HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 16 DECEMBRE 2004

 

Texte 5

ALPHONSE DE LIGORI (1696-1787)
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1696 Naissance à Naples , famille noble       1745 Premiers écrits de dévotion   
1712 Docteur en droit à 16 ans - Avocat      1749 Benoît XIV approuve les rédemptoristes  
1723 Abandonne sa profession d'avocat     1750 "La gloire de marie"  
1726 Ordonné prêtre - Missions autour       1753 Première publication de la "Théologie morale"
de Naples     
1731 Installation à Scala                                   1762 Nommé evêque de St Agata dei Goti  
1732 Fondation des rédemptoristes               1775 Se retire à Nocera (raison de santé)  
1743 Elu supérieur général à vie                      1787 Meurt après des années d'épreuves

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Les cieux,saisis, n'osèrent plus 
Faire entendre leur harmonie 
Quand se mit à chanter Marie 
Auprès du berceau de Jésus. 

Canzoncine spirituali

 Alphonse de Ligori, fervent de la Bible

Elles sont belles et bonnes, toutes ces méditations sur la Passion pensées et écrites par les auteurs spirituels ; mais un seul mot des Saintes Ecritures fait plus d'impression sur un chrétien que cent et mille contemplations et révélations que l'on prétend avoir été faites à de saintes âmes. 

La dévotion au Très Saint Sacrement

Ceux qui font le pèlerinage de Jérusalem éprouvent de vifs sentiments de dévotion en allant visiter l'étable où le Verbe incarné vint au monde, le prétoire où il fut flagellé, le Calvaire où il mourut et le sépulcre où il fut enseveli. Mais combien ne doit pas être plus vive notre ferveur devant un autel où réside Jésus en personne dans le Très Saint Sacrement .

         Méditations pour l'octave du Très Saint Sacrement 

Instruction à ses prêtres (chapitre hebdomadaire)

Le temps de l'infirmité est celui de la grande efficacité. C'est dans la faiblesse que la puissance donne toute sa mesure (2 Co 12,9). Si quelqu'un se flagelle jusqu'au sang, s'épuise dans les saintes missions avec un zèle débordant, sue des jours entiers, à en "crever", dans un confessional, l'amour propre, l'estime de soi, le désir de paraître peuvent y trouver leur compte : on se voit apprécié de tous, tenu pour un saint ... et on a reçu sa récompense (Mt 6, 2-16). Je dis que si un ouvrier apostolique n'est pas toujours sur ses gardes, s'il n'est pas très vigilant sur ses actes, sur ses désirs, sur les mouvements de son coeur, ses fatigues donneront difficilement du fruit. Mais celui qui est malade, à l'abandon, incapable de rien faire, la tête affaiblie, etc., et qui supporte avec patience son infirmité, celui-là est sans amour-propre  ... et son Père qui est dans les cieux le lui rendra (Mt 6, 4-17). 

Méditation sur l'Incarnation , la vie cachée de Jésus

O heureuse maison de Nazareth ! Je te salue et te vénère. Viendra un temps où tu seras visitée par les plus grands personnages de la terre ; et lorsque les pieux pèlerins se verront entre tes pauvres murs, ils ne pourront pas se lasser de verser des larmes d'attendrissement en pensant que le Roi du Ciel y a vécu presque toute sa vie.

Dans cette maison donc le Verbe incarné passa son enfance et toute sa jeunesse. Et comment y vécut-il ? Il y vécut pauvre et méprisé des hommes, faisant l'office d'un simple apprenti, et obéissant à Marie et Joseph. O Dieu, quel tendres sentiments on éprouve en pensant que, dans cette pauvre maison, le Fils de Dieu a mené une vie de service! Tantôt il va puiser de l'eau, tantôt il balaie la maison, tantôt il ramasse les copeaux de bois pour le feu, tantôt il se fatigue à aider Joseph dans son travail. O prodige ! Un Dieu qui balaie! Un Dieu simple ouvrier! O pensées qui devriez nous embraser d'amour pour un Rédempteur qui s'est réduit à de tels abaissements pour se faire aimer de nous ! Adorons tous ces actes de travail  manuel qui en Jésus n'étaient rien de moins que des actions divines. Adorons surtout la vie cachée et méprisée du monde que mena Jésus-Christ dans cette maison de Nazareth. O hommes orgueilleux, comment pouvez-vous désirer paraître et recevoir des honneurs, en voyant votre Dieu qui passe trente années de sa vie dans la pauvreté, l'obscurité et l'oubli, pour nous enseigner l'amour de l'effacement et de la vie humble et cachée.  

Théologie morale

Je n'ai pas manqué de lire aussi les rigoristes, prêt à abandonner mon point de vue si leurs raisons m'avaient convaincu de la vérité. Mais qu'il leur suffise, comme c'est souvent le cas, de hausser le ton ou d'ironiser pour prétendre avoir raison, ah! non! Comment aurais-je pu suivre en tout des gens qui prétendent leurs opinions plus conformes à la vérité ou à l'Evangile pour le seul fait qu'elles sont plus rigides ? et qui souvent repoussent les opinions adverses comme fausses et anti-évangéliques pour le seul fait qu'elles sont favorables à la liberté. 

Certains confesseurs, tenant de la rigidité, ne conduisent les âmes que par le chemin de la rigueur. Avec un absolutisme excessif, ils affirment que tous les récidivistes vont de mal en pis si on les absout avant qu'ils ne se soient amendés. Je voudrais, moi, demander à ces "maîtres" qui me font la leçon : est-ce que les récidivistes renvoyés sans absolution et privés de la grâce du sacrement deviennent plus forts et se corrigent tous ? Combien j'en ai rencontré, moi, de ces pauvres malheureux qui, parce qu'on leur avait refusé l'absolution, sont tombés dans le désespoir et ont vécu des années d'égarement en détestant les sacrements.

 Je ne connais rien de plus néfaste pour les âmes et pour l'Eglise que l'erreur qui se camoufle sous une soi-disant rigueur de perfection évangélique

                                  Lettre à un prêtre ami 

Le confesseur ne peut se contenter de déraciner les vices : il a aussi misssion sur les nations pour bâtir et planter (Jr. 1,10) les vertus ..., animer les spirituels à être tout à Dieu. Une âme parfaite est plus agréable au Seigneur que mille médiocres. Aussi quand un confesseur voit un pénitent vivre sans faute grave, il doit mettre tous ses soins à le pousser à la perfection du divin Amour.

                                    Pratique de la confession (Praxis Confessarii) 

Dieu veut que nous soyons des saints

C'est une erreur de croire que Dieu ne nous veut pas tous parfaits. Dieu veut que nous soyons des saints (1Th 4,3), dit saint Paul, mais chacun selon notre état : le religieux comme religieux, le prêtre comme prêtre, l'homme marié dans le mariage, le marchand comme marchand, le soldat comme soldat. Il est certain qu'en nous appuyant sur Dieu, nous arriveronts graduellement, par de constants efforts, là où beaucoup de saints sont parvenus.

                            L'art d'aimer Jésus Christ