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JM.VEZIN |
VATICAN
II
Mise en œuvre du Concile. Conclusions
Mise en œuvre du Concile. Le 8 décembre
1965, le Concile s'achève et les évêques qui, sous le souffle
de l'Esprit, avaient vécu la dynamique conciliaire (à l'ouverture
du Concile, ils ne savaient pas réellement ce qui allait se
passer) reviennent dans leurs diocèse, - des diocèses où l'on
n'était pas vraiment " au courant ". Le Concile restait donc
" à recevoir " par le peuple de Dieu ; or des textes ne suffisent
pas à faire automatiquement évoluer des mentalités ; par ailleurs
les difficultés entraînées par l'application de la constitution
sur la liturgie tendaient à occulter les autres enjeux du
Concile.
Néanmoins les " mises en œuvre " furent
nombreuses (cf. document
19) : missel romain de Paul VI, nouveau bréviaire,
réforme des droits canoniques, réforme et internationalisation
de la Curie romaine, mise en place du synode des évêques,
place des conférences épiscopales, nationales ou régionales.
En revanche, il y eut, en 1988 (date de l'ordination d'évêques),
le schisme de Mgr Lefebvre, dû surtout à des désaccords sur
la notion de collégialité, sur l'œcuménisme, sur le dialogue
avec les religions non chrétiennes, sur la liberté religieuse…
(il faut malheureusement rappeler que, parfois, des schismes
suivent certains conciles, tels que celui des Eglises non
chalcédoniennes à la suite du Concile de Chalcédoine (451),
ou des Vieux Catholiques après Vatican I). Par ailleurs divers
textes ultérieurs du Magistère apparurent en retrait par rapport
au Concile.
L'une des novations les plus importantes
fut, cependant, la création par Paul VI, dans un tonnerre
d'applaudissements, du synode des évêques. Sans doute n'était-ce
pas un synode permanent, mais seulement un organe consultatif
se réunissant au départ tous les trois, ensuite tous les cinq
ans ; mais il traduisait l'une des idées fortes du Concile,
celle de la collégialité, qui vient de ce que chaque évêque
tient son " pouvoir " du Christ, et non du pape. Le synode
de 1974 fut consacré à l'évangélisation : après les textes
conciliaires sur l'œcuménisme, sur les relations avec les
autres religions, sur la liberté religieuse, la " mission
" se posait en effet en termes nouveaux ; par ailleurs cette
mission n'avait-elle pas à être entreprise aussi " chez nous
" ? Les travaux du synode n'aboutirent pas réellement, mais
ils furent repris dans un grand texte de Paul VI, l'" exhortation
" Evangelii nuntiandi (cf. document
20). Un autre synode important fut celui de 1985,
destiné à faire le point sur la réception du Concile vingt
ans après, dans un contexte où certains lui attribuaient les
difficultés rencontrées par l'Eglise (à tort car, par exemple,
la chute des vocations avait commencé bien avant). Les recommandations
de ce synode (cf. document
21) furent de prendre connaissance de l'ensemble des
documents conciliaires et non seulement de certains, mais
en privilégiant les quatre " constitutions " ; de ne pas dissocier
l'approche pastorale de l'approche doctrinale ; de voir le
Concile non comme une rupture mais comme s'intégrant dans
la Tradition. Il soulignait aussi la nécessité de comprendre
l'Eglise comme communion (de même qu'il y a communion entre
les personnes de la Trinité). Le synode de 2001, dans
un contexte où la tendance était à la recentralisation romaine,
a porté sur les évêques, les Eglises locales et la collégialité.
Conclusions. Aujourd'hui, ce
qu'il faut, c'est relire les textes : le Père de Lubac disait
qu'il y a ceux qui sont contre ces textes, ceux qui sont pour,
mais ce qu'ils ont en commun, c'est qu'ils ne les ont pas
lus ! Les textes majeurs sont Lumen Gentium sur l'Eglise,
texte qui constitue la " colonne vertébrale " du Concile dans
la mesure où il est repris et explicité dans la plupart des
autres documents ; Dei Verbum sur la Révélation divine,
et sur les rapports entre la Parole de Dieu (remise au premier
plan), la Tradition et le magistère ; Dignitatis humanae,
sur la liberté religieuse et le rôle des pouvoirs publics,
non pour prendre position sur telle ou telle religion mais
pour permettre cette liberté ; Gaudium et Spes sur
l'Eglise dans le monde de ce temps, dont cependant certains
textes de la deuxième partie datent déjà un peu ; Sacrosanctum
Concilium sur la liturgie.
Les textes de Jean-Paul II repris dans
le document 22
récapitulent ce qu'a été le travail du Concile. Mais que peut-on
en dire aujourd'hui ? L'attitude " le Concile, rien que le
Concile " ne saurait conduire à faire n'importe quoi au nom
de la lettre ou de l'esprit du Concile. S'il y a eu aggiornamento
d'une Eglise qui était déchirée dans ses relations avec le
monde, ce n'a pas été, comme on l'a prétendu, pour se " coucher
" devant le monde, mais bien pour être mieux à même de l'évangéliser.
Vatican II a-t-il été une nouvelle Pentecôte ? Il a, de fait,
porté beaucoup de fruits ; l'Eglise s'est profondément réformée
; sur beaucoup de sujets, c'était la première fois que s'exprimait
un Concile : sur l'Eglise elle-même, sur l'œcuménisme, sur
le dialogue inter-religieux, sur la liberté religieuse. Il
s'inscrit dans la tradition profonde de l'Eglise, la Tradition
apostolique (et non les traditions ecclésiastiques), et il
a cherché, tout en s'inscrivant à un moment de l'histoire,
à parler le langage de l'Evangile.