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Introduction
générale
Ouvert
le 11 octobre 1962 en vue de l'aggiornamento de
l'Eglise, Vatican II renoue avec la longue tradition des
conciles (cf. document 1). Il faut pourtant se rappeler
dans quel contexte intervient cet événement : depuis Vatican
I, l'Eglise semble en effet immuable et figée; le pape
joue un grand rôle dans le magistère ordinaire, et la
nécessité de conciles n'apparaît plus. Mais l'Eglise "
d'en bas " bouge : au sein de l'Action Catholique, beaucoup
de laïcs travaillent à la mission (beaucoup de pères conciliaires
auront été aumôniers d'Action Catholique), et on se rend
compte que la France devient un " pays de mission " ;
on redécouvre peu à peu la Bible et les Pères de l'Eglise
; la liturgie se fait participative (autrefois on ne faisait
qu'" assister " à la messe) ; les premières traces du
dialogue œcuménique apparaissent ; la théologie se renouvelle,
avec les Pères Congar, de Lubac, Chenu, Rahner (mais leurs
travaux ne sont, à cette époque, pas admis par Rome…).
Le monde a lui même beaucoup changé depuis cent ans :
c'est la guerre froide, avec le mur de Berlin, la crise
des missiles de Cuba ; c'est la fin du colonialisme et
l'émergence du Tiers Monde; et en Occident, c'est l'essor
économique des " trente glorieuses ", mais aussi le développement
d'une culture de tolérance et des droits de l'homme…
C'est
dans ce contexte qu'en octobre 1958 est élu, à 77 ans,
un pape de " transition ", Jean XXIII (tout le monde attend
Mgr Montini - le futur Paul VI -, mais celui ci n'est
pas encore cardinal). Et quatre mois plus tard, le 25
janvier 1959, ce vieux pape annonce un " concile général
", non pas comme antérieurement sur des questions de foi
ou de discipline, mais simplement comme " une lumière
pour l'Eglise", et pour le rapprochement entre les chrétiens
(avant de devenir patriarche de Venise, le nouveau pape
avait fait une longue carrière internationale, en particulier
en Bulgarie et en Turquie, où il avait rencontré l'Orthodoxie,
ainsi que l'Islam).
Commence
alors une longue phase de préparation : enquête auprès
de tous les évêques, qui sont invités à s'exprimer librement
sur ce qui leur paraît important pour l'Eglise (mais ils
n'étaient guère habitués à cette liberté, et, comme l'a
dit un observateur, " le vent réformateur de Pentecôte
ne soufflait pas en rafale ") ; mise en place de commissions
pour préparer des " schémas conciliaires ", ainsi qu'un
secrétariat pour l'unité des chrétiens ; appel de Jean
XXIII à de grands théologiens (Pères de Lubac,Congar…).
De tout cela résulte un " magmas " de 69 ( !) schémas
à présenter au Concile.
Le
Concile s'ouvre en présence de 2300 pères, d'observateurs
des autres confessions chrétiennes et de quelques experts
(cf. document 2). Mal entendu à l'époque (parce que dit
dans une langue, le latin, que beaucoup de Pères conciliaires
dominaient mal, et prononcé au cours d'une célébration
d'ouverture longue et fatigante), le discours de Jean
XXIII fournit pourtant d'importants repères pour la suite
(cf. texte 1) : l'Eglise " se réjouit " (alors qu'on avait
plutôt l'habitude d'entendre les " prophètes de malheur
" se lamenter sur le monde) ; elle est tournée vers l'avenir
(" je ne suis pas le gardien d'un musée ", dira le pape)
; il s'agit d'un concile pastoral, et non doctrinal. Le
pape fait également part de son désir d'unité des chrétiens.
Un
incident remarquable marque le début des travaux : il
faut désigner 16 membres pour chacune des 10 commissions
du Concile, et chaque Père est donc invité à inscrire
160 noms ; mais ils ne se connaissent pas entre eux, et
la tendance est de s'en remettre aux noms suggérés par
la Curie… C'est alors que le Cardinal Liénart, archevêque
de Lille, s'empare d'autorité du micro et demande un délai
de réflexion avant le vote. Applaudissements des Pères
conciliaires : la présidence accorde le délai.
Ce jour
là, les évêques prennent leurs affaires en mains ; ce
jour là naît réellement le Concile.
Annexes :
Document
1 : Les conciles " œcuméniques " de l'Eglise Catholique
Document 2
: Composition de l'Assemblée
Document 3
: Chronologie du Concile
Texte 1
: Discours d'ouverture " Gaudet Mater Ecclesia "
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