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HISTOIRE DE LA FOI CHRETIENNE
JEUDI 10 FEVRIER 2005

Texte 5

Bulle d’indiction du Concile « Humanae Salutis » ( 25 décembre 1961) - Extraits
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Douloureuses constatations 

(…) L’Eglise, aujourd’hui, assiste à une grave crise de la société humaine qui va vers d’importants changements. Tandis que l’humanité est au tournant d’une ère nouvelle, de vastes tâches attendent l’Eglise, comme ce fut le cas à chaque époque difficile. Ce qui lui est demandé maintenant, c’est d’infuser les énergies nouvelles, vivifiantes et divines de l’Evangile dans les veines du monde moderne ; ce monde qui est fier de ses dernières conquêtes techniques et scientifiques, mais qui subit les conséquences d’un ordre temporel que certains ont voulu réorganiser en faisant abstraction de Dieu. C’est pourquoi Nous constatons que les hommes d’aujourd’hui ne font pas autant de progrès dans le monde spirituel que dans le domaine matériel. D’où un affaiblissement de l’aspiration aux valeurs qui ne périssent pas et, par contre, une attirance chez la plupart vers les plaisirs faciles de ce monde que le progrès met si aisément à la portée de tous. D’où    aussi cette chose nouvelle et déconcertante qu’est la constitution d’organisations athées militantes qui envahissent de nombreux pays. 

Motifs de confiance 

Ces douloureuses constatations nous rappellent le devoir de la vigilance et font prendre conscience à chacun de ses responsabilités. Nous savons que la vue de ces maux plonge certains dans un tel découragement, qu’ils ne voient que ténèbres enveloppant complètement notre monde. Pour Nous, Nous aimons faire confiance au sauveur du genre humain qui n’abandonne pas les hommes qu’il a rachetés. Nous conformant aux paroles de Notre-Seigneur, qui nous exhorte à reconnaître les « signes…des temps » (Mt 16, 14), Nous distinguons au milieu de ces ténèbres épaisses de nombreux indices qui Nous semblent annoncer es temps meilleurs pour l’Eglise et le genre humain.

(…) 

Vitalité actuelle de l’Eglise 

L’Eglise, pour sa part, n,’est pas restée inerte devant l’évolution des peuples, les progrès techniques et scientifiques, les révolutions sociales, mais elle les a suivis très attentivement ; elle s’est opposée de toutes ses forces aux idéologies qui rapportent tout à la matière ou qui cherchent à saper les fondements de la foi catholique ; et enfin, elle a puisé dans son sein des énergies immenses pour l’apostolat, pour la prière, pour son action dans tous les domaines de l’activité humaine, grâce avant tout à un clergé toujours davantage à la hauteur de sa tâche par sa doctrine et ses vertus, grâce ensuite aux laïcs auxquels ont été confiées des tâches plus concrètes dans l’Eglise, ayant spécialement le devoir, qui incombe à chacun, d’apporter leur aide à la hiérarchie ecclésiastique. A cela s’ajoutent les immenses souffrances qu’endurent aujourd’hui de nombreuses communautés chrétiennes. De très nombreux et admirables pasteurs, prêtres et laïcs y endurent des persécutions de toutes sortes parce qu’ils sont restés indéfectiblement fidèles à leur foi catholique, et ils donnent des exemples de courage chrétien comparables à ceux inscrits en lettres d’or dans les annales de l’Eglise. De sorte que si l’aspect de la société humaine apparaît comme profondément changé, l’Eglise catholique elle aussi nous apparaît comme transformée et renouvelée ; elle connaît une unité interne plus ferme, une plus grande vigueur intellectuelle, un plus grand rayonnement de sainteté. Elle apparaît ainsi actuellement comme parfaitement prête à mener les saints combats de la foi. (…) 

L’influence du Concile sur l’ordre temporel 

Dans le domaine temporel aussi l’Eglise s’est montrée « Mère et Educatrice », selon l’expression utilisée par Notre Prédécesseur d’heureuse mémoire, Innocent III, à l’occasion du 4ème concile du Latran. Bien que l’Eglise ne poursuive pas de fins directement terrestres, elle ne peut cependant pas se désintéresser des questions d’ordre temporel qu’elle rencontre sur son chemin, ni des travaux que celles-ci comportent. Elle sait combien profitent aux âmes immortelles les moyens susceptibles de rendre plus humaine la vie de chacun des hommes qui doivent être sauvés. Elle sait qu’en apportant aux hommes la lumière du Christ, elle les aide à bien se connaître eux-mêmes, car elle leur fait prendre conscience de ce qu’ils sont, de leur grande dignité, de la fin qu’ils doivent poursuivre. C’est ainsi qu’actuellement l’Eglise est présente, de droit ou de fait, dans les organismes internationaux ; qu’elle a élaboré une doctrine sociale sur la famille, l’école, le travail, la société civile et toutes les autres questions connexes, par laquelle elle a atteint un si haut prestige que sa voix grave fait autorité parmi les hommes de valeur, qui l’accueillent comme l’interprète et la protectrice de l’ordre moral, la garante des droits et devoirs des individus et des Etats.

C’est pourquoi Nous avons confiance que les questions qui seront discutées au Concile œcuménique auront une telle efficacité que, non seulement elles infuseront dans les cœurs des énergies ferventes et la lumière de la sagesse chrétienne, mais qu’elles pénétreront toute la masse des activités humaines.

(…) 

La prière des frères séparés 

Enfin, Nous invitons vivement à la prière tous les chrétiens qui sont séparés de l’Eglise catholique, car les fruits du Concile déborderont aussi sur eux. Nous n’ignorons pas, en effet, que beaucoup de ces fils aspirent à l’unité et à la paix selon la doctrine du Christ et la prière qu’il a adressée à son Père ; Nous savons également que non seulement l’annonce du Concile a été accueillie par eux avec une grande joie, mais aussi que beaucoup d’entre eux ont promis leurs prières pour son heureux succès et ont bon espoir que leurs communautés pourront envoyer des représentants pour suivre de près les travaux du Concile. Tout cela est pour Nous un motif de beaucoup de consolation et d’espérance ; et pour que les contacts de ce genre soient rendus plus faciles et plus libres, Nous avons il y a quelque temps créé un Secrétariat spécial.

(…)                                                                                                                                           Moi, JEAN                                        

Evêque de l’Eglise catholique