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Chers fils,
chers fils, j'entends vos voix. La mienne est une voix isolée,
mais elle se fait l'écho de la voix du monde entier ; ici,
en effet, le monde entier est représenté.
On dirait
que la lune elle-même s'est hâtée ce soir. Observez-la là-haut,
en train de contempler ce spectacle. C'est que nous sommes
à la fin d'une grande journée de paix, oui de paix : "Gloire
à Dieu, et paix aux hommes de bonne volonté." (cf Luc 2,14).
Il faut souvent
répéter ce souhait. C'est surtout lorsqu'il nous est donné
de constater que vraiment le rayonnement et la douceur du
Seigneur nous unissent et nous saisissent, qu'il nous faut
dire : Voici un avant-goût de ce que devrait être la vie de
toujours, de tous les siècles, et de la vie qui nous attend
pour l'éternité.
Si je demandais,
si je pouvais demander maintenant à chacun de vous : "De quelle
région venez-vous ? ", les fils de Rome, qui sont ici spécialement
représentés, répondraient : "Ah ! nous sommes vos fils les
plus proches. Vous êtes notre Evêque, l'Evêque de Rome."
Eh bien !
fils de Rome, vous avez conscience que vous représentez réellement
la Rome, capitale du monde, caput mundi, ainsi que
l'a voulu un dessein de la Providence, pour la diffusion de
la vérité et de la pais chrétienne.
Ces paroles
sont la réponse à votre hommage.
Ma personne
ne compte pas ! c'est un frère qui vous parle, un frère devenu
Père par la volonté de Notre-Seigneur. Mais tout cela, ensemble,
paternité et fraternité, est une grâce de Dieu. Tout, tout.
Continuons
donc à nous aimer, à nous aimer ainsi, et dans cette rencontre
efforçons-nous de recueillir ce qui nous unit, en laissant
de côté, s'il y a lieu, ce qui pourrait susciter entre nous
quelques difficultés.
Nous sommes
frères ! La lumière qui resplendit au-dessus de nous, qui
est dans nos cœurs et dans nos consciences, c'est la lumière
du Christ, du Christ qui veut vraiment dominer par sa grâce
sur toutes les âmes.
Ce matin,
nous avons joui d'une vision que la basilique de Saint-Pierre
elle-même, au cours de ses quatre siècles d'histoire, n'avait
jamais contemplée.
Nous appartenons
donc à une époque dans laquelle nous sommes sensibles à la
voix du ciel ; aussi, volons-nous suivre fidèlement le chemin
que le Christ nous a indiqué.
Maintenant,
je vous donne la Bénédiction. J'aime inviter auprès de moi
la Sainte Vierge, dont nous célébrons aujourd'hui la sublime
prérogative.
J'ai entendu
l'un de vous rappeler le souvenir d'Ephèse et des flambeaux
allumés autour de la basilique de cette ville, à l'occasion
du IIIème Concile œcuménique, en 431. Il y a quelques
années, j'ai vu de mes yeux les vestiges de cette ville, qui
évoquent la proclamation du dogme de la Maternité divine de
Marie.
Eh bien !
en l'invoquant, en, levant tous ensemble le regard vers Jésus,
son Fils, en pensant à tout ce qui, dans vos familles, est
un sujet de joie, de paix, et aussi un peu de peine et de
tristesse, accueillez de bon cœur cette Bénédiction du Père.
Le spectacle qui m'est offert en ce moment est tel qu'il restera
longtemps dans mon âme, comme il restera dans la vôtre. Faisons
honneur à cette heure si précieuse. Que nos sentiments soient
toujours ceux-là mêmes que nous exprimons en ce moment à la
face du ciel et de la terre : foi, espérance, charité. Amour
de Dieu, amour des frères ; et puis, tous ensemble, soutenus
par la paix du Seigneur, en avant vers les œuvres de bien
!
De retour
à la maison, vous y retrouverez vos petits enfants : faîtes-leur
une caresse en disant : C'est la caresse du Pape. Vous y trouverez
peut-être quelques larmes à essuyer. Ayez pour celui qui souffre
une parole de réconfort. Que les affligés sachent que le Pape
est avec ses fils, spécialement aux heures de tristesse et
d'amertume. Enfin, tous, rappelons-nous particulièrement le
lien de la charité et la confiance.
À
la Bénédiction s'ajoute aussi le souhait d'une bonne nuit,
en vous recommandant de ne pas vous contenter seulement de
bonnes intentions. Aujourd'hui on peut bien le dire, nous
rentrons dans une année qui nous apportera des grâces insignes.
Le Concile est commencé et nous ne savons quand il finira.
S'il ne devait pas se terminer avant Noël parce que, peut-être,
il ne sera pas possible pour cette date de tout dire, de traiter
les différentes questions, ,alors une autre rencontre sera
nécessaire. Eh bien, ce sera toujours une joie pour nos âmes,
pour notre famille, pour Rome et pour le monde entier, de
nous retrouver, en ne faisant qu'un cœur, qu'une âme. Aussi
que ces jours soient bénis, nous les attendons avec une grande
joie.
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