|
LE CONCILE
VATICAN II
|
JEUDI 14 NOVEMBRE 2002
|
Document 6
Concile Vatican I - Définition de l'infaillibilité pontficale
Constitution dogmatique sur
l'Eglise du Christ : Pastor Aeternus (1870)
(Le concile Vatican I devait examiner la question
de l'Eglise dans son ensemble, mais la guerre entre la France et
la Prusse l'en empêchat. En effet, dans l'espoir d'obtenir l'appui
de l'Italie, Napoléon III à la fin de l'été 1870, retira les troupes
françaises qui protégeaient ce qui restait des Etats pontificaux.
A l'issue de la défaite de Sedan (2 sept. 1870), l'armée italienne
s'empara de Rome et des états pontificaux, qui furent rattachés
par plébiscite au royaume d'Italie. Estimant que la sécurité du
Concile n'était plus assurée, Pie IX le déclara prorogé sine
die et s'enferma au palais du Vatican (situation qui durera
jusqu'aux accords de Latran, signés en 1929, entre Pie XI et Mussolini).
À Vatican I, un fort mouvement d'opinion en faveur
de l'infaillibilité aboutit à faire examiner séparément cette question,
à partir de mai 1870, avant le schéma sur l'Eglise. Le texte débattu
dans des conditions difficiles, sera finalement voté le 18 juillet,
une partie des évêques de la minorité n'ayant pas pris part au vote.
Les débats et amendements avaient néanmoins permis d'aboutir à un
texte qui précise les conditions d'exercice de cette infaillibilité,
laquelle n'est nullement une prérogative personnelle du Pape.)
Les trois premiers chapitres de la constitution,
intitulée Pastor Aeternus, portent sur la "primauté" notion
juridique et réaffirme que le pape détient la "plénitude" du pouvoir
sur toute l'Eglise, tandis que le dernier chapitre, chapitre IV
s'intitule "Du magistère infaillible du Pontife romain". Voici le
texte de la fin de ce chapitre IV:
".... Mais comme en ce temps qui exige au plus
haut point l'efficacité salutaire de la charge apostolique, il ne
manque pas d'hommes qui en contestent l'autorité, Nous avons jugé
absolument nécessaire d'affirmer solennellement la prérogative que
le Fils unique de Dieu a daigné joindre à la fonction pastorale
suprême.
C'est pourquoi Nous attachant fidèlement à la Tradition reçue
dès l'origine de la foi chrétienne, pour la gloire de Dieu notre
Sauveur, pour l'exaltation de la religion catholique et le salut
des peuples chrétiens, avec l'approbation du saint Concile, nous
enseignons et définissons comme un dogme révélé de Dieu : le
Pontife romain lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire
lorsque remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les
chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique,
qu'une doctrine sur la foi et les murs doit être tenue par
toute l'Eglise, jouit, par l'assistance divine à lui promise en
la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin
Rédempteur a voulu que fût pourvue son Eglise, lorsqu'elle définit
la doctrine sur la foi et les murs. Par conséquent, ces définitions
du Pontife romain sont irréformables de par elles-mêmes et non en
vertu du consentement de l'Eglise (ex sese et non ex consensu
ecclesiae)."
N.B - L''infaillibilité pontificale n'a en fait été
utilisée que deux fois : dès avant Vatican I, par Pie IX, en 1854,
lors de la proclamation du dogme de l'Immaculée conception (Marie
née sans péché originel): puis, une deuxième fois en 1950, lorsque
Pie XII a proclamé (après consultation des évêques) le dogme de
l'Assomption de la Vierge (Constitution apostolique Munificentissimus
Deus). En dehors de ces deux cas, l'infaillibilité pontificale
n'a jamais été mise en uvre. En particulier les documents
du Magistère papal (encyclique, Motu proprio, lettres etc
....) ne mettent pas formellement en jeu l'infaillibilité. Dans
la constitution dogmatique sur l'Eglise, Lumen gentium (L.
G.), Vatican II s'est exprimé :
- sur l'infaillibilité, voir L.G., § 12 et 25 (2ème et 3ème alinea).
- sur l'attitude demandée aux chrétiens vis-à-vis des divers documents
émanant du pape ou des évêques: voir L.G. § 25, 1er alinea.