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Texte 4
LUMEN GENTIUM (extraits)
CHAPITRE I : LE MYSTERE DE L'EGLISE
(Introduction
: L'Eglise, sacrement du salut)
1 - "Le Christ est la lumière des peuples : réuni
dans l'Esprit Saint, le saint Concile souhaite donc ardemment,
en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l'Evangile,
répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit
sur le visage de l'Eglise (cf. Marc 16,15). L'Eglise étant,
dans le Christ, en quelque sorte (veluti) le sacrement,
c'est-à-dire à la fois le signe et le
moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout
le genre humain, elle se propose de préciser davantage,
pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant
à l'enseignement des précédents conciles, sa propre nature
et sa mission universelle. À ce devoir qui
est celui de l'Eglise, les conditions présentes ajoutent
une nouvelle urgence : il faut en effet que tous les hommes,
désormais unis entre eux par les liens sociaux, techniques,
culturels, réalisent également leur pleine unité dans
le Christ."
6 - (Les images
de l'Eglise)
"Tout comme dans l'Ancien Testament la révélation
du royaume est souvent présentée sous des figures, de
même maintenant c'est sous des images variées que
la nature intime de l'Eglise nous est montrée,
images tirées soit de la vie pastorale ou de la vie des
champs, soit du travail de construction ou encore de la
famille et des épousailles, et qui se trouvent ébauchées
déjà dans les livres des prophètes."
C'est ainsi que l'Eglise est décrite
successivement comme le "bercail dont le Christ
est l'entrée unique"; le "troupeau dont Dieu a
proclamé à l'avance qu'il serait le Pasteur"; le "terrain
de culture, le champ de Dieu", là où croissent l'olivier
et la vigne; la "construction de Dieu" dont
le Christ est la "pierre angulaire" et dont
nous sommes les "pierres vivantes". L'Eglise est
encore décrite par la famille, le temple
saint, la Jérusalem d'en haut, notre mère,
l'épouse de l'Agneau.....
7 - (L'Eglise,
corps mystique du Christ)
Ce paragraphe reprend les thèmes de l'encyclique
Mystici Corporis de Pie XII. Mais si le concile évoque
et salue cette grande encyclique, il ne retient pas la
présentation de l'Eglise comme "Corps mystique du Christ,
lui préférant celle de "Peuple de Dieu" (chapitre II).
8 - (L'Eglise est
une réalité complexe, à la fois visible et spirituelle)
"Le Christ, unique médiateur, crée et continuellement
soutient sur la terre comme un tout visible, son Eglise
sainte, communauté de foi, d'espérance et de charité par
laquelle il répand, à l'intention de tous, la vérité et
la grâce.
Cette société organisée hiérarchiquement d'une
part et le Corps mystique d'autre part, l'assemblée discernable
aux yeux et la communauté spirituelle, l'Eglise terrestre
et l'Eglise enrichie des biens célestes, ne doivent
pas être considérées comme deux choses, elles constituent
au contraire une seule réalité complexe, faite d'un double
élément humain et divin. C'est pourquoi en vertu d'une
analogie qui n'est pas sans valeur, on la compare
au mystère du Verbe incarné. Tout comme en effet la
nature prise par le Verbe divin est à son service comme
un organe vivant de salut qui lui est indissolublement
uni, à peu près de la même manière le tout social que
constitue l'Eglise est au service de l'Esprit du Christ
qui lui donne la vie, en vue de la croissance du corps
(cf. Eph. 4,16). C'est là l'unique Eglise du Christ,
dont nous professons dans le symbole l'unité, la sainteté,
la catholicité et l'apostolicité, cette Eglise que notre
Sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre
pour qu'il en soit le pasteur (Jean 21,17), qu'il lui
confia, à lui et aux apôtres pour la répandre et la diriger
(cf. Mat 28,18 ), et dont il a fait pour toujours la "colonne
et le fondement de la vérité" (1 Tim. 3,15).
Cette Eglise comme société constituée et organisée
en ce monde subsiste dans (subsistit in)
l'Eglise catholique, gouvernée par le successeur de
Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui,
bien que des éléments nombreux de sanctification et de
vérité se trouvent hors de sa sphère (extra eius compaginem),
éléments qui, en tant que dons appartenant proprement
à l'Eglise du Christ, "poussent" (impellunt) à l'unité
catholique.
....
Tandis que le Christ saint, innocent, sans tache
(Heb. 7,26) n'a pas connu le péché (2 Cor; 5,21), venant
seulement expier le péché du peuple (cf. Heb 2,17),
l'Eglise, elle, qui enferme des pécheurs dans son
propre sein, est à la fois sainte et toujours appelée
à se purifier et elle poursuit constamment son effort
de pénitence et de renouvellement (renovatio).
L'Eglise avance dans son pélerinage à travers
les persécutions du monde et les consolations de Dieu",
annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il
vienne (cf; 1 Cor 11,26). La vertu du Seigneur ressuscité
est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience
et la charité les afflictions et les difficultés qui lui
viennent à la fois du dedans et du dehors, et de révéler
fidèlement au monde le mystère du Seigneur, bien qu'enveloppé
d'ombre, jusqu'au jour où finalement, il sera manifesté
en pleine lumière.
CHAPITRE II
: LE PEUPLE DE DIEU
9 - (Un peuple
messianique)
"...Il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent
pas la sanctification et le salut, hors de tout lien mutuel
; il a voulu au contraire en faire un peuple qui le connaîtrait
selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C'est
pourquoi il s'est choisi le peuple d'Israel ...(préfiguration
de l'Alliance Nouvelle) ...
Cette Alliance Nouvelle, le Christ l'a instituée
: c'est la Nouvelle Alliance en son sang (cf. 1 Cor 11,25);
il appelle la foule des hommes de parmi les juifs et de
parmi les Gentils pour former un tout non selon la chair,
mais dans l'Esprit et devenir le Nouveau peuple de
Dieu. Ceux, en effet, qui croient au Christ, qui sont
"re-nés" non d'un germe corruptible mais du germe incorruptible
qui est la parole du Dieu vivant (cf. 1 Pierre 1,23),
non de la chair mais de l'eau et de l'Esprit Saint (cf.
Jean 3, 5-6), ceux-là deviennent ainsi finalement "une
race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple
que Dieu s'est acquis, ceux qui autrefois n'étaient
pas un peuple étant maintenant le peuple de Dieu (1
Pierre 2, 9-10)."
"Ce peuple messianique a pour chef le Christ,
"livré pour nos péchés, ressuscité pour notre justification"
(Rom. 4, 25), possesseur désormais du Nom qui est au-dessus
de tout nom et glorieusement régnant dans les cieux.
La condition de ce peuple, c'est la dignité et
la liberté des fils de Dieu, dans le cur de qui,
comme dans un temple habite l'Esprit-Saint. Sa loi, c'est
le commandement nouveau d'aimer comme le Christ lui-même
nous a aimés (cf. Jean 13, 34). Sa destinée enfin,
c'est le royaume de Dieu, inauguré sur la terre par Dieu
même, qui doit se dilater encore plus loin jusqu'à
ce qu'à la fin des siècles, il reçoive de Dieu son achèvement,
lorsque le Christ notre vie sera apparu (cf. Col 3, 4)
et que "la création elle-même sera affranchie de l'esclavage
de la corruption pour connaître la glorieuse liberté des
enfants de Dieu" (Rom. 8, 21). C'est pourquoi ce peuple
messianique, bien qu'il ne comprenne pas encore effectivement
l'universalité des hommes et qu'il garde souvent les apparences
d'un petit troupeau, constitue cependant pour tout l'ensemble
du genre humain le germe le plus fort, d'espérance et
de salut. ....
L'ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers
Jésus auteur du salut, principe d'unité et de paix, Dieu
les a convoqués, il en a fait l'Eglise, pour qu'elle
soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible
de cette unité salutaire. Destinée à s'étendre à toutes
les parties du monde, elle prend place dans l'histoire
humaine, bien qu'elle soit en même temps transcendante
aux limites des peuples dans l'espace et dans le temps."
Marchant à travers les tentations et les tribulations,
l'Eglise est soutenue par la vertu de la grâce de Dieu,
à elle promise par le Seigneur, pour que du fait de sa
faiblesse charnelle, elle ne défaille pas à la perfection
de sa fidélité mais reste de son Seigneur la digne Epouse,
se renouvelant sans cesse sous l'action de l'Esprit Saint,
jusqu'à ce que par la croix, elle arrive à la lumière
sans couchant [1].
10 - (Deux modes
de participation à l'unique sacerdoce du Christ)
".....Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce
ministériel ou hiérarchique, bien qu'il y ait entre
eux une différence essentielle et non seulement de degré,
sont cependant ordonnés l'un à l'autre : l'un et l'autre,
en effet, chacun selon son mode propre, participent
de l'unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu
le sacerdoce ministériel jouit d'un pouvoir sacré pour
former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire dans
le rôle du Christ (in persona Christi), le sacrifice
eucharistique et l'offrir à Dieu au nom du peuple tout
entier ; les fidèles, eux, de par le sacerdoce royal qui
est le leur, concourent à l'offrande de l'Eucharistie
et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements,
la prière et l'action de grâce, le témoignage d'une vie
sainte, et par leur renoncement et leur charité effective."
11 - (L'exercice
du sacerdoce commun dans les sacrements)
12 - (Le sens
de la foi du peuple tout entier)
"Le peuple saint de Dieu participe
aussi de la fonction prophétique du Christ........ L'ensemble
des fidèles (universitas fidelium) ayant
l'onction qui vient du Saint (cf. 1 Jean 2, 20 et
27) ne peut se tromper dans la foi ; (in credendo
falli nequit) ce don particulier qu'il possède, il
le manifeste par le moyen du sens surnaturel de foi
du peuple tout entier, lorsque "des évêques jusqu'aux
derniers des fidèles laïcs" il apporte aux vérités concernant
la foi et les murs un consentement universel. Grâce
en effet à ce sens de la foi qui est éveillé et
soutenu par l'Esprit de vérité, et sous la conduite du
magistère sacré qui permet, si on lui obéit fidèlement,
de recevoir non plus une parole humaine mais véritablement
la parole de Dieu (cf. 1 Thess 2,13), le peuple de Dieu
s'attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints
une fois pour toutes (cf. Jude 3), il y pénètre plus profondément
en l'interprétant comme il faut et dans sa vie la met
plus parfaitement en uvre."
13 - "A faire partie
du nouveau Peuple de Dieu, tous les hommes sont appelés"
"À faire partie du nouveau peuple de Dieu,
tous les hommes sont appelés (vocantur). C'est
pourquoi ce peuple demeurant un et unique, est destiné
à se dilater aux dimensions de l'univers entier et
à toute la suite des siècles pour que s'accomplisse ce
que s'est proposée la volonté de Dieu créant à l'origine
la nature humaine dans l'unité, et décidant de rassembler
enfin dans l'unité ses fils dispersés (cf. Jean 11, 52).....
Ainsi l'unique peuple de Dieu est présent à tous
les peuples de la terre, empruntant à tous les peuples
ses propres citoyens, citoyens d'un royaume dont le caractère
n'est pas terrestre, mais céleste. Tous les fidèles, en
effet, dispersés à travers le monde, sont, dans l'Esprit-Saint,
en communion avec les autres, et, de la sorte "celui
qui réside à Rome sait que ceux des Indes sont pour lui
un membre"[2]
Mais comme le royaume du Christ n'est pas de ce monde
(cf. Jean 18, 36) l'Eglise ou peuple de Dieu
par qui ce royaume prend corps ne retire rien aux
richesses temporelles de quelques peuples que ce soit,
au contraire, elle sert et assume toutes les richesses,
les ressources et les formes de vie des peuples en ce
qu'elles ont de bon ...
En effet, entre ses membres règne une diversité
qui est soit celle des charges, certains exerçant le ministère
sacré pour le bien de leurs frères, soit celle de la condition
et du mode de vie, beaucoup étant, de par l'état religieux
qui leur fait poursuivre la sainteté par une voie plus
étroite, un exemple stimulant pour leurs frères. C'est
pourquoi il existe légitimement au sein de la communion
de l'Eglise, des Eglises particulières - jouissant
de leurs traditions propres - sans préjudice du primat
de la chaire de Pierre, qui préside au rassemblement
universel de la charité, garantit les légitimes diversités
et veille en même temps à ce que loin de porter préjudice
à l'unité, les particularités, au contraire, lui soient
profitables.
De là, enfin, entre les diverses parties de l'Eglise,
des liens de communion intime quant aux richesses spirituelles,
aux ouvriers apostoliques et aux ressources matérielles.
Les membres du peuple de Dieu sont appelés à partager
leurs biens et à chacune des Eglise s'appliquent également
les paroles de l'Apôtre : "Que chacun mette au service
des autres le don qu'il a reçu, comme il sied à de bons
dispensateurs de la grâce divine qui est si diverse" (1
Pierre 4,10).
Ainsi donc, à cette unité catholique du peuple
de Dieu qui préfigure et promeut la paix universelle,
tous les hommes sont appelés (vocantur); à cette
unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés,
et les fidèles catholiques (§14), et ceux qui, par ailleurs,
ont foi dans le Christ (§15), et finalement tous les hommes
sans exception (§16) que la grâce de Dieu appelle au salut.
14 - (Les fidèles
catholiques)
(La question du "hors de l'Eglise point
de salut"?)
"C'est vers les fidèles catholiques que le
saint Concile tourne en premier lieu sa pensée. Appuyé
sur la sainte Ecriture et sur la Tradition, il enseigne
que cette Eglise en marche sur la terre est nécessaire
au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie
de salut : or, Il nous devient présent en son corps
qui est l'Eglise; et en nous enseignant expressément
la nécessité de la foi et du baptême (cf. Marc16, 16;
Jean 3, 5), c'est la nécessité de l'Eglise elle-même,
dans laquelle les hommes entrent par la porte du baptême,
qu'il nous a confirmée en même temps. C'est pourquoi ceux
qui refuseraient soit d'entrer dans l'Eglise catholique,
soit d'y persévérer, alors qu'ils la sauraient fondée
de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là
ne pourraient pas être sauvés.
(L'incorporation à l'Eglise ... n'est
pas une assurance de salut et comporte des exigences)
"Sont pleinement incorporés à la société
qu'est l'Eglise ceux qui ayant l'Esprit du Christ
acceptent intégralement son organisation et tous les moyens
de salut institués en elle, et qui, en outre, grâce aux
liens constitués par la profession de foi, les sacrements,
le gouvernement écclésiastique et la communion sont unis
dans l'ensemble visible de l'Eglise, avec le Christ qui
la dirige par le Souverain Pontife et les évêques.
Cependant l'incorporation à l'Eglise n'assure pas
le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité,
reste bien "de corps" au sein de l'Eglise mais non "de
cur"[3]
. Tous les fils de l'Eglise doivent d'ailleurs se souvenir
que la grandeur de leur condition doit être rapportée
non à leurs mérites mais à une grâce spéciale du Christ;
s'ils n'y correspondent pas par la pensée, la parole et
l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra mais
un jugement plus sévère.
Quant aux catéchumènes qui sous l'action
de l'Esprit Saint, demandent par un acte explicite de
leur volonté à être incorporés à l'Eglise, par le fait
même de ce vu, ils lui sont unis, et l'Eglise, maternelle,
les enveloppe déjà comme siens dans son amour en prenant
soin d'eux.
15 - (Les chrétiens
"non catholiques")
"Avec ceux qui, étant baptisés, portent
le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement
la foi ou sans garder l'unité de la communion sous le
successeur de Pierre, l'Eglise se sait unie par de multiples
raisons. Il en est beaucoup, en effet, qui tiennent en
honneur la Sainte Ecriture comme leur règle de foi et
de vie, manifestent un zèle religieux sincère, croient
de tout leur cur au Dieu Père tout puissant et au
Christ Fils de Dieu et Sauveur, sont marqués par le baptême
qui les unit au Christ, et même reconnaissent et reçoivent
d'autres sacrements dans leurs propres Eglises ou dans
leurs communautés écclésiales. Plusieurs d'entre eux
jouissent même d'un épiscopat, célèbrent la sainte eucharistie
et entourent de leur piété la Vierge Mère de Dieu. A cela
s'ajoutent la communion dans la prière et les autres bienfaits
spirituels, bien mieux, une véritable union dans l'Esprit-Saint,
puisque par ses dons et ses grâces, il opère en eux aussi
son action sanctifiante et qu'il a donné à certains d'entre
eux la force d'aller jusqu'à verser leur sang. Ainsi l'Esprit
suscite en tous les disciples du Christ le désir et l'action
qui tendent à l'union paisible de tous, suivant la manière
que le Christ a voulue, en un troupeau unique sous l'unique
Pasteur. A cette fin, l'Eglise Mère ne cesse de prier,
d'espérer et d'agir, exhortant ses fils à se purifier
et à se renouveler, pour que, sur le visage de l'Eglise,
le signe du Christ brille plus clair.
16 - (Les "non
chrétiens")
"Enfin quant à ceux qui n'ont pas encore reçu l'Evangile,
sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au peuple
de Dieu.
Et en premier lieu, ce peuple qui reçut les
alliances et les promesses et dont le Christ est issu
selon la chair (cf. Rom. 9, 4-5), peuple très aimé du
point de vue de l'élection, à cause des pères, car Dieu
ne regrette rien de ses dons ni de son appel (cf. Rom
11, 28-29).
Mais le dessein de salut enveloppe également ceux
qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu,
les musulmans qui professent avoir la foi d'Abraham,
adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur
juge des hommes au dernier jour.
Et de même les autres, qui cherchent encore
dans les ombres et sous des images un Dieu qu'ils ignorent,
Dieu n'est pas loin, puisque c'est lui qui donne à
tous vie, souffle et toutes choses (cf. Act. 17, 25-28),
et puisqu'il veut comme Sauveur que tous les hommes soient
sauvés (cf. 1 Tim 2, 4).
En effet ceux qui, sans qu'il y ait de leur faute,
ignorent l'Evangile du Christ et son Eglise, mais cherchent
pourtant Dieu d'un coeur sincère et s'efforcent sous l'influence
de sa grâce, d'agir de façon à accomplir sa volonté telle
que leur conscience la leur révèle et la leur dicte,
ceux-là peuvent arriver au salut éternel..... En effet,
tout ce qui chez eux peut se trouver de bon et de vrai,
l'Eglise le considère comme une préparation évangélique
et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour
que, finalement, il ait la vie. ......
17 - (Le caractère
missionnaire de l'Eglise)
"..... En prêchant l'Evangile, l'Eglise dispose
ceux qui l'entendent à croire et confesser la foi, elle
les prépare au baptême, les arrache à l'esclavage de l'erreur
et les incorpore au Chrit pour croître en lui par la charité
jusqu'à ce que soit atteinte la plénitude. Son activité
n'a qu'un but : tout ce qu'il y a de germes de bien dans
le cur et la pensée des hommes ou dans leurs rites
propres ou leur culture, non seulement ne pas le laisser
perdre, mais le guérir, l'élever, l'achever pour la gloire
de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme.
A tout disciple du Christ incombe pour sa part
la charge de l'expansion de la foi. …..
Ainsi l'Eglise unit prière et travail
pour que le monde tout entier soit transformé (transeat)
en peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple du Saint-Esprit,
et que soit rendu dans le Christ, chef de tous, au Créateur
et Père de l'univers tout honneur et toute gloire.
[1]
Ad lucem quae nescit occasum - Hymne chanté à la
veillée pascale.
[2]St
jean Chrysostome, In Io, Hom 65,1; PG 59, 361.
[3]St
Augustin , Bapt. c. Donat, V,28,39; PL 43,197 :
"Il est bien évident que si l'on dit dans et hors de l'Eglise,
cela doit s'entendre du cur et non du corps" - cf.
ib., III,19,26: col 152; V,18,24 : col 189; In Io
Tr.61,2 : PL 35, 1800, et fréquentes citations ailleurs.
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