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LE CONCILE
VATICAN II
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JEUDI 30 JANVIER 2003
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Document 17
PACEM IN TERRIS
Lettre encyclique sur la paix entre les nations
fondée sur la vérité, la justice, la charité, la liberté
(11 avril 1963)
9. Le fondement de toute société bien ordonnée
et féconde, c'est le principe que tout être humain est une personne,
c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de volonté libre.
Par là même il est sujet de droits et de devoirs, découlant les
uns des autres, ensemble et immédiatement de sa nature: aussi sont-il
universels, inaliènables.
14. Chacun a le droit d'honorer Dieu suivant
la juste règle de la conscience et de professer sa religion dans
la vie privée et publique. (...) A ce sujet, notre prédécesseur
d'immortelle mémoire, Léon XIII, affirmait : "Cette liberté véritable,
réelleemnt digne des enfants de Dieu, qui sauvegarde comme il faut
la noblesse de la personne humaine, prévaut contre toute violence
et toute injuste tentative ; l'Eglise l'a toujours demandée, elle
n'a jamais rien eu de plus cher. Constamment les apôtres ont revendiqué
cette liberté-là, les Apologistes l'ont justifié dans leurs écrits
, les Martyrs en foule l'ont consacré de leur sang."
34. La dignité de la personne humaine
exige que chacun agisse suivant une détermination consciente et
libre. Dans la vie de société c'est surtout de décision personnelle
qu'il faut attendre le respect des droits, l'accomplissement des
obligations, la coopération à une foule d'activités. L'individu
devra y être mû par conviction personnelle, de sa propre initiative,
par son sens des responsabilités, et non sous l'effet d'une contrainte
ou de pressions extérieures. Une société fondée uniquement sur
des rapports de force n'aurait rien d'humain : Elle comprimerait
nécessaireemnt la liberté des hommes, au lieu d'aider et d'encourager
ceux-ci à se développer et se perfectionner.
58. Ces principes (concernant le bien commun)
sont en parfaite harmonie avec ce que Nous avons exposé dans
Notre encyclique Mater et magistra : le bien commun
"embrasse l'ensemble des conditions de vie en société qui permettent
à l'homme d'atteindre sa perfection propre de façon plus complète
et plus aisée."
62. C'est donc là un devoir fondamental des
pouvoirs publics d'ordonner les rapports juridiques des citoyens
entre eux, de manière que l'exercice des droits chez les uns n'empêche
pas ou ne compromette pas chez les autres le même usage, et s'accompagne
de l'accomplisseemnt des devoirs correspondants. Il s'agit enfin
de maintenir l'intégrité des droits pour tout le monde et de la
rétablir en cas de violation.
158. C'est justice de distinguer toujours
entre l'erreur et ceux qui la commettent, même s'il s'agit d'hommes
dont les idées fausses ou l'insuffisance des notions concernent
la religion ou la morale. L'homme égaré dans l'erreur reste toujours
un être humain et conserve sa dignité de personne à laquelle
il faut toujours avoir égard. Jamais non plus l'être humain ne perd
le pouvoir de se libérer de l'erreur et de s'ouvrir un chemin vers
la vérité. (...).
159. De même, on ne peut identifier de fausses
théories philosophiques sur la nature, l'origine et la finalité
du monde et de l'homme, avec des mouvements historiques fondés dans
un but économique, social, culturel ou politique, même si ces derniers
ont dû leur origine et puisent encore leur inspiration dans ces
théories. Une doctrine une fois fixée et formulée, ne change plus,
tandis que des mouvements ayant pour objet des conditions concrètes
et changeantes de la vie ne peuvent pas ne pas être largement influencés
par cette évolution. Du reste dans la mesure où ces mouvements sont
d'accord avec les sains principes de la raison et répondent aux
justes aspirations de la personne humaine, qui refuserait d'y reconnaître
des éléments positifs et dignes d'approbation ?
