HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 29 JANVIER 2004

 

Texte 3

FIN XIème - DEBUT XIIème siècle : DEUX ASPECTS DE CE TEMPS
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SAINT ANSELME "Père de la scolastique"

Saint Anselme (1033-1109), moine, abbé du Bec Hellouin, puis archevêque de Cantorbery est appelé le "Père de la scolastique" à cause de l'audace avec laquelle il introduit la raison au coeur de la foi. Car la foi cherche à comprendre ce qu'elle croit, ce qui est pour Anselme la définition même de la théologie : la foi en quête d'intelligence (fides quaerens intellectum). C'est peut être ce titre qu'Anselme avait d'abord donné à l'une de ses oeuvres les plus célébres, le Proslogion, composé vraisemblablement au Bec vers 1070.

Ainsi donc, Seigneur, toi qui donne l'intelligence à la foi, accorde moi de comprendre, autant que tu le trouves bon, que tu es comme nous le croyons, et que tu es tel que nous le croyons. Or nous croyons que tu es quelque chose dont on ne peut rien concevoir de plus grand. Est-ce qu'une nature pareille n'existe pas, parce que l'insensé a dit en son coeur : Dieu n'est pas (Ps. 13,1) ? mais certainement ce même insensé, lorsqu'il entend ce que je dis :"quelque chose dont on ne eput concevoir de plus grand" comprend ce qu'il entend, et ce qu'il comprend est dans son intelligence, même s'il ne comprend pas que cela existe. En effet, avoir une chose dans la pensée, n'est pa sla même chose que comprendre que cette chose existe. Ainsi lorsque le peintre réfléchit à ce qu'il va faire, il l'a dans la pensée; mais il ne pense pas encore qu'il existe car il ne l'a pas encore fait. mais lorsqu'il l'a peint et et comprend ausssi que ce qu'il a fait existe. Or donc l'insensé lui-même doit convenir qu'il ya dans l'intelligence quelque chose dont on ne peut rien concevoir d eplus grand, parce que lorsqu'il entend (cette expression), il la comprend et tout ce que l'on comprend est dans l'intelligence. Et certainement ce dont on ne peut rien concevoir de plus grand ne peut être dans l'intellect seul. En effet, s'il n'était que dans l'intelligence, on aurait pu penser qu'il soit aussi en réalité : ce qui est plus. Or donc, si l'être dont on ne peut concevoir de plus grand, est dans l'intelligence seule, cette même entité, dont on ne peut rien concevoir de plus grand, est quelque chose dont on peut concevoir quelque chose de plus grand : mais il est certain qu'il ne peut en être ainsi. par conséquent, il n'y a aucun doute que quelque chose dont on ne peut rien concevoir de plus grand existe et dans l'intelligence et dans la réalité.

                                                                                    Proslogion, Chap. II

SAINT FRANCOIS D'ASSISE  - Règle de saint François

(...) La règle et la vie des Frères Mineures consistent à observer le saint Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, en vivant dans l'obéissance, sans avoir rien en propre ...

Ceux qui viendront trouver nos frères avec la volonté de partager leur vie qu'on leur dise la parole du saint Evangile : qu'ils aillent vendre tout ce qu'ils possédent et en distribuent aux pauvres le produit. Alors on leur acccordera l'habit de novice, à savoir : deux tuniques sans capuce, la corde, les braies et un chaperon descendant jusqu'à la ceinture.

(...) Les frères ne doivent rien s'approprier, ni maison, ni terrain, ni aucune chose. Comme des pélerins et des étrangers (1P 2,11) en ce monde, servant le seigneur dans la pauvreté et l'humilité, ils iront quérir l'aumône avec confiance, sans rougir, car le Seigneur s'est fait pauvre en ce monde.

Telle est la grandeur de la très sainte pauvreté, qui vous a établis, vous mes frères très chers, héritiers et rois du royaume des cieux, vous a faits pauvres en bien terrestres, mais élevés en vertus. Qu'elle soit votre partage, elle qui vous conduit dans la terre des vivants. Attachez-vous-y totalement, bien aimés et pour le nom de notreSeigneur Jésus-Christ refusez à jamais d'avoir rien d'autre sous le ciel.

                                              Regula secunda, I, 2, 6.

7. La différence des rites au sein de la même foi

En plusieurs régions, au sein de la même ville et du même diocèse, sont mélangées des populations de langues différentes, ayant des rites et des usages variables au sein d'une même foi. Aussi nous ordonnons expréssement que les évêques de telles villes ou de tels diocèses pourvoient à ce que les hommes idoines y célébrent les offices divins conformément à la diversité des rites et des langues et y administrent les sacrments d el'Eglise, les instruisant par la parole aussi bien que par l'exemple. Nous défendons absolument qu'une seule et même ville ou qu'un seul et même diocèse ait plusieurs évêques , comme un seul corps qui aurait plusieurs têtes, ce qui serait une sorte de monstre. mais si, en raison des motifs susdits, une nécessité urgente le demandait, l'évêque du lieu, après mûre délibération, s'adjoindra un prélat catholique de leur nationalité comme vicaire dans les matières susdites, qui entoutes choses lui sera obéissnat et soumis. Si quelqu'un se comportait autrement, qu'il se sache frappé du glaive de l'excommunication ; et s'il ne venait pas à resipiscence, il sera déposé de tout ministère ecclésiastique, l'appui du bras séculier fut-il nécessaire pour réprimer une telle outrecuidance.