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LE CONCILE
VATICAN II
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JEUDI 21 NOVEMBRE 2002
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TEXTE 7
LUMEN GENTIUM : QUELQUES EXTRAITS DES CHAPITRES 4 à 8
Chapitre 4 : LES LAÏCS (§
30 à 38)
31. (Définition du mot "laïc")
"Sous le nom de laïcs, on entend ici l'ensemble
des chrétiens qui ne sont pas membres de l'ordre sacré et de
l'état religieux sanctionné dans l'Eglise, c'est-à-dire les
chrétiens qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés
au peuple de Dieu, faits participants à leur manière de la fonction
sacerdotale, prophètique et royale du Christ, exercent pour leur
part, dans l'Eglise et dans le monde, la mision qui est celle de
tout le peuple chrétien".
...
La vocation propre des laïcs consiste à chercher
le règne de Dieu précisement à travers la gérance des choses temporelles
qu'ils ordonnent selon Dieu.
32. (L'égale dignité des membres du Peuple de
Dieu)
"L'Eglise sainte, de par l'institution divine,
est organisée et dirigée suivant une variété merveilleuse. Car de
même qu'en un seul corps nous avons plusieurs membres et que tous
les membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi, à plusieurs,
nous sommes un seul corps dans le Christ, étant chacun pour sa part
membre les uns des autres" " (Rom. 12,4-5).
Il n'y a donc qu'un seul peuple de Dieu choisi
par lui : "Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême" (Eph 4,5).
Commune est la dignité des membres, du fait de leur régénération
dans le Christ; commune la grâce d'adoption filiale; commune la
vocation à la perfection ...
il n'y a donc dans le Christ et dans l'Eglise aucune inégalité qui
viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou
du sexe, car "il n'y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme
libre, il n'y a ni homme ni femme, vous n'êtes tous qu'un dans le
Christ Jésus (Gal. 3,28 grec ; Cf Col. 3,11).
Si donc, dans l'Eglise, tous ne marchent pas par
le même chemin, tous, cependant, sont appelés à la sainteté et ont
reçu à titre égal la foi qui introduit dans la justice de Dieu
(cf. 2 Pierre 1,1). Même si certains, par la volonté du Christ,
sont institués docteurs, dispensateurs des mystères et pasteurs
pour le bien des autres, cependant quant à la dignité et à l'activité
commune à tous les fidèles dans l'édification du corps du Christ
, il règne entre tous une véritable égalité.
Chemin faisant, le texte du paragraphes 32 précise
les différences entre "les ministères sacrés et le reste du
peuple de Dieu" que résume la citation de saint Augustin à la
fin du § 32 :
"Si ce que je suis pour vous m'effraie, ce que
je suis avec vous me rassure. Pour vous, en effet, je suis l'évêque;
avec vous je suis un chrétien. Evêque, c'est le titre d'une charge
que l'on assume. Chrétien, c'est le nom de la grâce (que l'on reçoit).
Titre périlleux. Nom salutaire."
33. (Les deux types d'apostolat des laïcs)
"... Les laïcs sont appelés tout spécialement à assurer
la présence et l'action de l'Eglise dans les lieux et les circonstances
où elle ne peut devenir autrement que par eux le sel de la terre.
Ainsi tout laïc, en vertu des dons qui lui ont
été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant
de la mission de l'Eglise elle-même "à la mesure du don du Christ"
(Eph. 4,7)
.....
Outre cet apostolat, qui concerne tous les chrétiens
sans exception, les laïcs peuvent encore, de diverses manières,
être appelés à coopérer plus immédiatement avec l'apostolat hiérarchique,
à la façon de ces hommes et de ces femmes qui étaient des auxiliaires
de l'apôtre Paul ... (cf. Phil 4,3 ; Rom 16)
Les § 34, 35, 36 décrivent la
participation des laïcs au sacerdoce commun des baptisés (Cf; LG
10) et aux fonctions prophètiques et royales du Christ (Cf. LG 9).
A noter au § 36 deux passages, l'un sur les biens de la Création,
l'autre en fin de paragraphe mentionne la liberté religieuse. Ces
deux passages anticipent sur deux autres documents du Concile, la
Constituttion pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps (Gaudium
et Spes) et la déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis
humanae) :
(Par rapport aux biens de la création, §36, 2ème alinea).
"Les fidèles doivent donc reconnaître la
nature profonde de toute la création, sa valeur et sa finalité qui
est la gloire de Dieu; ils doivent, aussi à travers les travaux
du siècle, s'aider mutuellement en vue d'une vie plus sainte, afin
que le monde s'imprègne de l'Esprit du Christ et atteigne plus efficacement
sa fin dans la justice, la charité et la paix. Dans l'accomplissement
de ce devoir, les laïcs ont la première place. Par leur compétence
dans les disciplines profanes et par leur activité que la grâce
du Christ éléve au dedans, qu'ils s'appliquent de toutes leurs forces
à obtenir que les biens créés soient cultivés dans l'intérêt d'absolument
tous les hommes, selon les fins du Créateur et l'illumination de
son Verbe, grâce au travail de l'homme, à la technique et à la culture
dans la cité, que ces biens soient mieux distribués entre les
hommes et qu'ils acheminent selon leur nature à un progrès universel
dans la liberté humaine et chrétienne. Ainsi, par les membres de
l'Eglise, le Christ éclairera de plus en plus la société humaine
tout entière de sa lumière qui sauve."
Que les laïcs, en outre, unissant leurs forces,
apportent aux institutions et aux conditions de vie dans le monde,
quand elles provoquent au péché, les assainissements convenables,
pour qu'elles deviennent toutes conformes aux règles de la justice
et favorisent l'exercice des vertus au lieu d'y faire obstacle ....
"En raison de l'économie elle-même du salut,
les fidèles doivent apprendre à distinguer avec soin entre les droits
et les devoirs qui leur incombent en tant que membre de l'Eglise
et ceux qui leur reviennent comme membre de la société humaine.
Qu'ils s'efforcent d'accorder les uns et les autres entre eux
...
De même, en effet, qu'il faut reconnaître à la
cité terrestre légitimement appliquée aux soucis du siècle, le droit
d'être réglée par ses principe, de même, c'est à juste titre qu'est
rejetée la doctrine néfaste qui prétend construire la société sans
aucune considération pour la religion, s'attaque à la liberté
religieuse des citoyens et l'élimine."
37. (Les relations entre laïcs et pasteurs)
Après avoir évoqué ce que doivent être ces relations,
ce paragraphe conclut :
"De ce commerce familier entre laïcs et pasteurs
il faut attendre pour l'Eglise toutes sortes de biens: par là en
effet s'affirme chez les laïcs le sens de leur responsabilité propre,
leur ardeur s'entretient et les forces des laïcs viennent plus facilemement
s'associer à l'action des pasteurs. Ceux-ci, avec l'aide de l'expérience
des laïcs, sont mis en état de juger plus distinctement et plus
exactement en matière spirituelle aussi bien que temporelle,
et c'est toute l'Eglise qui pourra ainsi, renforcée par tous
ses membres, remplir plus efficacement sa mission pour la vie
du monde."
Chapitre V : L'APPEL UNIVERSEL
À LA SAINTETE DANS L'EGLISE
39. (Introduction)
"L'Eglise, dont le saint Concile présente le
mystère, est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte.
.....
Aussi dans l'Eglise tous, qu'ils appartiennent
à la hiérarchie ou qu'ils soient régis par elle, sont appelés
à la sainteté ...
Cette sainteté de l'Eglise ... apparaît d'une
manière caractéristique dans la pratique des conseils qu'on
a coutume d'appeler évangéliques. Cette pratique des conseils, assumée
sous l'impulsion de l'Esprit-Saint par un grand nombre de chrétiens,
soit à titre privé, soit dans une condition ou un état sanctionnés
par l'Eglise, apporte dans le monde et doit y apporter un témoignage
et un exemple éclatant de cette sainteté.
40. L'appel universel à la sainteté
"Appelés par Dieu, non au titre de leurs oeuvres
mais au titre de son dessein et de sa grâce, justifiés en Jésus
notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus
dans le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature
divine et, par conséquent, réellement saints. Cette sanctification
qu'ils ont reçue, il leur faut donc avec la grâce de Dieu, la conserver
et l'achever par leur vie ... Cependant comme nous nous rendons
tous fautifs en bien des points (cf Jacques 3,2), nous avons
constamment besoin de la miséricorde de Dieu et nous devons
tous les jours dire dans notre prière :"pardonne nous nos offenses"
(Mat 6,12).
Le long paragraphe 41 décrit les formes multiples
d'exercice de la sainteté telle qu'elle doit être pratiquée par
les évêques, les prêtres, les diacres, les époux et parents chrétiens,
les laïcs, les veuves, les célibataires. Un avant-dernier alinea
cite "ceux sur qui pèsent la pauvreté, l'infirmité, la maladie,
les épreuves diverses, ou qui souffrent persécution pour la justice."
42. Conclusion du § et du chapitre V
"Tous les fidèles du Christ sont donc invités
et obligés à poursuivre la sainteté et la perfection de leur état.
Qu'ils veillent tous à régler comme il faut leurs affections (affectus)
pour que l'usage des choses du monde et un attachement aux richesses
contraire à l'esprit de pauvreté évangélique ne les détournent pas
de poursuivre la perfection de la charité; c'est l'avertissement
de l'Apôtre : ceux qui usent de ce monde, qu'ils ne s'y arrêtent
pas, car la figure de ce monde passe (cf. 1Cor. 7,31 grec)".
Chapitre VI : LES RELIGIEUX
44. (Importance de l'état religieux dans l'Eglise)
"La profession des conseils évangéliques apparaît
en conséquence comme un signe qui peut et doit exercer une influence
efficace sur tous les membres de l'Eglise dans l'accomplissement
courageux des devoirs de leur vocation chrétienne. En effet, comme
le peuple de Dieu n'a pas ici-bas de cité permanente, mais est en
quête de la cité future, l'état religieux, qui assure aux siens
une liberté plus grande à l'égard des charges terrestres, plus parfaitement
aussi manifeste aux yeux de tous les croyants les biens célestes
déjà présents en ce temps, atteste l'existence d'une vie nouvelle
et éternelle acquise par la Rédemption du Christ, annonce enfin
la résurrection à venir et la gloire du royaume des cieux" ...
L'état de vie constitué par la profession des conseils
évangéliques, s'il ne concerne pas la structure hiérarchique
de l'Eglise, appartient donc cependant inséparablement à sa vie
et à sa sainteté.
46. "Les religieux doivent tendre de tout
leur effort à ce que par eux, de plus en plus parfaitement et réellement,
l'Eglise manifeste le Christ aux fidèles et aux infidèles ...
"Que tous enfin considèrent que la profession
des conseils évangéliques, tout en comportant renonciation à
des biens qui mérite l'estime, ne fait nullement obstacle au
progrès de la personne humaine , mais au contraire de par sa nature
lui est du plus grand profit ...
"Nul ne doit penser que, par leur consécration,
les religieux deviennent étrangers aux hommes ou inutiles dans la
cité terrestre . Car s'ils ne sont pas toujours directement présents
aux côtés de leurs contemporains, ils leur sont présents plus profondément
dans le coeur du Christ, coopérant spirituellement avec eux pour
que la construction de la cité terrestre ait toujours son fondement
dans le Seigneur et soit orientée vers lui pour que ceux qui bâtissent
ne risquent pas de peiner en vain.
Chapitre VII : Le caractère
eschatologique de l'Eglise en marche et son union avec l'Eglise
du ciel
48. "...déjà les derniers temps sont arrivés
pour nous (1Cor 10,11). Le renouvellement du monde est irrévocablement
acquis, et, en toute réalité, anticipé dès maintenant : en effet
déjà sur la terre l'Eglise est parée d'une sainteté encore imparfaite
mais véritable. Cependant, jusqu'à l'heure où seront réalisés les
nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite (cf. 2
Pierre 3,13), l'Eglise en pélerinage (peregrinans)
porte dans ses sacrements et ses institutions qui relèvent de ce
temps, la figure du siècle qui passe; elle vit elle-même parmi les
créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de
l'enfantement et attendent la manifestation des fils de Dieu (cf.
Rom. 8,19-22).
49. (La communion entre l'Eglise du ciel et l'Eglise
de la terre)
"Ainsi donc en attendant que le Seigneur soit
venu dans sa majesté, accompagné de tous les anges (cf. Mat. 25,31)
et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis (cf. 1 Cor 15,
26-27), les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage;
d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore; d'autres enfin
sont dans la gloire contemplant, dans la pleine lumière, tel qu'il
est, le Dieu un en trois personnes".
Tous cependant, à des degrés et sous des formes
diverses, nous communions dans la même charité envers Dieu
et envers le prochain, chantant à notre Dieu le même hymne de gloire.
En effet, tous ceux qui sont du Christ possédent son Esprit, constituent
une seule Eglise et se tiennent mutuellement comme un tout dans
le Christ (cf. Eph. 4,16). Donc l'union de ceux qui sont encore
en chemin, avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du
Christ, n'est nullement interrompue; au contraire, selon la foi
constante de l'Eglise, cette union est renforcée par l'échange des
biens spirituels."
Etant en effet, plus proches du Christ, les habitants
du ciel contribuent à affermir toute l'Eglise et intercèdent pour
nous.
50. "Reconnaissant dès l'abord cette communion
qui existe à l'intérieur de tout le Corps mystique de Jésus-Christ,
l'Eglise en ses membres qui cheminent sur la terre a entouré de
beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps
du christianisme ....
Mais nous ne vénérons pas seulement au titre
de leurs exemple la mémoire des habitants du ciel ; nous cherchons
bien davantage par là à renforcer l'union de toute l'Eglisse dans
l'Esprit grâce à l'exercice de la charité fraternelle (cf. Eph 4,1-6).
Car tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous
approche d eplus près du Christ, ainsi la communauté avec les
saints nous unit au Christ, de qui découlent, comme de leur
source et de leur tête, toute grâce et la vie du peuple de ...Dieu
lui-même.
51. (Directives pastorales)
"Cette foi de nos pères en la communion de vie qui
existe avec nos frères déjà en possesion de la gloire céleste, ou
en voie de purification après leur mort, le saint Concile la recueille
avec grande piété; il propose à nouveau les décrets des saints conciles
: le deuxième de Nicée, celui de Florence et celui de Trente[1]
...
Suit une demande aux responsables d'enseigner
le "culte authentique des saints" en montrant aux fidèles
que ce culte "loin de diminuer le culte d'adoration rendu à
Dieu le Père par le Christ dans l'Esprit, l'enrichit au contraire
plus généreusement".
En effet lorsque la charité mutuelle et la louange
unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns
aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ
qu'une seule famille (cf. Heb 3,6), nous répondons à la vocation
profonde de l'Eglise et nous prenons par avance une part déjà
savoureuse à la liturgie de la gloire parfaite."
Chapitre VIII : La bienheureuse
Vierge MARIE, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l'Eglise
I - INTRODUCTION
L'introduction présente Marie dans le dessein de
Dieu (§52), à la fois Mère du Fils de Dieu et Mère des membres du
Christ (§53), puis le §54 précise l'intention limitée du Concile
:
53. (La sainte Vierge et l'Eglise)
"La Vierge Marie en effet, qui, lors de l'Annonciation
faite par l'ange, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cur
et dans son corps, et présenta au monde la Vie, est reconnue et
honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur.
Rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils,
unie à lui par un lien étroit et indissoluble, elle reçoit cette
immense charge et dignité d'être la Mère du Fils de Dieu et,
par conséquent la fille de prédilection du Père et le sanctuaire
du Saint-Esprit, don d'une grâce exceptionnelle qui la met
bien loin au-dessus de toute les créatures dans le ciel et
sur la terre.
Mais elle se trouve aussi, comme descendante
d'Adam, réunie à l'ensemble de l'humanité qui a besoin de salut
; bien mieux, elle est vraiment "Mère des membres (du Christ) ...ayant
coopéré par sa charité à la naissance dans l'Eglise des fidèles
qui sont membres de ce Chef".
C'est pourquoi, encore, elle est saluée comme
un membre suréminent et absolument unique de l'Eglise, modèle
et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et la charité,
objet de la part de l'Eglise catholique, instruite par l'Esprit-Saint,
d'un sentiment filial de piété, comme il convient pour une mère
très aimante.
54. (Intention du Concile)
"Aussi, présentant la doctrine de l'Eglise en
laquelle le divin Rédempteur opère notre salut, le saint Concile
se propose de mettre avec soin en lumière, d'une part, le rôle
de la bienheureuse Vierge dans le mystère du Verbe incarné et du
Corps mystique, et d'autre part, les devoirs des hommes rachetés
envers la Mère de Dieu, Mère du Christ et Mère des hommes, des croyants
en premier lieu; le Concile toutefois n'a pas l'intention de
faire au sujet de Marie un exposé doctrinal complet, ni de trancher
les questions que le travail des théologiens n'a pu encore amener
à une lumière totale; Par conséquent, demeurent légitimes les opinions
qui sont librement proposées dans les écoles catholiques au sujet
de celle qui occupe dans la Sainte Eglise la place la plus élevée
au-dessous du Christ et nous est toute proche.
II - ROLE DE LA BIENHEUREUSE
VIERGE DANS L'ECONOMIE DU SALUT
Les § 55 à 60 donnent une sorte de
biographie de Marie à partir des sources bibliques. Le § 55 se fonde
sur la lecture chrétienne de l'Ancien Testament (Cf Dei Verbum §16)
qui interprète certains textes, en particulier la prophétie de l'Emmanuel
(Is 7,14), comme désignant prophétiquement la vierge Marie. Les
§ 56 à 59 s'appuient sur les données du Nouveau Testament, les seules
que nous possédions sur Marie. Cette sobriété bibliqueest marquée
par la visée cumènique du Concile.
La fin du § 59 évoque briévement les deux dogmes
mariaux : Marie conçue sans péché et élevée corps et âme à la gloire
du ciel[2]
:
" .. la Vierge immaculée, préservée par Dieu de
toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de
sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et
exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être plus
entièrement conforme à son Fils, Seigneur des Seigneurs (cf. Apoc.
19,16), victorieux du péché et de la mort."
III - LA BIENHEUREUSE VIERGE
ET L'EGLISE
60. (Marie, servante du Seigneur)
"Unique est notre Médiateur selon les paroles
de l'Apôtre : "Car il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'un médiateur
entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est
donné en rançon pour tous" (1 Tim 2,5-6). Mais le rôle maternel
de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette
unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.
C'est ce que montre la suite du paragraphe,
montrant comment Marie "apporta à l'uvre du Sauveur une
coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi,
son éspérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes
la vie surnaturelle. C'est pourquoi, elle est devenue pour nous,
dans l'ordre de la grâce, notre Mère.
62. Quels que soient les titres (d'avocate,
d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice) sous lesquels Marie
est invoquée, ce paragraphe insiste sur son rôle "subordonné"
par rapport au Christ : "Aucune créature en effet ne peut jamais
être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur."
63. (Marie, modèle de l'Eglise)
"La bienheureuse Vierge, de par le don et la
charge de sa maternité qui l'unissent à son fils, le Rédempteur,
et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont siennes,
se trouve également en intime union avec l'Eglise : de l'Eglise
selon l'enseignement de saint Ambroise[3],
la Mère de Dieu est le modèle dans l'ordre de la foi, de la charité
et de la parfaite union au Christ. En effet, dans le mystère de
l'Eglise, qui reçoit elle aussi, à juste titre, le nom de Mère et
de Vierge, la Vierge Marie occupe la première place ......
IV - LE CULTE DE LA BIENHEUREUSE
VIERGE DANS L'EGLISE
66. "... Depuis les temps les plus reculés,
la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de "Mère de Dieu"
...Surtout depuis le Concile d'Ephèse[4],
le culte du peuple de Dieu envers Marie a connu un merveilleux accroissement
... Ce culte, tel qu'il a toujours existé dans l'Eglise, présente
un caractère absolument unique; mais il n'en est pas moins essentiellement
différent du culte d'adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi
qu'au Père et à l'Esprit-Saint; il est éminemment apte à le servir.
67. Ce paragraphe recommande une certaine
sobriété dans le culte de Marie "dont le rôle et les privilèges
sont toujours orientés vers le Christ".
69. "Le saint Concile trouve une grande joie
et consolation au fait que parmi nos frères séparés, il n'en manque
pas qui rendent à la Mère du Seigneur et Sauveur l'honneur qui lui
est dû, chez les Orientaux en particulier ...
Que tous les chrétiens adressent à la Mère de
Dieu et des hommes d'instantes supplications , afin qu'après avoir
assisté de ses prières l'Eglise naissante, maintenant encore, exaltée
dans le ciel, au dessus detous les bienheureux et des anges, elle
continue d'intercéder près de,son Fils dans la communion de tous
les saints, jusqu'à ce que toutes les familles des peuples, qu'ils
soient déjà marqués du beau nom de chrétiens ou qu'ils ignorent
encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassemblés dans la
paix et la concorde en un seul peuple de Dieu à la gloire de la
très sainte et indivisible Trinité[5]
.
[1]
Nicée II (787), contre les iconoclastes, définit et réglemente le
culte des images. Distinguant l'adoration due à Dieu et la vénération
des images, il en déclare le culte légitime, tout comme celui des
saints.
Florence (1439-1443) . Le concile de Bâle (1431) se
déplaça successivement à Ferrare , Florence et enfin Rome (1443-1445).
[2]
Le dogme de l'Immaculée conception (Marie préservée par Dieu de
toute atteinte de la faute originelle) fût proclamé par Pie IX le
8 décembre 1854. Celui de l'Assomption (Marie élevée corps et âme
à la gloire du ciel) par Pie XII le 1er nov. 1950. On sait que ces
deux dogmes mariaux font difficulté dans le dialogue cuménique,
en particulier avec nos frères protestants et anglicans, quelle
que soit, par ailleurs, leur piété envers Marie.
[3]
Evêque de Milan au IVème siècle (vers 340-397). C'est l'un des quatre
grands docteurs de l'Eglise latine. Ses uvres sont toutes
issues de préoccupations pastorales. Il aida Augustin dans sa conversion
et c'est lui qui le baptisa.
[4]
Concile d'Ephèse (431). Il déposa Nestorius, patriarche de Constantinople
qui niait que Marie fut Mère de Dieu (Theotokos)
[5]
Cette finale fait écho au début de Lumen gentium , fin du
§ 4, citant saint Cyprien : "Ainsi l'Eglise universelle apparait
comme un "peuple qui tire son unité de l'unité du Père et du Fils
et de l'Esprit-Saint".
Le mystère de l'Eglise est à comprendre en référence
à celui de la Trinité.