HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 7 OCTOBRE 2004

 

Texte 1

LES CONCILES DE CONSTANCE BÂLE ET DE FLORENCE ______________ 

Le concile de Constance (1414-1418) fut réuni par le pape "pisan" Jean XXIII, qui offrit sa démission à la deuxième session (2 mars 1415) et s'enfuit de Constance le 20 mars. Le concile de Constance affirme la suprématie du Concile sur le pape (décret "Sacrosancta" de la XIIème session -29 mai 1415), condamne des articles extraits des écrits de Wycliff (mort en 1386) et condamne Jean Hus au bûcher.

En vue de la réforme de l'Eglise "dans sa tête et dans ses membres", le décret "Frequens" prévoit des réunions périodiques du concile, dans 5 ans (concile de Pavie-Sienne), puis 7 ans : c'est le concile de Bâle, réuni à partir de 1431.

Le concile de Bâle va prendre une série de mesures disciplinaires visant à réprimer des abus ; parmi ces mesures,  l'interdiction de la fête des fous (texte ci-après), mais ce concile va s'enliser et fort des demandes des Orientaux, harcelés par la menace turque, le pape Eugène IV le transfère à Ferrare puis à Florence et enfin au Latran à Rome, laissant les "conciliaristes" discuter entre eux à Bâle. Ces dernier éliront pape, sous le nom de Felix V, un duc de Savoie qui démissionne en 1449.

Les décrets d'union de Florence (décret pour les Grecs) affirment en particulier la primauté du pape (texte ci-après), font accepter la formulation du filioque, Les décrets ultérieurs précisent la doctrine des sacrements (décrets pour les Arméniens) et donnent, pour la première fois dans l'histoire, une liste "officielle" des livres de l'Ancien et du Nouveau testament (décret pour les "jacobites" - coptes - du 4 février 1442).

Tous ces éléments du concile de Florence seront plus ou moins repris au Concile de Trente (1545-1563).

L'union réalisée dans les textes à Florence restera lettre morte, compte tenu de l'hostilité des populations concernées, excitées par des moines.

Il sera désormais acquis à Rome que le pape est au-dessus du concile.  

Concile de Bâle : l'interdiction de la fête des fous (XXIème session du 9 juin 1445)

"Un autre abus honteux est fréquent dans certaines églises : lors de certaines fêtes de l'année, quelques personnages avec mitre, crosse et habits de pontifes donnent une bénédiction à la manière des évêques, d'autres sont vêtus commme des rois et des ducs, on appelle cela dans quelques régions la fête des fous ou des innocents ou bien des enfants; d'autres jouent à se déguiser ou à faire du théâtre, d'autres y dansent ou y font des farandoles d'hommes et de femmes qui servent de spectacle et qui font rire, d'autres préparent dans le même lieu des festins et des banquets; ce saint synode ayant en horreur cet abus, statue et ordonne aussi bien aux ordinaires (évêques à la tête d'un diocèse) qu'aux doyens et recteurs d'églises, sous peine de suspension de tous leurs revenus ecclésiastiques pendant trois mois, de ne plus permettre que se déroule dans l'église qui doit être une maison de prière, ni même dans le cimetière, ces farces ou de semblables, ni non plus des marchés ou des foires, et de ne pas négliger de punir les transgresseurs par une censure ecclésiastique ou par d'autres remèdes de droit. Ce saint synode déclare sans valeur toutes les traditions, coutumes et privilèges qui ne sont pas en accord avec ces décrets, sauf si par hasard elles y ajoutaient des punitions plus graves. 

Concile de Florence, décret pour les Grecs (6 juillet 1439) : affirmation de la primauté pontificale

( ... ) Nous définissons aussi que le Saint Siège Apostolique et le Pontife romain possèdent la primauté sur toute la terre; que ce Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, le chef des Apôtres et le vrai vicaire du Christ, la tête de toute l'Eglise, le père et le docteur de tous les chrétiens ; qu'à lui dans la personne du bienheureux Pierre a été confié par notre seigneur Jésus-Christ plein pouvoir de paître, de  régir et de gouverner toute l'Eglise, comme le disent les actes des conciles oecuméniques et les saints canons.