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HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 4 NOVEMBRE 2004

  JM.VEZIN

Le temps des réformes. 

2ème partie: la réforme catholique 

·     Le contexte. François Ier et Henri VIII meurent en 1547, Charles Quint en 1558, la seconde  moitié du XVIème siècle est dominée par Philippe II d’Espagne et Elisabeth Ier qui succède à Marie Tudor -  la sanglante - qui avait essayé de restaurer le catholicisme en Angleterre. L’expansion protestante aboutit à une nouvelle carte de l’Europe religieuse : le nord de l’Allemagne et les pays nordiques sont luthériens, l’Angleterre définitivement anglicane, le calvinisme se répand en France, dans les Pays-Bas (qui conquièrent leur indépendance) et en Ecosse. En France, après la conjuration d’Amboise, le colloque de Poissy (1561) échoue à réconcilier catholiques et calvinistes. Le massacre de Wassy ouvre les guerres de religion qui durent près de 40 ans et ravagent en  partie la France (1572, massacre de la saint Barthélemy). La paix ne revient qu’avec Henri IV et l’Edit de Nantes (1598). A l’est, face à la menace turque, la victoire de Lépante (1571), magnifiée dans la chrétienté (institution de la fête du rosaire), n’a pas de suite. En 1582, le pape Grégoire XIII fait adopter un nouveau calendrier. Pour venger l’exécution de Marie Stuart, Philippe II envoie sans succès vers l’Angleterre l’invincible Armada. 

La réforme interne du catholicisme. Le souci de réforme qui travaille les chrétiens se traduit dans la première moitié du XVIème siècle par la création d’ordres soucieux de donner le témoignage d’une vie évangélique : Théatins, Barnabites en Italie ; l’ordre des Jésuites est approuvé par le pape en 1540 et, avec les Capucins (branche réformée issue des Franciscains), ils contribueront largement à la réforme catholique. Les Ursulines, créées en 1535, avaient pour vocation d’être dans le monde pour l’éducation des jeunes filles, mais l’idée d’un ordre féminin dans le monde était trop nouvelle et on les obligera à reprendre la clôture.  En Espagne, c’est le temps de Louis de Grenade, de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix, avec  la réforme du carmel, qui s’étendra en France puis en Europe au début du siècle suivant. Ces créations ne doivent pas masquer le trouble et l’incertitude des chrétiens face à la rapide propagation des idées de Luther (favorisée par les imprimeurs)  qui rencontrent un grand écho  Beaucoup de chrétiens ne savent plus trop où se situer et que croire, témoin par exemple le général des Capucins qui, en 1542, passe à la réforme.

Le concile de Trente. Avant d’être excommunié,  Luther en avait appelé du pape au concile. Le concile, tout le monde en parlait, mais personne ne le voulait réellement, ni les papes, depuis Bâle, ni François Ier, signataire en 1516 d’un concordat qui lui laissait la nomination des évêques, ni Charles Quint qui, en Allemagne, préfère susciter des colloques pour réunir les chrétiens. Cette politique échouera et sur la pression de l’empereur, le concile, qui avait déjà été convoqué en 1536 à Mantoue, finira par se réunir à Trente, ville d’empire, en 1545. Il ne réunira qu’un tout petit nombre d’évêques, doublés, il est vrai, par un nombre équivalent de théologiens, notamment jésuites. Le concile se déroulera en trois périodes : de 1545 à 1547/1549, période où furent mis au point les grands décrets dogmatiques sur l’Ecriture et la tradition, sur la justification, sur le péché originel ; puis de mai 1551 à avril 1552, période qui porta sur les sacrements ; enfin, après une interruption de 10 ans, le pape Pie IV réussit, entre 1562  et 1563, à terminer le concile. C’est dans cette dernière période que furent votés les décrets disciplinaires de réforme sur les évêques et les prêtres et sur différents points en litige avec les protestants (texte 1). A l’issue du Concile furent publiés un catéchisme dit Catéchisme du concile de Trente, livre de référence pour le clergé, un nouveau bréviaire, et un nouveau Missel qui unifiait la liturgie sur le modèle romain (messe de saint Pie V). Pie IV donna une profession de foi (texte 2) qui résumait les positions du concile et que le clergé devait souscrire (mesure qui restera en vigueur jusqu’au XXème siècle). La curie fut réorganisée et, en 1593, fut publiée une édition officielle de la Vulgate, que  le décret sur l’Ecriture avait privilégiée comme texte biblique authentique pour « les leçons publiques, les discussions, les prédications et les explications » (texte 1). A noter que ce sont des décrets de l’Index, et non le concile, qui réglementèrent la publication et la lecture de la Bible.

Les figures de ce temps. Charles Borromée est le type de ces évêques qui eurent la volonté de faire passer les décisions du concile dans les faits. Dans un système centralisé, ils furent soutenus par une papauté qui avait cette même volonté et qui va peu à peu retrouver un crédit moral. La réception du concile de Trente ne se fera pas sans difficultés, car trop d’habitudes étaient ancrées dans les mœurs, mais elle aboutira à cette réforme catholique qui va donner à l’Eglise catholique romaine son visage pour plusieurs siècles. La mise en place des séminaires ne se fera que lentement, mais il en sortira progressivement un clergé formé, base de la réforme, tandis que vont apparaître, notamment en Italie puis en France, des congrégations vouées à la formation des prêtres.

Le concile n’aurait pu se faire sans la présence de théologiens de qualité, venus souvent des universités espagnoles ou des jésuites. Parmi les théologiens de ce temps, citons des dominicains : Vitoria, Melchior Cano auteur des lieux théologiques ; le jésuite Pierre Canisius, dont les Catéchismes seront longtemps réédités ; enfin Baronius, un oratorien italien, fondateur de l’histoire ecclésiastique. A la jointure du XVIème et du XVIIème siècle se dresse la grande  figure de François de Sales, évêque réformateur, maître de spiritualité et théologien.

     Annexes :
Document 1 : Repères chronologiques.
Texte 1 : Trente.
Texte 2 : Profession de foi Pie IV.
Texte 3 : St François de Sales.