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LE
CONCILE VATICAN II
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JEUDI 24 OCTOBRE 2002
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Document 4 (Le
contexte de Dei verbum)
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Concile de Trente
Face à l'incendie que la réforme protestante
avait déclenché en Europe, le concile de Trente se réunit
bien tardivement, à partir de la fin 1545. Ses trois premières
sessions ne sont que des préparatifs, et c'est la IVème
session qui est en fait la première session de travail,
avec un tout petit nombre de Pères (50 !) et de théologiens.
Confrontés à la revendication protestante de "l'Ecriture
seule" (Scriptura sola), qui considérait globalement
toute tradition comme simplement humaine, les pères de
Trente abordèrent les questions de l'Ecriture et de la
Tradition. Voici un extrait significatif du décret promulgué
le 8 avril 1546. C'est ce décret auquel se réfère plusieurs
fois la constitution Dei Verbum de Vatican II.
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"Le saint Concile cuménique
et général de Trente, légitimement réuni dans l'Esprit-Saint,
sous la présidence des trois légats du siège apostolique,
garde toujours devant les yeux le dessein de conserver
dans l'Eglise, en supprimant les erreurs, la pureté
de l'Evangile, qui promis auparavant par les prophètes
dans les saintes Ecritures, a été d'abord promulgué
par la bouche même de Notre Seigneur Jésus-Christ,
Fils de Dieu, ensuite par ses apôtres auxquels il
a ordonné de le "prêcher à toute créature"(Mt 28,19;
Mc 16,15)comme étant la source de toute vérité
salutaire et de toute règle morale.
Voyant clairement que cette vérité
et cette règle sont contenues dans les livres écrits
et les traditions non écrites qui, reçues de
la bouche même du Christ, ou transmises comme de main
en main par les apôtres, sous la dictée du Saint Esprit
sont parvenues jusqu'à nous, le saint Concile, suivant
l'exemple des Pères "orthodoxes", reçoit et vénère
avec le même sentiment de piété et le même respect,
tous les livres, tant de l'Ancien que du Nouveau
Testament, puisque Dieu est l'unique auteur de l'un
et de l'autre, ainsi que les traditions concernant
soit la foi soit les murs, comme venant de la
bouche même du Christ ou dictées par le Saint-Esprit
et conservées dans l'Eglise par une tradition ininterrompue." |
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N.B. A ce décret est jointe, pour
la première fois dans l'Eglise, une liste des livres canoniques.
Concile Vatican I (1869-1870)
Face à la contestation de la foi catholique
par les courants rationalistes du XIXème, qui s'exprimaient
le plus souvent dans un climat anti-clérical, le Concile
Vatican I promulgue une constitution dogmatique sur la
foi catholique, Dei Filius, dont le chapitre 2,
qui porte sur la révélation, est cité plusieurs fois dans
Dei verbum.
Condamnation du modernisme : Encyclique
Pascendi dominici gregis (8 sept. 1907) de Pie
X
Les encycliques sur la Bible :
- Providentissimus Deus (18 nov. 1893)
de Léon XIII
- Spiritus Paraclitus (15 septembre
1920) de Benoit XV
- L'Encyclique "Divino afflante Spiritu"
de Pie XII (30 septembre 1943)
Depuis le début du XXème siècle (pour ne pas
remonter plus avant), et notamment l'affaire du "modernisme",
le travail des exégètes est largement suspecté, voire
empêché dans l'Eglise catholique. Cependant un certain
nombre de savants courageux ont poursuivi, à leurs risques
et périls et dans la fidélité à l'Eglise, un travail de
fond sur la Bible (par exemple, en France le Père Lagrange
o.p.,.fondateur de l'Ecole biblique de Jérusalem) dont
le bien-fondé finira par être progressivement reconnu.
La publication, en 1943, de l'encyclique Divino afflante
Spiritu sera reçue comme libératoire par la communauté
des biblistes catholiques. Ces derniers n'en demeureront
pas moins longtemps l'objet de polémiques pénibles et
qui durent encore lors des premières sessions de Vatican
II.
L'encyclique reconnaît la nécessité
de recourir aux textes originaux et à la mise en uvre
des sciences profanes (philologie, archéologie, histoire,
etc.) pour dégager en priorité le sens littéral. En particulier,
l'encyclique admet le recours aux "genres littéraires".
Sur ce point voici comment s'exprime l'encyclique :
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| "... dans les paroles et les écrits des anciens
auteurs orientaux, souvent le sens littéral n'apparaît
pas avec autant d'évidence que chez les écrivains
de notre temps; et ce qu'ils ont voulu signifier par
leurs parolesne peut se déterminer par les seules
lois de la grammaire ou de la philologie, non plus
que par le seul contexte. Il faut absolument que l'exégète
remonte en quelque sorte par la pensée jusqu'à ces
siècles reculés de l'Orient, afin que s'aidant des
ressources de l'histoire, de l'archéologie, de l'ethnologie
et des autres sciences, il discerne et reconnaisse
quels genres littéraires les auteurs de cet âge
antique ont voulu employer et ont réellement employés. |
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