HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 11 DECEMBRE 2003

 

Texte 4

DEFINITIONS DU CONCILE DE CHALCEDOINE

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"Le saint et grand concile oecuménique, réuni par la grâce de Dieu et la prescription de vos très religieux empereurs, amis du Christ, Valentinien et Marcien Augustes, à Chalcédoine, métropole de l'éparchie[1] de Bithynie, dans le martyrium[2] de la sainte et victorieuse martyre Euphèmie, a défini ce qui suit : (...) "Suivant donc les saints Pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons (homologein) un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel (homoousion) au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché (He 4,15), avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et pour notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité, un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l'unique engendré (monogené, Jn 1,14) reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt sauvegardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase[3], un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu, Verbe, Seigneur, Jésus-Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l'ont enseigné de lui, que Jésus-Christ lui-même nous l'a enseigné et que le Symbole des Pères nous l'a transmis (...).

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 Canon 28 : vote sur les prérogatives (presbeiôn) du siège de Constantinople.

 N.B. Ni les légats du pape présents à Chalcédoine, ni le pape (Léon) ne recevront ce canon.

Suivant en tout point les décrets des saints Pères et reconnaissant le canon qui vient d'être lu des 150 évêques très aimés de Dieu (il s'agit du canon 3 du concile de Constantinople I, 381), réunis sous Théodose le Grand, de pieuse mémoire qui fut empereur, dans la ville impériale de Constantinople, nouvelle Rome, nous prenons nous aussi les mêmes décisions et faisons les mêmes votes au sujet des prérogatives (presbeiôn) de la très sainte Eglise de Constantinople, nouvelle Rome.

Les Pères, en effet ont accordé à bon droit au siège de l'ancienne Rome des prérogatives, parce que cette ville était la ville impériale (sic!) ; mus par ce même motif, les 150 évêques très aimés de Dieu ont accordé les mêmes prérogatives au très saint siège de la nouvelle Rome, jugeant avec raison que la ville honorée de la présence de l'empereur et du sénat et jouissant des mêmes prérogatives civiles que l'ancienne ville impériale de Rome, devait être aussi grandie comme celle-là dans les affaires ecclésiastiques, étant la seconde après elle ; en sorte que seuls les métropolitains (évêque d'une province) des diocèses du Pont, de l'Asie et de la Thrace, ainsi que les évêques des parties barbares des diocèses susdits, seront ordonnés par le très saint siège susdit de la très sainte Eglise de Constantinople ; bien entendu, chaque métropolitain des diocèses sus-dits ordonnera régulièrement avec les évêques de l'éparchie (province ecclésiastique), comme cela a été prescrit par les divins canons (établis par le concile) ; mais, comme il vient d'être dit, les métropolitains des diocèses susdits seront ordonnés par l'archevêque (arkhiepiscopos) de Constantinople, une fois qu'auront eu lieu selon la coutume des votes concordants et notifiés auprès de lui.
 

[1] Province ecclésiastique ayant à sa tête un métropolite.

[2] Chapelle ou église élevée sur la tombe d'un(e) martyr(e) et fréquentée par des pélerins

[3] Etymologiquement "ce qui se tient en dessous" (upo-stase ; sub-stance), c'est-à- dire ce qui fait qu'un être est ce qu'il est. Dans le cas de l'être humain, c'est la personne et c'est ainsi que le mot sera compris, et donc traduit, ici par les latins.