui, connaît une
situation de paix, au risque d’une confusion entre
pouvoir de l’Etat et pouvoir religieux (alors que
le Christ, lui, n’avait pratiquement jamais eu de
relations avec le pouvoir politique, excepté au cours de
son procès).
Deux
crises. L’Eglise doit-elle se comprendre comme
une Eglise de pêcheurs, et par suite ré-insérer,
moyennant pénitence, ceux qui ont abjuré lors de la persécution
de Dioclétien, ou doit-elle être une Eglise des « purs » ?
Question ancienne, qui réapparaît avec l’élection à
Carthage d’un évêque « de la multitude »,
Cécilien, que récusent les « purs » qui
élisent Donat : c’est le schisme donatiste,
auquel se trouve bientôt mêlé l’empereur (car à qui
donner les subsides ?) ; l’empereur décide
alors -
ce qui, pour des siècles, constituera un précédent -
de convoquer un concile (Arles, 314) ; mais les
troubles continueront dans l’Eglise d’Afrique
jusqu’au début du 5ème siècle (arrivée
des Barbares). L’autre crise est initiée par Arius,
qui mettait en cause la divinité du Christ. La question
de la relation du Fils au Père avait déjà fait
l’objet de synodes (pratique en effet très fréquente
à l’époque), mais la question allait se développer au
début du 4ème siècle, marquée par
l’influence de la pensée d’Origène. Si l’on conçoit
Dieu comme immatériel et unique : comment peut-on
avoir un contact avec Lui ? Comment peut-il avoir un
Fils ? Et si ce Fils est Dieu, y a-t-il alors deux
Dieux ? A cette question, certains répondaient : le
Fils n’est qu’une « modalité » de la
personne du Père ; mais c’était nier la
distinction entre le Père et le Fils. C’est dans ce
contexte qu’intervenait Arius, un prêtre d’Alexandrie
mais formé à Antioche. Soucieux d’affirmer la
transcendance du Père, Arius était conduit à dévaloriser
le Fils : Jésus est-il vraiment Dieu, a-t-il existé
de toute éternité, n’a-t-il pas été créé dans le
temps ? L’évêque d’Alexandrie donne tort à
Arius, qui trouve refuge à Antioche ; d’où une
crise entre Alexandrie et Antioche, qui conduit
l’Empereur à convoquer un concile à Nicée (325). Ce
concile, qui réunit environ 300 évêques, élabore des
« canons » (règles) sur le fonctionnement de
l’Eglise (texte 1), mais surtout formule un Credo
trinitaire, qui s’oppose
aux positions ariennes en affirmant notamment que le Fils
est « consubstantiel au Père ». Mais ce Credo
de Nicée est aussitôt
contesté. La crise agite les esprits et revêt un aspect
politique ; l’empereur Constance, arien, essaie à
travers de multiples petits conciles d’imposer une
formule qui se borne à
dire que le Fils est « semblable » au Père,
mais qui suscite d’autres formules. Athanase et Rome
restent fidèles à la foi de Nicée à laquelle finiront
par se rallier les orientaux, grâce notamment aux efforts
des Pères de Cappadoce (Basile de Césarée, Grégoire de
Naziance, Grégoire de Nysse). En 381, le concile de
Constantinople (reconnu ultérieurement comme œcuménique)
confirmera le Credo de Nicée, en développant l’article
sur le Saint-Esprit, dont la divinité avait été mise en
cause et qu’avait défendu Basile (texte 4). Le
Credo de Nicée-Constantinople (textes 2 et 3)
est commun à toutes les confessions chrétiennes, d’où
sa portée œcuménique.
Les
autres faits marquants du siècle sont d’abord,
avec Antoine, les débuts du monachisme. A défaut
d’atteindre la perfection par le martyre, les anachorètes
vont au désert mener en solitaires une vie d’ascèse ;
puis progressivement s’instaure, avec les cénobites, une
vie commune. Par leurs écrits, Athanase (texte 5),
Cassien (fondateur de monastères à Marseille), font
connaître le monachisme en Occident, tandis que Jérôme
contribue à son renom.
Des « règles » apparaissent, celle de
Pacôme qui propose des modèles dans l’AT, celle de
Basile qui prend pour modèle les communautés des Actes
des Apôtres. L’activité missionnaire se
développe au delà de l’empire, dans le monde perse,
ainsi qu’en Arménie, Caucase, Ethiopie, sous
l’influence de chrétiens qui s’introduisent dans les
milieux dirigeants et les convertissent, ainsi que
d’intellectuels qui, après avoir constitué des
alphabets propres aux langues locales, traduisent la Bible
(méthode qui perdurera jusqu’à aujourd’hui). La
vie chrétienne se caractérise par le culte des
martyrs, l’apparition d’un calendrier liturgique avec
en particulier Noël (dates différentes en Orient et en
Occident) et le cycle de Pâques, la construction de
basiliques où se déroulent de grandes liturgies (différentes
selon les lieux), la naissance du chant des fidèles (texte
6). La vie sacramentelle est surtout centrée sur le
baptême ( texte 6) et l’Eucharistie (avec, là
aussi, des pratiques diverses).
Annexes :
Document 1 :
Repères chronologiques.
Texte 1
: Canons de Nicée.
Texte 2
: Credo de Nicée-Constantinople.
Texte 3
: Créer et engendrer.
Texte 4
: Le Saint Esprit.
Texte 5
: Vie d’Antoine.
Texte 6
: Le chant ; la catéchèse baptismale.
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