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LE CONCILE VATICAN II
JEUDI 07 NOVEMBRE 2002

Texte 4
LUMEN GENTIUM (extraits)
CHAPITRE I : LE MYSTERE DE L'EGLISE


 

(Introduction : L'Eglise, sacrement du salut)
1 - "Le Christ est la lumière des peuples : réuni dans l'Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l'Evangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l'Eglise (cf. Marc 16,15). L'Eglise étant, dans le Christ, en quelque sorte (veluti) le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain, elle se propose de préciser davantage, pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant à l'enseignement des précédents conciles, sa propre nature et sa mission universelle. À ce devoir qui est celui de l'Eglise, les conditions présentes ajoutent une nouvelle urgence : il faut en effet que tous les hommes, désormais unis entre eux par les liens sociaux, techniques, culturels, réalisent également leur pleine unité dans le Christ."

6 - (Les images de l'Eglise)
"Tout comme dans l'Ancien Testament la révélation du royaume est souvent présentée sous des figures, de même maintenant c'est sous des images variées que la nature intime de l'Eglise nous est montrée, images tirées soit de la vie pastorale ou de la vie des champs, soit du travail de construction ou encore de la famille et des épousailles, et qui se trouvent ébauchées déjà dans les livres des prophètes."
C'est ainsi que l'Eglise est décrite successivement comme le "bercail dont le Christ est l'entrée unique"; le "troupeau dont Dieu a proclamé à l'avance qu'il serait le Pasteur"; le "terrain de culture, le champ de Dieu", là où croissent l'olivier et la vigne; la "construction de Dieu" dont le Christ est la "pierre angulaire" et dont nous sommes les "pierres vivantes". L'Eglise est encore décrite par la famille, le temple saint, la Jérusalem d'en haut, notre mère, l'épouse de l'Agneau.....

7 - (L'Eglise, corps mystique du Christ)
Ce paragraphe reprend les thèmes de l'encyclique Mystici Corporis de Pie XII. Mais si le concile évoque et salue cette grande encyclique, il ne retient pas la présentation de l'Eglise comme "Corps mystique du Christ, lui préférant celle de "Peuple de Dieu" (chapitre II).

8 - (L'Eglise est une réalité complexe, à la fois visible et spirituelle)
"Le Christ, unique médiateur, crée et continuellement soutient sur la terre comme un tout visible, son Eglise sainte, communauté de foi, d'espérance et de charité par laquelle il répand, à l'intention de tous, la vérité et la grâce.
Cette société organisée hiérarchiquement d'une part et le Corps mystique d'autre part, l'assemblée discernable aux yeux et la communauté spirituelle, l'Eglise terrestre et l'Eglise enrichie des biens célestes, ne doivent pas être considérées comme deux choses, elles constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d'un double élément humain et divin. C'est pourquoi en vertu d'une analogie qui n'est pas sans valeur, on la compare au mystère du Verbe incarné. Tout comme en effet la nature prise par le Verbe divin est à son service comme un organe vivant de salut qui lui est indissolublement uni, à peu près de la même manière le tout social que constitue l'Eglise est au service de l'Esprit du Christ qui lui donne la vie, en vue de la croissance du corps (cf. Eph. 4,16). C'est là l'unique Eglise du Christ, dont nous professons dans le symbole l'unité, la sainteté, la catholicité et l'apostolicité, cette Eglise que notre Sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (Jean 21,17), qu'il lui confia, à lui et aux apôtres pour la répandre et la diriger (cf. Mat 28,18 ), et dont il a fait pour toujours la "colonne et le fondement de la vérité" (1 Tim. 3,15).
Cette Eglise comme société constituée et organisée en ce monde subsiste dans (subsistit in) l'Eglise catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui, bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère (extra eius compaginem), éléments qui, en tant que dons appartenant proprement à l'Eglise du Christ, "poussent" (impellunt) à l'unité catholique.
....
Tandis que le Christ saint, innocent, sans tache (Heb. 7,26) n'a pas connu le péché (2 Cor; 5,21), venant seulement expier le péché du peuple (cf. Heb 2,17), l'Eglise, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est à la fois sainte et toujours appelée à se purifier et elle poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement (renovatio).
L'Eglise avance dans son pélerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu", annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne (cf; 1 Cor 11,26). La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dedans et du dehors, et de révéler fidèlement au monde le mystère du Seigneur, bien qu'enveloppé d'ombre, jusqu'au jour où finalement, il sera manifesté en pleine lumière.

CHAPITRE II : LE PEUPLE DE DIEU


 

9 - (Un peuple messianique)
"...Il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut, hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C'est pourquoi il s'est choisi le peuple d'Israel ...(préfiguration de l'Alliance Nouvelle) ...
Cette Alliance Nouvelle, le Christ l'a instituée : c'est la Nouvelle Alliance en son sang (cf. 1 Cor 11,25); il appelle la foule des hommes de parmi les juifs et de parmi les Gentils pour former un tout non selon la chair, mais dans l'Esprit et devenir le Nouveau peuple de Dieu. Ceux, en effet, qui croient au Christ, qui sont "re-nés" non d'un germe corruptible mais du germe incorruptible qui est la parole du Dieu vivant (cf. 1 Pierre 1,23), non de la chair mais de l'eau et de l'Esprit Saint (cf. Jean 3, 5-6), ceux-là deviennent ainsi finalement "une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s'est acquis, ceux qui autrefois n'étaient pas un peuple étant maintenant le peuple de Dieu (1 Pierre 2, 9-10)."
"Ce peuple messianique a pour chef le Christ, "livré pour nos péchés, ressuscité pour notre justification" (Rom. 4, 25), possesseur désormais du Nom qui est au-dessus de tout nom et glorieusement régnant dans les cieux. La condition de ce peuple, c'est la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur de qui, comme dans un temple habite l'Esprit-Saint. Sa loi, c'est le commandement nouveau d'aimer comme le Christ lui-même nous a aimés (cf. Jean 13, 34). Sa destinée enfin, c'est le royaume de Dieu, inauguré sur la terre par Dieu même, qui doit se dilater encore plus loin jusqu'à ce qu'à la fin des siècles, il reçoive de Dieu son achèvement, lorsque le Christ notre vie sera apparu (cf. Col 3, 4) et que "la création elle-même sera affranchie de l'esclavage de la corruption pour connaître la glorieuse liberté des enfants de Dieu" (Rom. 8, 21). C'est pourquoi ce peuple messianique, bien qu'il ne comprenne pas encore effectivement l'universalité des hommes et qu'il garde souvent les apparences d'un petit troupeau, constitue cependant pour tout l'ensemble du genre humain le germe le plus fort, d'espérance et de salut. ....
L'ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus auteur du salut, principe d'unité et de paix, Dieu les a convoqués, il en a fait l'Eglise, pour qu'elle soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire. Destinée à s'étendre à toutes les parties du monde, elle prend place dans l'histoire humaine, bien qu'elle soit en même temps transcendante aux limites des peuples dans l'espace et dans le temps."
Marchant à travers les tentations et les tribulations, l'Eglise est soutenue par la vertu de la grâce de Dieu, à elle promise par le Seigneur, pour que du fait de sa faiblesse charnelle, elle ne défaille pas à la perfection de sa fidélité mais reste de son Seigneur la digne Epouse, se renouvelant sans cesse sous l'action de l'Esprit Saint, jusqu'à ce que par la croix, elle arrive à la lumière sans couchant [1].

10 - (Deux modes de participation à l'unique sacerdoce du Christ)
".....Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu'il y ait entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l'un à l'autre : l'un et l'autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l'unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d'un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire dans le rôle du Christ (in persona Christi), le sacrifice eucharistique et l'offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles, eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l'offrande de l'Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l'action de grâce, le témoignage d'une vie sainte, et par leur renoncement et leur charité effective."

11 - (L'exercice du sacerdoce commun dans les sacrements)

12 - (Le sens de la foi du peuple tout entier)
"Le peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ........ L'ensemble des fidèles (universitas fidelium) ayant l'onction qui vient du Saint (cf. 1 Jean 2, 20 et 27) ne peut se tromper dans la foi ; (in credendo falli nequit) ce don particulier qu'il possède, il le manifeste par le moyen du sens surnaturel de foi du peuple tout entier, lorsque "des évêques jusqu'aux derniers des fidèles laïcs" il apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel. Grâce en effet à ce sens de la foi qui est éveillé et soutenu par l'Esprit de vérité, et sous la conduite du magistère sacré qui permet, si on lui obéit fidèlement, de recevoir non plus une parole humaine mais véritablement la parole de Dieu (cf. 1 Thess 2,13), le peuple de Dieu s'attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (cf. Jude 3), il y pénètre plus profondément en l'interprétant comme il faut et dans sa vie la met plus parfaitement en œuvre."

13 - "A faire partie du nouveau Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés"
faire partie du nouveau peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés (vocantur). C'est pourquoi ce peuple demeurant un et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l'univers entier et à toute la suite des siècles pour que s'accomplisse ce que s'est proposée la volonté de Dieu créant à l'origine la nature humaine dans l'unité, et décidant de rassembler enfin dans l'unité ses fils dispersés (cf. Jean 11, 52).....
Ainsi l'unique peuple de Dieu est présent à tous les peuples de la terre, empruntant à tous les peuples ses propres citoyens, citoyens d'un royaume dont le caractère n'est pas terrestre, mais céleste. Tous les fidèles, en effet, dispersés à travers le monde, sont, dans l'Esprit-Saint, en communion avec les autres, et, de la sorte "celui qui réside à Rome sait que ceux des Indes sont pour lui un membre"[2] Mais comme le royaume du Christ n'est pas de ce monde (cf. Jean 18, 36) l'Eglise ou peuple de Dieu par qui ce royaume prend corps ne retire rien aux richesses temporelles de quelques peuples que ce soit, au contraire, elle sert et assume toutes les richesses, les ressources et les formes de vie des peuples en ce qu'elles ont de bon ...
En effet, entre ses membres règne une diversité qui est soit celle des charges, certains exerçant le ministère sacré pour le bien de leurs frères, soit celle de la condition et du mode de vie, beaucoup étant, de par l'état religieux qui leur fait poursuivre la sainteté par une voie plus étroite, un exemple stimulant pour leurs frères. C'est pourquoi il existe légitimement au sein de la communion de l'Eglise, des Eglises particulières - jouissant de leurs traditions propres - sans préjudice du primat de la chaire de Pierre, qui préside au rassemblement universel de la charité, garantit les légitimes diversités et veille en même temps à ce que loin de porter préjudice à l'unité, les particularités, au contraire, lui soient profitables.
De là, enfin, entre les diverses parties de l'Eglise, des liens de communion intime quant aux richesses spirituelles, aux ouvriers apostoliques et aux ressources matérielles. Les membres du peuple de Dieu sont appelés à partager leurs biens et à chacune des Eglise s'appliquent également les paroles de l'Apôtre : "Que chacun mette au service des autres le don qu'il a reçu, comme il sied à de bons dispensateurs de la grâce divine qui est si diverse" (1 Pierre 4,10).
Ainsi donc, à cette unité catholique du peuple de Dieu qui préfigure et promeut la paix universelle, tous les hommes sont appelés (vocantur); à cette unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés, et les fidèles catholiques (§14), et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ (§15), et finalement tous les hommes sans exception (§16) que la grâce de Dieu appelle au salut.

14 - (Les fidèles catholiques)
(La question du "hors de l'Eglise point de salut"?)
"C'est vers les fidèles catholiques que le saint Concile tourne en premier lieu sa pensée. Appuyé sur la sainte Ecriture et sur la Tradition, il enseigne que cette Eglise en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, Il nous devient présent en son corps qui est l'Eglise; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême (cf. Marc16, 16; Jean 3, 5), c'est la nécessité de l'Eglise elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême, qu'il nous a confirmée en même temps. C'est pourquoi ceux qui refuseraient soit d'entrer dans l'Eglise catholique, soit d'y persévérer, alors qu'ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient pas être sauvés.

(L'incorporation à l'Eglise ... n'est pas une assurance de salut et comporte des exigences)
"Sont pleinement incorporés à la société qu'est l'Eglise ceux qui ayant l'Esprit du Christ acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut institués en elle, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement écclésiastique et la communion sont unis dans l'ensemble visible de l'Eglise, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques.
Cependant l'incorporation à l'Eglise n'assure pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien "de corps" au sein de l'Eglise mais non "de cœur"[3] . Tous les fils de l'Eglise doivent d'ailleurs se souvenir que la grandeur de leur condition doit être rapportée non à leurs mérites mais à une grâce spéciale du Christ; s'ils n'y correspondent pas par la pensée, la parole et l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra mais un jugement plus sévère.
Quant aux catéchumènes qui sous l'action de l'Esprit Saint, demandent par un acte explicite de leur volonté à être incorporés à l'Eglise, par le fait même de ce vœu, ils lui sont unis, et l'Eglise, maternelle, les enveloppe déjà comme siens dans son amour en prenant soin d'eux.

15 - (Les chrétiens "non catholiques")
"Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l'unité de la communion sous le successeur de Pierre, l'Eglise se sait unie par de multiples raisons. Il en est beaucoup, en effet, qui tiennent en honneur la Sainte Ecriture comme leur règle de foi et de vie, manifestent un zèle religieux sincère, croient de tout leur cœur au Dieu Père tout puissant et au Christ Fils de Dieu et Sauveur, sont marqués par le baptême qui les unit au Christ, et même reconnaissent et reçoivent d'autres sacrements dans leurs propres Eglises ou dans leurs communautés écclésiales. Plusieurs d'entre eux jouissent même d'un épiscopat, célèbrent la sainte eucharistie et entourent de leur piété la Vierge Mère de Dieu. A cela s'ajoutent la communion dans la prière et les autres bienfaits spirituels, bien mieux, une véritable union dans l'Esprit-Saint, puisque par ses dons et ses grâces, il opère en eux aussi son action sanctifiante et qu'il a donné à certains d'entre eux la force d'aller jusqu'à verser leur sang. Ainsi l'Esprit suscite en tous les disciples du Christ le désir et l'action qui tendent à l'union paisible de tous, suivant la manière que le Christ a voulue, en un troupeau unique sous l'unique Pasteur. A cette fin, l'Eglise Mère ne cesse de prier, d'espérer et d'agir, exhortant ses fils à se purifier et à se renouveler, pour que, sur le visage de l'Eglise, le signe du Christ brille plus clair.

16 - (Les "non chrétiens")
"Enfin quant à ceux qui n'ont pas encore reçu l'Evangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au peuple de Dieu.
Et en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses et dont le Christ est issu selon la chair (cf. Rom. 9, 4-5), peuple très aimé du point de vue de l'élection, à cause des pères, car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rom 11, 28-29).
Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu, les musulmans qui professent avoir la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour.
Et de même les autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu'ils ignorent, Dieu n'est pas loin, puisque c'est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses (cf. Act. 17, 25-28), et puisqu'il veut comme Sauveur que tous les hommes soient sauvés (cf. 1 Tim 2, 4).
En effet ceux qui, sans qu'il y ait de leur faute, ignorent l'Evangile du Christ et son Eglise, mais cherchent pourtant Dieu d'un coeur sincère et s'efforcent sous l'influence de sa grâce, d'agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux-là peuvent arriver au salut éternel..... En effet, tout ce qui chez eux peut se trouver de bon et de vrai, l'Eglise le considère comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. ......

17 - (Le caractère missionnaire de l'Eglise)
"..... En prêchant l'Evangile, l'Eglise dispose ceux qui l'entendent à croire et confesser la foi, elle les prépare au baptême, les arrache à l'esclavage de l'erreur et les incorpore au Chrit pour croître en lui par la charité jusqu'à ce que soit atteinte la plénitude. Son activité n'a qu'un but : tout ce qu'il y a de germes de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou dans leurs rites propres ou leur culture, non seulement ne pas le laisser perdre, mais le guérir, l'élever, l'achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme. A tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l'expansion de la foi. …..

Ainsi l'Eglise unit prière et travail pour que le monde tout entier soit transformé (transeat) en peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit, et que soit rendu dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l'univers tout honneur et toute gloire.


[1] Ad lucem quae nescit occasum - Hymne chanté à la veillée pascale.

[2]St jean Chrysostome, In Io, Hom 65,1; PG 59, 361.

[3]St Augustin , Bapt. c. Donat, V,28,39; PL 43,197 : "Il est bien évident que si l'on dit dans et hors de l'Eglise, cela doit s'entendre du cœur et non du corps" - cf. ib., III,19,26: col 152; V,18,24 : col 189; In Io Tr.61,2 : PL 35, 1800, et fréquentes citations ailleurs.