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LE CONCILE
VATICAN II
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JEUDI 14 NOVEMBRE 2002
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TEXTE 5
LUMEN GENTIUM Chapitre 3 (extraits)
18. (Introduction)
"Le Christ Seigneur, pour assurer au peuple de Dieu
des pasteurs et les moyens de sa croissance, a institué dans son
Eglise des ministères variés qui tendent au bien de tout le corps.
En effet, les ministres qui disposent du pouvoir sacré,
sont au service de leurs frères pour que tous ceux qui appartiennent
au peuple de Dieu et jouissent, par conséquent, en toute vérité,
de la dignité chrétienne, puissent parvenir au salut, dans leur
effort, commun, libre et ordonné vers une même fin.
Ce saint Concile s'engageant sur les traces du premier concile
du Vatican, enseigne avec lui et déclare que Jésus-Christ, Pasteur
éternel a édifié la sainte Eglise en envoyant ses apôtres comme
lui-même avait été envoyé par le Père (cf. Jean 20,21); il a voulu
que les successeurs de ces apôtres, c'est-à-dire les évêques soient,
dans l'Eglise, pasteurs jusqu'à la consommation des siècles. Mais
pour que l'épiscopat lui-même fût un et indivis, il a mis saint
Pierre à la tête des autres apôtres, instituant dans sa personne
un principe et un fondement perpétuel et visible d'unité de foi
et de communion. Cette doctrine du primat du pontife romain et
de son infaillible magistère, quant à son institution, à sa perpétuité
à sa force et à sa conception, le saint Concile à nouveau la propose
à tous les fidèles comme objet certain de foi. De plus poursuivant
la tâche commencée, il veut devant tous énoncer et expliciter la
doctrine en ce qui concerne les évêques, successeurs des apôtres
qui, avec le successeur de Pierre, vicaire du Christ, et chef visible
de toute l'Eglise, ont charge de diriger la maison de Dieu vivant.
19. (L'institution des Douze)
"Le Seigneur Jésus après avoir longuemment prié son
Père, appela à lui ceux qu'il voulut et en institua douze ... il
en fit ses apôtres (cf Luc 6,13) leur donnant forme d'un collège,
c'est à dire d'un groupe stable, et mit à leur tête Pierre,
choisi parmi eux (cf. Jean 21, 15-17). ....
20. (Les évêques successeurs des apôtres)
"La mission divine confiée par le Christ aux apôtres
est destinée à durer jusqu'à la fin des siècles (cf. Matth. 28,20),
étant donné que l'Evangile qu'ils doivent transmettre est pour l'Eglise
principe de toute sa vie, pour toute la durée du temps. C'est pourquoi
les apôtres prirent soin d'instituer, dans cette société hiérarchiquement
ordonnée, des successeurs. ....
... Ainsi selon le témoignage de saint Irénée, c'est la tradition
apostolique qui se manifeste et se conserve dans le monde entier
par ceux que les apôtres ont fait évêques et par leurs successeurs
jusqu'à nous.
...
C'est pourquoi le saint Concile enseigne que les évêques succèdent
aux apôtres, comme pasteurs de l'Eglise, en sorte que, qui les
écoute écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et Celui
qui a envoyé le Christ (cf. Luc 10,16).
21. (La SACRAMENTALITE de L'Episcopat)
"Ainsi donc en la personne des évêques assistés des
prêtres, c'est le Seigneur Jésus-Christ, Pontife suprême, qui est
présent au milieu des croyants.....
Choisis comme pasteurs pour paître le troupeau du Seigneur, ils
sont les ministres du Christ et les dispensateurs des mystères de
Dieu (cf. 1 Cor 4,1).
Pour remplir de si hautes charges, les apôtres furent enrichis
par le Christ d'une effusion spéciale de l'Esprit-Saint descendant
sur eux (cf Actes 1,8; 2,4; Jean 20, 22-23); eux-mêmes, par l'imposition
des mains transmirent à leurs collaborateurs le don spirituel (cf
1 Tim, 4,14; 2 Tim 1,6-7) qui s'est communiqué jusqu'à nous à
travers la consécration épiscopale. Le saint Concile enseigne
que par la consécration épiscopale est conférée la plénitude du
sacrement de l'ordre que la coutume liturgique de l'Eglise et
la voix des saint Pères désignent en effet sous le nom de sacerdoce
suprême, la réalité totale du ministère sacré.
La consécration épiscopale, en même temps que la charge de
sanctification, confère aussi des charges d'enseigner
et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature,
ne peuvent s'exercer que dans la communion hiérarchique avec
le chef du collège et ses membres...par l'imposition des mains et
les paroles de la consécration, la grâce de l'Esprit-Saint est donnée
et le caractère sacré imprimé, de telle sorte que les évêques d'une
façon éminente et visible tiennent la place du Christ lui-même,
Maître, Pasteur et Pontife, et jouent son rôle. Aux évêques il revient
d'introduire, par le sacrement de l'ordre, de nouveaux élus dans
le corps épiscopal.
22. (Le collège épiscopal et son chef)
"De même (sicut) que saint Pierre et les autres apôtres
constituent, de par l'institution du Seigneur, un seul collège
apostolique, d'une manière similaire (pari ratione)
le Pontife romain, successeur de Pierre, et les évêques, successeurs
des apôtres, forment entre eux un tout. Déjà la plus antique
discipline en vertu de laquelle les évêques établis dans le monde
entier vivaient en communion entre eux et avec l'évêque de Rome,
par le lien de l'unité de la charité et de la paix; et de même la
réunion de conciles, où l'on décidait en commun de toutes les questions
les plus importantes, par une décision que l'avis de l'ensemble
permettait d'équilibrer, tout cela signifiait le caractère et
la nature collégiale de l'ordre épiscopal; elle se trouve manifestement
confirmée par le fait des conciles oecumèniques tenus tout au long
des siècles. On la trouve évoquée dans l'usage qui s'est introduit
de très bonne heure d'appeler plusieurs évêques pour coopérer
à l'élévation d'un nouvel élu au ministère sacerdotal le plus élevé.
C'est en vertu de (vi) la consécration sacramentelle
et par la communion hiérarchique avec le chef du collège et
ses membres que quelqu'un est institué (constituitur)
[Mais le collège ou corps épiscopal n'a d'autorité que si
on l'entend comme uni au Pontife romain, successeur de Pierre, comme
à son chef et sans préjudice pour le pouvoir de ce primat qui s'étend
à tous, pasteurs et fidèles].
En effet, le pontife romain a sur l'Eglise en vertu
(vi) de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute
l'Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu'il
peut toujours exercer librement.
L'ordre des évêques qui succèdent au collège apostolique
dans le magistère et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel
se perpétue le corps apostolique, constitue lui aussi [en
union avec le Pontife romain son chef, et jamais sans lui]
le sujet d'un pouvoir suprême et plénier sur toute l'Eglise,
[pouvoir cependant qui ne peut s'exercer qu'avec le consentement
du Pontife romain.]
Le Seigneur a fait du seul Simon la pierre de son Eglise,
à lui seul il en a remis les clés (cf. Matth. 16,18-19); il l'a
institué pasteur de tout son troupeau (cf; Jean 21,15s.), mais cette
charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre (Matth; 16,19)
a été aussi donnée, sans aucun doute, au collège des apôtres
unis à leur chef (Matth. 18,18; 28, 16-20). Par sa composition multiple,
ce collège exprime la variété et l'universalité du peuple de Dieu
; il exprime par son rassemblement, sous un seul chef, l'unité du
troupeau du Christ. Dans ce collège, les évêques [fidèles
à observer le primat et l'autorité de leur chef] jouissent
pour le bien de leurs fidèles et même de toute l'Eglise, d'un pouvoir
propre, l'Esprit-Saint assurant par l'action continue de sa force,
la structure et la concorde dans l'organisme.
(Comment s'exerce le pouvoir du collège épiscopal)
(a) Le pouvoir suprême dont jouit le collège à l'égard de
toute l'Eglise universelle s'exerce solennellement dans le Concile
cuménique. [Il n'y a point de conseil cuménique
s'il n'est comme tel confirmé ou tout au moins accepté par le successeur
de Pierre : au Pontife romain appartient comme une prérogative de
convoquer ces Conciles, de les présider et de les confirmer.]
(b) Le pouvoir collégial peut être exercé en union avec le
pape par les évêques résidant sur la surface de la terre, pourvu
que le chef du collège les appelle à agir collégialement ou du moins
qu'il donne à cette action commune des évêques dispersés son approbation
ou sa libre acceptation pour en faire un véritable acte collégial.
23. (Eglises "particulière et Eglise universelle)
"L'unité collégiale apparaît aussi dans les relations
mutuelles de chacun des évêques avec l'Eglise universelle.
Le pontife romain, comme successeur de Pierre, est le principe
perpétuel et visible et le fondement de l'unité qui lie entre eux
soit les évêques, soit la multitude des fidèles.
Les évêques sont, chacun pour sa part, le principe et le
fondement de l'unité dans leurs Eglises particulières : celles-ci
sont formées à l'image de l'Eglise universelle, c'est en
elles et à partir d'elles (in quibus et ex quibus) qu'existe
l'Eglise catholique une et unique.
C'est pourquoi chaque évêque représente son Eglise et tous
ensemble, avec le pape, représentent l'Eglise universelle ...
Les évêques, chacun pour leur part, placés à la tête de chacune
des Eglises particulières exercent leur autorité pastorale sur
la portion (portio) du peuple de Dieu qui leur a été
confiée, et non sur les autres Eglises ou sur l'Eglise universelle.
Mais, comme membre du collège épiscopal et légitime successeur
des apôtres, chacun d'entre eux est tenu à l'égard de l'Eglise universelle,
de par l'institution et le précepte du Christ, à cette sollicitude
qui est, pour l'Eglise universelle, éminement profitable, même si
elle ne s'exerce pas par un acte de juridiction.....D'ailleurs,
il est bien établi que, en gouvernant leur propre Eglise, comme
une portion de l'Eglise universelle, ils contribuent efficacement
au bien de tout le Corps mystique qui est aussi le corps des Eglises
.........
(Les Eglises patriarcales et les conférences épiscopales)
Après avoir mentionné les "antiques Eglises patriarcales"
(qui "sans préjudice pour l'unité de la foi et pour l'unique
constitution divine de l'Eglise universelle, jouissent de leur propre
discipline, de leur propre usage liturgique, de leur patrimoine
théologique et spirituel"), le Concile ajoute :
"Cette variété des Eglises locales montre avec plus d'éclat,
par leur convergence dans l'unité, la catholicité de l'Eglise indivise.
"De même, les Conférences épiscopales peuvent contribuer
de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial
(collegialis affectus) se réalise concrètement.
Les trois charges du ministère
épiscopal :
enseigner (§ 24-25), sanctifier (§ 26), gouverner (§27)
1. - ENSEIGNER
24 Les évêques étant successeurs des apôtres reçoivent
du Seigneur ...la mission d'enseigner toutes les nations et
de prêcher l'Evangile à toute créature ....
Cette charge (munus), confiée par le Seigneur
aux pasteurs de son peuple, est un véritable service: dans la sainte
Ecriture, il est appelé expressément "diakonia" ou ministère
(cf. Actes 1,17 et 25; 21,19; Rom. 11,13; 1 Tim 1,12).
...
25. "Parmi les charges principales des évêques, la prédication
de l'Evangile est la première. Les évêques sont, en effet, les
hérauts (praecones) de la foi, amenant au Christ
de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, pourvus
de l'autorité du Christ, prêchant au peuple qui leur est confié
la foi qui doit régler leur pensée et leur conduite...
("L'assentiment religieux" que doivent les fidèles au magistère
de l'évêque et du pape)
Les évêques qui enseignent en communion avec le Pontife romain
ont droit de la part de tous, au respect qui convient à des témoins
de la vérité divine et catholique ; les fidèles doivent s'attacher
à la pensée que leurs évêques expriment au nom du Christ, en matière
de foi et de murs, et ils doivent lui donner l'assentiment
religieux de leur esprit. Cet assentiment religieux de la volonté
et de l'intelligence est dû, à un titre singulier au souverain Pontife,
en son magistère authentique, même lorsqu'il ne parle pas ex
cathedra, ce qui implique la reconnaissance respectueuse de
son suprême magistère, et l'adhésion sincère à ses affirmations,
en conformité à ce qu'il manifeste de sa pensée et de sa volonté
et que l'on peut déduire en particulier du caractère des documents,
ou de l'insistance à proposer une certaine doctrine, ou de la manière
même de s'exprimer.
(La question de l'infaillibilité)
"Quoique les évêques pris un à un ne jouissent pas de
la prérogative de l'infaillibilité, cependant lorsque même dispersés
à travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur
de Pierre, le lien de la communion, ils s'accordent pour enseigner
authentiquement qu'une doctrine concernant la foi et les murs
s'impose de manière absolue, alors c'est la doctrine du Christ qu'infailliblement
ils expriment. La chose est encore plus manifeste quand dans le
Concile cuménique qui les rassemble, ils font pour l'ensemble
de l'Eglise, en matière de foi et de murs, acte de docteurs
et de juges, aux définitions desquels il faut adhérer dans l'obéissance
de la foi.
Cette infaillibilité, dont le divin Rédempteur a voulu pourvoir
son Eglise pour définir la doctrine concernant la foi et les murs
s'étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine
à conserver saintement et à exposer fidèlement.
De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des
évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que
pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer
ses frères dans la foi (cf. Luc 22,32) il proclame, par une détermination
absolue, un point de doctrine touchant la foi et les murs.
C'est pourquoi les définitions qu'il prononce sont dites, à juste
titre, irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement
de l'Eglise (ex sese, et non ex consensu Ecclesiae),
étant prononcées sous l'assistance du Saint-Esprit à lui
promise en la personne de saint Pierre, n'ayant pas besoin, par
conséquent, d'une approbation d'autrui, de même qu'elles ne peuvent
comporter d'appel à un autre tribunal. En effet, le Pontife romain
ne prononce pas une sentence en tant que personne privée, mais il
expose et défend la doctrine de la foi catholique, en tant qu'il
est à l'égard de l'Eglise universelle, le maître suprême en qui
réside, à titre singulier, le charisme d'infaillibilité qui est
celui de l'Eglise elle-même. L'infaillibilité promise à l'Eglise
réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son
magistère suprême en union avec le successeur de Pierre.
À ces définitions, l'assentiment de l'Eglise ne peut
jamais faire défaut, étant donné l'action du même Esprit-Saint qui
conserve et fait progresser le troupeau entier du Christ dans l'unité
de la foi.....
2. - SANCTIFIER
26 "L'évêque revêtu de la plénitude du sacrement de l'ordre,
porte la responsabilité de dispenser la grâce du suprême sacerdoce,
en particulier dans l'Eucharistie qu'il offre lui-même ou dont il
assure l'oblation, et d'où vient à l'Eglise continuellement vie
et croissance. Cette Eglise du Christ est vraiment présente en
tous les légitimes groupements locaux de fidèles, qui dans le
Nouveau Testament reçoivent, eux aussi, le nom d'Eglise.
...
Dans ces communautés, si petites et pauvres qu'elles puissent
être souvent ou dispersées, le Christ est présent par la vertu duquel
se constitue l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Car
"la participation au Corps et au Sang du Christ n'a pas d'autre
effet que de nous transformer en ce que nous recevons".
...
3. GOUVERNER
27 "Chargés des Eglises particulières comme vicaires et légats du
Christ, les évêques les dirigent
Suit un certain nombre de règles sur la façon de gouverner,
puis le texte précise :
"La charge pastorale, c'est-à-dire le soin habituel
et quotidien de leurs brebis, leur est pleinement remise; on
ne doit pas les considérer comme les vicaires du Pontife romain,
car ils exercent un pouvoir qui leur est propre et, en toute
vérité, sont pour les peuples qu'ils dirigent des chefs. Ainsi leur
pouvoir n'est nullement effacé par le pouvoir suprême et universel;
au contraire, il est affermi, renforcé et défendu par lui; la forme
établie par le Christ Seigneur pour le gouvernement de son Eglise
étant indéfectiblement assurée par l'Esprit-Saint.
Le paragraphe se termine par une évocation de
l'évêque selon Vatican II, lequel, envoyé par le père de famille",
doit "garder devant les yeux l'exemple du bon Pasteur venu,
non pas pour se faire servir mais servir. ...Qu'il ne répugne pas
à écouter ceux qui dépendent de lui, les entourant comme de vrais
fils et les exhortant à travailler avec lui dans l'allégresse."
28. (Les prêtres dans leur relation au Christ,
aux évêques, au presbyterium et au peuple chrétien)
"Le Christ, que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde
(Jean 10,36) a rendu participants de sa consécration et de sa mission
les apôtres et, par eux, les évêques, leurs successeurs; ceux-ci
à leur tour ont légitimemeent transmis dans l'Eglise, selon divers
degrés et à des sujets différents, la charge pastorale qui leur
incombait. Ainsi le ministère écclésiastique institué par Dieu est-il
exercé, en divers ordres, par ceux qui déjà dans l'Antiquité sont
appelés évêques, prêtres (presbyteri), diacres. Les prêtres,
bien qu'ils ne possèdent pas la plénitude du sacerdoce et dépendent
des évêques dans l'exercice d eleur pouvoir, leur sont toutefois
unis dans la dignité sacerdotale; en vertu du sacrement de l'ordre,
ils sont à l'image du Christ, Grand prêtre éternel (cf. He 5,1-10;
7,24; 9, 11-28), consacrés pour prêcher l'Evangile, paître les fidèles
et célébrer le culte divin comme vrais prêtres (sacerdotes)
du Nouveau Testament.
....
Coopérateurs avisés (providi) de l'ordre épiscopal
dont ils sont l'aide et l'instrument, les prêtres constituent
avec leur évêque un seul presbyterium aux fonctions diverses.
En chaque lieu où se trouve une communauté de fidèles, ils rendent
d'une certaine façon présent l'évêque auquel ils sont associés d'un
cur confiant et généreux.....Sanctifiant et dirigeant sous
l'autorité de l'évêque la portion (portio) du troupeau
du Seigneur qui leur est confiée, c'est l'Eglise universelle
qu'ils rendent visible aux lieux où ils sont et c'est le Corps entier
du Christ à l'édification duquel (Eph. 4,12) ils contribuent efficacement.
Sans cesse tendus vers ce qui est le bien des fils de Dieu, ils
doivent mettre leur zèle à contribuer à l'uvre pastorale du
diocèse, bien mieux de toute l'Eglise.
En raison de cette participation au sacerdoce et à la mission
de leur évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père
et lui obéir respectueusement. L'évêque, lui, doit considérer les
prêtres, ses coopérateurs, comme des fils et des amis, tout
comme le Christ appelle ses disciples non plus serviteurs mais amis
(Jean 15,5) ....
29. (Les diacres)
"Au degré inférieur de la hiérarchie se trouvent les diacres
auxquels on a imposé les mains "non pas en vue du sacerdoce mais
du service. La grâce sacramentelle, en effet, leur donne la force
nécessaire pour servir le peuple de Dieu dans la "diaconie" de la
liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l'évêque
et son presbyterium.
(Les fonctions du diacre)
Selon les dispositions prises par l'autorité qualifiée,
il appartient au diacre d'administrer solennellement le baptême,
de conserver et distribuer l'eucharistie, d'assister, au nom de
l'Eglise, au mariage et de le bénir, de porter le viatique aux mourants,
de donner lecture aux fidèles de la Sainte Ecriture, d'instruire
et exhorter le peuple, de présider au culte et à la prière des fidèles,
d'être ministre des sacramentaux, de présider au rite funèbre et
à la sépulture. Consacrés aux offices de charité et d'assistance
(administrationis), les diacres ont à se souvenir de l'avertissement
de saint Polycarpe : "être miséricordieux, zélés, marcher selon
la vérité du Seigneur qui s'est fait le serviteur de tous".
(Le rétablissement du diaconat "en tant que degré
propre et permanent de la hiérarchie")
Comme la discipline actuellement en vigueur dans l'Eglise
latine rend difficile, en plusieurs régions, l'accomplissement
de ces fonctions extrêmement nécessaires à la vie de l'Eglise, le
diaconat pourra, dans l'avenir, être rétabli en tant que degré propre
et permanent de la hiérarchie.
C'est à la compétence des groupements territoriaux d'évêques,
sous leurs formes diverses, qu'il appartient, avec l'approbation
du Souverain Pontife, de décider de l'opportunité, quant
au principe et aux lieux, et pour le soin des âmes, de l'institution
de ces diacres.
Si le Pontife romain y consent, ce diaconat pourra être conféré
à des hommes mûrs, même mariés, ainsi qu'à des jeunes gens, aptes
à cet office, mais pour lesquels la loi du célibat doit demeurer
ferme.