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JM.VEZIN |
La constitution
sur l'Eglise. Lumen Gentium (fin)
Constitution sur la liturgie. Sacrosanctum Concilium
Constitution sur l'Eglise (chapitres
4 à 8, cf. texte 7).
Le chapitre 4 est consacré aux laïcs, que Vatican II a
mis en honneur, alors qu'antérieurement c'était essentiellement
les clercs qui " faisaient " l'Eglise ; cette place donnée aux
laïcs est pour une part le fruit de l'Action Catholique (dont
nombre de Pères conciliaires avaient été aumôniers). Les laïcs
sont les chrétiens " incorporés au Christ par le baptême ", appelés
à la sainteté (quel que soit leur statut social), et qui exercent
une mission dans l'Eglise et dans le monde : ils assurent
en effet une présence de l'Eglise dans le monde, ce qui implique
qu'ils aient une " compétence dans les disciplines profanes ",
afin d'être crédibles ; un de leurs rôles est de contribuer à
assainir la société (marquée, comme dira plus tard Jean-Paul II,
par des " structures de péché "). Ils ont également un rôle de
conseil vis-à-vis de leurs pasteurs, y compris en matière spirituelle,
que facilitera la création, après Vatican II, des conseils pastoraux
(les conseils consacrés aux affaires économiques de l'Eglise existaient,
eux, depuis longtemps) .
Le chapitre 6 est consacré aux religieux,
présentés, non pas de manière traditionnelle comme étant dans
un " état de perfection " (langage juridique), mais comme exerçant
la profession de " conseil évangélique. Le texte souligne que
les religieux doivent manifester " le Christ aux fidèles et
aux infidèles ", ce que font les ordres soignants et, plus généralement,
tous ceux qui sont implantés en terres non chrétiennes. Le chapitre
7 traite des liens entre l'Eglise de la terre ( ceux qui
cheminent encore) et celle du ciel (ceux qui se purifient,
et ceux qui contemplent la gloire de " Dieu un en trois personnes
").
Enfin le chapitre 8 est consacré à la
Vierge Marie. Initialement, la Vierge devait faire l'objet
d'un schéma distinct ; une partie des Pères pensaient qu'elle
serait ainsi mieux honorée ; ils estimaient aussi que de nouveaux
dogmes la concernant pourraient être proclamés, et que son rôle
de " médiatrice ", un peu au même titre que le Christ, devait
être affirmé. D'autres pensaient au contraire que Marie faisait
partie du mystère de l'Eglise, et qu'il fallait donc en parler
au titre de l'Eglise. Un vote dégagea une courte majorité (40
voix) en faveur de cette deuxième tendance. Le texte du chapitre
8 est sobre, volontairement non doctrinal (il ne cherche pas à
trancher les questions non encore claires), et fondamentalement
d'inspiration biblique : Marie est présentée comme s'inscrivant
dans le dessein de Dieu ; sa biographie se réfère essentiellement,
dans un souci œcuménique, à des citations bibliques. Et le Concile
rappelle que le seul médiateur est le Christ. Le texte se conclut
sur le mot " Trinité " qui, dans tout Lumen Gentium, éclaire
constamment le mystère de l'Eglise.
Comme le disait le Père de Lubac, Lumen
Gentium est " l'épine dorsale " du Concile. Vatican II a produit
12 autres textes relatifs à l'Eglise, soit ad intra (sur
les questions internes à l'institution), soit ad extra
(tournés vers les autres religions et le monde), tous reliés à
Lumen Gentium (cf. document
7). À cet ensemble s'ajoutent plus particulièrement
trois textes importants : Dei Verbum (Révélation), Sacrosanctum
Concilium (liturgie), Gaudium et Spes (l'Eglise dans
le monde de ce temps) et trois déclarations, dont notamment celle
sur la liberté religieuse.
Constitution sur la liturgie.
Ce texte s'inscrit dans le contexte du mouvement liturgique,
d'inspiration surtout française et belge (par exemple renaissance
de Solesmes au XIXème siècle), qui se préoccupait de redonner
à la liturgie un authenticité qu'elle avait un peu perdue. Alors
que souvent on ne faisait qu' " assister " à la messe, ce mouvement
insistait sur la participation de l'ensemble de l'assemblée, avec
une liturgie compréhensible, en particulier dans la langue du
peuple (comme l'avait expérimenté l'Action Catholique, ainsi que
certaines messes du temps de guerre, et comme le souhaitaient
de leur côté les missionnaires). Parce qu'il était prêt, le schéma
sur la liturgie fut le premier à être examiné par les Pères, et
une quasi unanimité fut d'emblée trouvée sur la nécessaire participation
de l'assemblée. L'attention fut ensuite surtout focalisée sur
le latin, défendu comme signe d'unité (mais aussi pour préserver
le " mystère " de la célébration), ainsi que sur les concélébrations.
Du texte (cf. texte
8), on peut retenir les points suivants : dans la liturgie,
c'est le Christ qui célèbre, " c'est lui qui parle tandis qu'on
lit les saintes Ecritures " ; la participation des fidèles doit
se faire " de façon consciente, active et fructueuse " ; la liturgie
a des parties immuables, d'inspiration divine, et des parties
que l'on peut (ou doit) changer ; les actions liturgiques ne sont
pas des dévotions privées, mais des célébrations de l'Eglise…
La place de la " table de la Parole de Dieu " est soulignée (la
messe suppose donc de participer à la liturgie eucharistique,
mais aussi à la liturgie de la Parole)… Sacrosanctum Concilium
fut souvent reçue avec difficultés, mais l'essentiel - la participation
des fidèles - est aujourd'hui pleinement passé dans les mœurs.