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LE CONCILE VATICAN II
JEUDI 06 FÉVRIER 2003

  JM.VEZIN

VATICAN II
Mise en œuvre du Concile. Conclusions


Mise en œuvre du Concile. Le 8 décembre 1965, le Concile s'achève et les évêques qui, sous le souffle de l'Esprit, avaient vécu la dynamique conciliaire (à l'ouverture du Concile, ils ne savaient pas réellement ce qui allait se passer) reviennent dans leurs diocèse, - des diocèses où l'on n'était pas vraiment " au courant ". Le Concile restait donc " à recevoir " par le peuple de Dieu ; or des textes ne suffisent pas à faire automatiquement évoluer des mentalités ; par ailleurs les difficultés entraînées par l'application de la constitution sur la liturgie tendaient à occulter les autres enjeux du Concile.

Néanmoins les " mises en œuvre " furent nombreuses (cf. document 19) : missel romain de Paul VI, nouveau bréviaire, réforme des droits canoniques, réforme et internationalisation de la Curie romaine, mise en place du synode des évêques, place des conférences épiscopales, nationales ou régionales. En revanche, il y eut, en 1988 (date de l'ordination d'évêques), le schisme de Mgr Lefebvre, dû surtout à des désaccords sur la notion de collégialité, sur l'œcuménisme, sur le dialogue avec les religions non chrétiennes, sur la liberté religieuse… (il faut malheureusement rappeler que, parfois, des schismes suivent certains conciles, tels que celui des Eglises non chalcédoniennes à la suite du Concile de Chalcédoine (451), ou des Vieux Catholiques après Vatican I). Par ailleurs divers textes ultérieurs du Magistère apparurent en retrait par rapport au Concile.

L'une des novations les plus importantes fut, cependant, la création par Paul VI, dans un tonnerre d'applaudissements, du synode des évêques. Sans doute n'était-ce pas un synode permanent, mais seulement un organe consultatif se réunissant au départ tous les trois, ensuite tous les cinq ans ; mais il traduisait l'une des idées fortes du Concile, celle de la collégialité, qui vient de ce que chaque évêque tient son " pouvoir " du Christ, et non du pape. Le synode de 1974 fut consacré à l'évangélisation : après les textes conciliaires sur l'œcuménisme, sur les relations avec les autres religions, sur la liberté religieuse, la " mission " se posait en effet en termes nouveaux ; par ailleurs cette mission n'avait-elle pas à être entreprise aussi " chez nous " ? Les travaux du synode n'aboutirent pas réellement, mais ils furent repris dans un grand texte de Paul VI, l'" exhortation " Evangelii nuntiandi (cf. document 20). Un autre synode important fut celui de 1985, destiné à faire le point sur la réception du Concile vingt ans après, dans un contexte où certains lui attribuaient les difficultés rencontrées par l'Eglise (à tort car, par exemple, la chute des vocations avait commencé bien avant). Les recommandations de ce synode (cf. document 21) furent de prendre connaissance de l'ensemble des documents conciliaires et non seulement de certains, mais en privilégiant les quatre " constitutions " ; de ne pas dissocier l'approche pastorale de l'approche doctrinale ; de voir le Concile non comme une rupture mais comme s'intégrant dans la Tradition. Il soulignait aussi la nécessité de comprendre l'Eglise comme communion (de même qu'il y a communion entre les personnes de la Trinité). Le synode de 2001, dans un contexte où la tendance était à la recentralisation romaine, a porté sur les évêques, les Eglises locales et la collégialité.

Conclusions. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est relire les textes : le Père de Lubac disait qu'il y a ceux qui sont contre ces textes, ceux qui sont pour, mais ce qu'ils ont en commun, c'est qu'ils ne les ont pas lus ! Les textes majeurs sont Lumen Gentium sur l'Eglise, texte qui constitue la " colonne vertébrale " du Concile dans la mesure où il est repris et explicité dans la plupart des autres documents ; Dei Verbum sur la Révélation divine, et sur les rapports entre la Parole de Dieu (remise au premier plan), la Tradition et le magistère ; Dignitatis humanae, sur la liberté religieuse et le rôle des pouvoirs publics, non pour prendre position sur telle ou telle religion mais pour permettre cette liberté ; Gaudium et Spes sur l'Eglise dans le monde de ce temps, dont cependant certains textes de la deuxième partie datent déjà un peu ; Sacrosanctum Concilium sur la liturgie.

Les textes de Jean-Paul II repris dans le document 22 récapitulent ce qu'a été le travail du Concile. Mais que peut-on en dire aujourd'hui ? L'attitude " le Concile, rien que le Concile " ne saurait conduire à faire n'importe quoi au nom de la lettre ou de l'esprit du Concile. S'il y a eu aggiornamento d'une Eglise qui était déchirée dans ses relations avec le monde, ce n'a pas été, comme on l'a prétendu, pour se " coucher " devant le monde, mais bien pour être mieux à même de l'évangéliser. Vatican II a-t-il été une nouvelle Pentecôte ? Il a, de fait, porté beaucoup de fruits ; l'Eglise s'est profondément réformée ; sur beaucoup de sujets, c'était la première fois que s'exprimait un Concile : sur l'Eglise elle-même, sur l'œcuménisme, sur le dialogue inter-religieux, sur la liberté religieuse. Il s'inscrit dans la tradition profonde de l'Eglise, la Tradition apostolique (et non les traditions ecclésiastiques), et il a cherché, tout en s'inscrivant à un moment de l'histoire, à parler le langage de l'Evangile.

Annexes :
Document 19 : La mise en œuvre du Concile (Chronologie)
Christus Dominus : Un souhait de Vatican II
Document 20 : Exhortation apostolique de sa sainteté le pape Paul VI à l'Episcopat, au clergé, et aux fidèles de toutes les églises sur l'Evangélisation dans le monde moderne.
Document 21 : Bilan du Concile 20 ans après : Le synode extraordinaire de 1985.
Document 22 : Extraits de lettres de Jean Paul II