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LE CONCILE
VATICAN II
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JEUDI 21 NOVEMBRE 2002
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TEXTE 8
Constitution sur LA SAINTE LITURGIE
(Sacrosanctum Concilium)
(Extraits)
La constitution sur la Liturgie
fut la première élaborée par le Concile et promulguée par le pape
Paul VI à la fin de la 2ème session du Concile, le 4 décembre 1963.
On peut regretter que cette constitution, élaborée au début du concile,
n'ait pu bénéficier des approfondissements apportés ultèrieurement
par les réflexions du Concile sur l'Eglise et sa mission.
Après un premier chapitre sur "Les principes généraux pour
la restauration et le progrès de la liturgie" (chapitre dont sont
tirés la plupart des extraits ci-dessous), la constitution porte
successivement sur le mystère de l'eucharistie (Ch. 2), les autres
sacrements et les sacramentaux (Ch. 3), l'office divin (Ch. 4),
l'année liturgique (Ch. 5), la musique sacrée (Ch.6), l'art sacré
et le matériel du culte (Ch. 7).
Comme prévu, elle donnera lieu à une refonte du Missel romain
(1969) puis du Bréviaire (1971). Le maître mot de cette constitution
est celui de "participation" des fidèles à la liturgie en
vue d'une une meilleure intelligence de la liturgie comme lieu
essentiel où se célébre le mystère de la foi.
Chapitre I : Principes généraux
pour la restauration et le progrès de la liturgie
7. (Présence du Christ dans la liturgie)
"...Le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout
dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice
de la messe, et dans la personne du ministre, "le même offrant maintenant
par le ministère des prêtres, qui s'offrit alors lui-même sur la
croix" et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques.
Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que,
lorsque quelqu'un baptise, c'est le Christ lui-même qui baptise.
Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis
qu'on lit dans l'Eglise les saintes Ecritures. Enfin il est
là présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes, lui
qui a promis : "là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom,
je suis là, au milieu d'eux".
9. "La liturgie ne remplit pas toute l'activité
de l'Eglise; car avant que les hommes puissent accéder à la liturgie,
il est nécessaire qu'ils soient appelés à la foi et à la conversion
...
10. "...la liturgie est le sommet auquel
tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source d'où
découle toute sa vertu.
" ... C'est donc de la liturgie et principalement de
l'Eucharistie, comme d'une source, que la grâce découle en nous
et que l'on obtient avec le maximum d'efficacité cette sanctification
des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent,
comme leur fin, toutes les autres uvres de l'Eglise ."
11. Mais, pour obtenir cette pleine efficacité,
il est nécessaire que les fidèles accèdent à la liturgie avec les
dispositions d'une âme droite, qu'ils harmonisent leur âme avec
leur voix, et qu'ils coopèrent à la grâce d'en-haut pour ne pas
recevoir celle-ci en vain. C'est pourquoi les pasteurs doivent être
attentifs à ce que, dans l'action liturgique, non seulement on observe
les lois d'une célébration valide et licite, mais aussi à ce que
les fidèles participent à celle-ci de façon consciente, active
et fructueuse.
21. Pour que le peuple chrétien obtienne plus
sûrement des grâces abondantes dans la liturgie, la sainte Mère
l'Eglise veut travailler sérieusement à la restauration générale
de la liturgie elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable,
celle qui est d'institution divine, et des parties sujettes au changement
qui peuvent varier au cours des âges ou même le doivent, s'il
s'y est introduit des éléments qui correspondent mal à la nature
intime de la liturgie elle-même, ou si ces parties sont devenues
inadaptées."
Le Concile donne alors un certain nombre de
normes pour guider cette restauration, en particulier :
23 "... on ne fera des innovations que si l'utilité
de l'Eglise les exige vraiment et certainement, et après s'être
bien assuré que les formes nouvelles soient des formes déjà existantes
par un développement en quelque sorte organique.
26. "Les actions liturgiques ne sont pas des actions
privées, mais des célébrations de l'Eglise qui est "sacrement
de l'unité", c'est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous
l'autorité des évêques. C'est pourquoi elles appartiennent au corps
tout entier de l'Eglise, elles le manifestent et elles l'affectent
(afficiunt) ; mais elles atteignent chacun de ses membres
de façon diverse, selon la diversité des ordes, des fonctions et
de la participation."
27. "Chaque fois que les rites, selon la nature
propre de chacun, comportent une célébration commune, avec fréquentation
et participation active des fidèles, on soulignera que celle-ci,
dans la mesure du possible, doit l'emporter sur leur célébration
individuelle et quasi privée.
Cela vaut surtout pour la célébration de la messe (bien
que la messe garde toujours sa nature publique et sociale), et pour
l'administration des sacrements."
34. "Les rites manifesteront une noble simplicité,
seront transparents du fait de leur brièveté et éviteront les
répétitions inutiles; ils seront adaptés à la capacité des fidèles
et, en général, il n'y aura pas besoin de nombreuses explications
pour les comprendre."
36. (La langue liturgique)
" § 1. L'usage de
la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les
rites latins.
§ 2.
Toutefois, soit dans la messe, soit dans l'administration des sacrements,
soit dans les autres parties de la liturgie, l'emploi de la langue
du pays peut être souvent très utile pour le peuple. On pourra donc
lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et
les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants conformément
aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres
suivants, pour chaque cas.
§
3. Ces normes étant observées, il revient à l'autorité écclésiastique
qui a compétence sur le territoire...de statuer si on emploie la
langue du pays et de quelle façon, en faisant agréer, c'est-à-dire
ratifier, ses actes par le siège apostolique.
37. "L'Eglise, dans les domaines qui ne touchent
pas la foi ou le bien de toute la communauté, ne désire pas, même
dans la liturgie, imposer la forme rigide d'un libellé unique :
bien au contraire elle cultive les qualités et les dons des divers
peuples et elle les développe... "
La fin du chapitre donne des directives sur le
développement de la vie liturgique dans le diocèse et la paroisse.
Chapitre II :Le mystère
de l'Eucharistie
48 "...L'Eglise se soucie d'obtenir que
les fidèles n'assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs
étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites
et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement
à l'action sacrée, soient formés par la parole de Dieu, se restaurent
à la table du corps du Christ, rendent grâce à Dieu; qu'offrant
la victime sans tâche, non seulement par les mains du prêtre, mais
aussi ensemble avec lui, ils apprennent à s'offrir eux-mêmes et,
de jour en jour, soient consumés, par la médiation du Christ, dans
l'unité avec Dieu et entre eux pour que, finalement, Dieu soit tout
en tous.
(Suivent, §49 à 58, différentes mesures "afin
que le sacrifice de la messe, même par sa forme rituelle, obtienne
une plus grande efficacité pastorale", notamment "à l'égard
des messes qui se célébrent avec le concours du peuple, surtout
les dimanches et fêtes de précepte".
50. (Révision de l'ordinaire de la messe)
"Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se
manifestent plus clairement le rôle propre ainsi que la connexion
mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la
participation pieuse et active des fidèles.
Aussi, en gardant fidèlement la substance des rites,
on les simplifiera; on omettra ce qui, au cours des âges, a été
redoublé ou a été ajouté sans grande utitlité ; on rétablira, selon
l'ancienne norme des saints Pères, certaines choses qui ont disparu
sous les atteintes du temps, dans la mesure où cela apparaîtra opportun
ou nécessaire."
Parmi les mesures ainsi préconisées, soulignons
la place donnée à la "table de la parole de Dieu" (§51) et
à l'homélie (§52), la prière commune ou "prière des fidèles"
(§53), les conditions d'usage de la langue du pays (§54), la
participation à la communion (§55), l'union entre les deux parties
dela messe (liturgie de la parole et liturgie eucharistique, ce
qui implique de "participer à la messe entière" (§ 56), enfin
l'extension de la concélébration (§57). A propos de la communion
:
55. "On recommande fortement cette parfaite
participation à la messe qui consiste en ce que les fidèles , après
la communion du prêtre, reçoivent le Corps du Seigneur avec des
pains consacrés à ce même sacrifice."
Chapitre III : Les autres
sacrements et les sacramentaux
62. "... Au cours des âges sont entrés dans
les rites des sacrements et des sacramentaux, des éléments qui à
notre époque, ne permettent pas d'en voir assez clairement la nature
et la fin ; il est donc besoin d'y opérer certaines adaptations
aux nécessités de notre temps et le saint Concile décrète ce
qui suit au sujet de leur révision.
Suit une série de paragraphes qui, après avoir
recommandé et précisé les conditions d'utilisation de la langue
du pays (§63), énumèrent les révisions à apporter aux rites des
différents sacrements et sacramentaux, en particulier le rite des
funérailles (§81-82) "qui devra exprimer de façon plus manifeste
le caractère pascal de la mort chrétienne". On notera (§64) le
rétablissement du catéchuménat des adultes.
La constitution s'achève avec l'examen de l'office divin (Ch. IV),
de l'année liturgique (Ch. V), de la musique sacrée (Ch. VI) et
enfin de l'art sacré et du matériel du culte (Ch. VII).