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HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 4 DECEMBRE 2003

 

Texte 5

UN EXEMPLE DE L'INFLUENCE DE LA "VIE D'ANTOINE" 
PAR ATHANASE

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La vie de saint Antoine fut écrite par Athanase aussitôt après la mort d'Antoine (356). Cette vie, bientôt traduite en latin, joua un rôle important dans la diffusion de l'idéal monastique et son introduction en Occident. Elle connut une large diffusion et fut à la source de vocations monastiques. Saint Augustin dans ses Confessions (écrites entre 397 et 401) témoigne de l'influence qu'elle exerça sur sa propre conversion et sur d'autres vocations monastiques.

 ... Ponticianius poursuivait ses propos et nous, tout oreilles, nous gardions le silence. Il en vint à nous dire qu'un jour - je ne sais quand mais à coup sûr à Tréves - avec trois de ses camarades, il était sorti pour se promener dans les jardins attenant aux murs de la ville, aux heures de l'après-midi où l'empereur était retenu par le spectacle du cirque. Par hasard, comme ils allaient deux à deux, l'un avec Ponticianus, les deux autres ensemble, séparés les uns des autres, ils prirent des chemins divergents. Ceux-ci, dans leur course vagabonde, entrèrent dans une cabane habitée par certains de  vos serviteurs (il s'agit de moines), des "pauvres en esprit" de ceux à qui "le royaume des cieux appartient" (Mt 5,3). Ils y trouvèrent un exemplaire manuscrit de la Vie d'Antoine. L'un d'eux se mit à lire, admire, prend feu et, en lisant, l'idée naît en lui d'embrasser une telle vie et de quitter le service du siècle pour ne servir que vous. Ils étaient de ces hommes que l'on appelle les "agents d'affaire "de l'empereur. Rempli soudain d'un saint amour et d'une vertueuse honte, il s'emporte contre lui-même, regarde son ami et lui tient ce langage :" Dis-moi, je te prie, avec tout le mal que nous nous donnons, où prétendons nous parvenir ? Que cherchons-nous ? En vue de quoi servons-nous ? Pouvons-nous espérer davantage, au palais, que d'être un jour les amis de l'empereur ? et dans cette situation, quelle fragilité, que de périls! Oui que de périls à traverser, pour en venir à de plus grand périls encore ! Et puis quand y arriverons-nous ? Mais, si je veux être l'ami de Dieu, voici que je le deviens aussitôt."

Ainsi parla-t-il, agité par l'enfantement d'une vie nouvelle ; puis il reporta ses regards sur le livre, reprit sa lecture, et un changement profond se faisait en lui dans ces régions où porte votre vue (Mt 6,18) ; sa pensée se détachait du monde, comme on le vit bientôt. Pendant qu'il lisait et que roulaient avec des frémissements les flots de son coeur, il distingua le meilleur parti, résolut de l'embrasser, et, déjà vôtre, dit à son ami : "C'en est fait, j'ai rompu avec nos espérances ; j'ai décidé de servir Dieu, et, dès cette heure, en ce lieu même, je veux m'y mettre. Si tu répugnes à m'imiter, ne t'oppose pas du moins à mon dessein." L'autre répondit qu'il s'attachait à lui, qu'il voulait sa part d'une si précieuse récompense, d'un si beau service. Ils vous appartenaient déjà tous les deux, ils édifiaent à leurs frais une tour de salut, en laissant tout pour vous suivre (Lc 14,28).

                                                              Confessions, Liv. VIII, Ch. 6

 C'est encore cette vie d'Antoine qu'Augustin évoque dans le récit célébre ( "prends et lis !") de sa conversion à la fin du livre VIII

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