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LE
CONCILE VATICAN II
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JEUDI 06 FÉVRIER
2003
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Document 21
BILAN DU CONCILE 20
APRES :
LE SYNODE EXTRAORDINAIRE DE 1985
Faisant le bilan du Concile 20
ans après, le synode remarque que celui-ci a trop souvent fait
l'objet d'une lecture incomplète et selective, et que sa réception
doit être approfondie . À cet effet, le synode insiste
sur quatre points :
- une prise de connaissance de tous les documents , dont les
propositions sont liées entre elles d'un document à l'autre,
- une attention spéciale aux quatre Constitutions (Dei Verbum,
Lumen Gentium, Sacrosanctum Concilium, Gaudium et Spes), qui
sont la clé d'interprétation des autres décrets et déclarations,
- la nécessité de ne pas céder à la tentation de dissocier la
nature pastorale et doctrinale des textes,
- enfin le souci de comprendre le Concile tout à la fois en
continuité avec la grande Tradition de l'Eglise et en même temps
comme une lumière pour l'Eglise d'aujourd'hui et les hommes
de notre temps.
(...)
Analysant les 20 années passées, le synode note :
"Si grands qu'aient été les fruits du Concile, nous
avons reconnu avec une grande sincérité des carences et des
difficultés dans la réception du Concile.
Il y a eu des ombres dues soit à une compréhension et
une application défectueuses, soit à d'autres causes, mais d'aucune
manière on ne peut soutenir que tout ce qui s'est produit après
le Concile s'est produit à cause du Concile."
La compréhension de l'Eglise comme communion
Un des apports importants de
ce synode a été de mettre en valeur la compréhension de l'Eglise
comme "communion". Si les textes du Concile n'explicitent guère
cette notion, le synode montre pourtant que "L'ecclésiologie
de communion est le concept central et fondamental dans les
documents du Concile". Cette communion étant à comprendre
en relation avec celle qui unit les personnes de la Trinité.
Aux paragraphes 18 à 20 de l'exhortation intitulée
"Christi fideles laïci" (Les fidèles laïcs), publiée le 30 décembre
1988, Jean Paul II, se référant explicitement au synode de 1985,
donne une synthèse du document final (relatio finalis) de ce
synode sur la compréhension de l'Eglise comme communion. C'est
cette synthèse qui est citée ci-dessous :
"Cette communion est le mystère même de
l'Eglise, comme le rappelle le Concile Vatican II, par le mot
bien connu de saint Cyprien : L'Eglise universelle apparaît
comme "un peuple qui tire son unité de l'unité du Père et du
Fils et de l'Esprit Saint" (LG §4). Ce mystère de l'Eglise-Communion
nous est rappelé au début de la célébration eucharistique, quand
le prêtre nous accueille par le salut de l'apôtre Paul :"Que
la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion
de l'Esprit-Saint soit toujours avec vous tous " (2 Co 13,13).
(...)
Telle est effectivement l'idée centrale que l'Eglise
a remise en lumière pour se définir elle-même dans le Concile
Vatican II, comme nous l'a rappelé le synode extraordinaire
de 1985, qui s'est tenu 20 ans après le Concile : "L'ecclésiologie
de communion est l'idée centrale et fondamentale des documents
du concile. La koinonia-communion fondée sur la Sainte
Ecriture, est mise en honneur dans l'Eglise primitive, et dans
les Eglises orientales jusqu'à nos jours. Voilà pourquoi le
Concile Vatican II a travaillé intensément afin que l'Eglise
soit plus clairement conçue comme une communion et que ce concept
soit traduit concrètement dans la vie.
Que signifie donc ce mot complexe de "communion" ? Il
s'agit fondamentaleemnt de la communion avec Dieu par l'intermédiaire
de Jésus-Christ, dans l'Esprit Saint. Cette communion s'obtient
par la parole de Dieu et les sacrements. Le Baptême est la porte
et le fondement de la communion dans l'Eglise. L'Eucharistie
est la source et le sommet de toute vie chrétienne (LG 11).
La communion au Corps eucharistique du Christ signifie et produit,
en d'autres termes édifie, l'intime communion de tous les fidèles
dans le Corps du Christ qui est l'Eglise (1 Co 10,16)"
(...)
Les images bibliques par lesquelles le Concile a voulu
nous introduire à la contemplation du mystère de l'Eglise mettent
en lumière la réalité de l'Eglise-Communion dans son indivisible
dimension de communion des chrétiens avec le Christ et de communion
des chrétiens entre eux. Ces images sont celles de la bergerie,
du troupeau, de la vigne, de l'édifice spirituel, de la cité
sainte. C'est surtout l'image du corps, présentée par
l'apôtre Paul, dont la doctrine toujours vivante et attirante
anime de nombreuses pages du Concile.
Le texte rappelle que le Concile présente aussi
l'Eglise comme "Peuple de Dieu" et comme "sacrement
du salut" (LG §1) et poursuit :
La réalité de l'Eglise-Communion est, dès lors, partie
intégrante, bien mieux, elle représente le contenu central
du "Mystère", c'est-à-dire du dessein divin de salut de
l'humanité. Voilà pourquoi la communion ecclésiale ne peut se
traduire parfaitement si on n'y voit qu'une réalité simplement
sociologique et psychologique. L'Eglise-Communion est le peuple
"nouveau", le peuple "messianique", le peuple qui "a pour chef
le Christ ... ( le texte poursuit en citant LG §9).
Les liens qui unissent les membres du nouveau Peuple
de Dieu entre eux - et d'abord avec le Christ - ne sont pas
ceux de la "chair" et du "sang", mais bien ceux de l'esprit,
plus précisement ceux de l'Esprit-Saint, que recoivent tous
les baptisés (cf. Jl 3,1).
(...)
20. La communion ecclésiale se présente,
pour être plus précis, comme une communion "organique", analogue
à celle d'un corps vivant et agissant : elle se caractérise,
en effet, par la présence simultanée de la diversité
et de la complémentarité des vocations et conditions
de vie , des ministères, des charismes et des responsabilités.
Grâce à cette diversité et complémentarité, chacun des fidèles
laïcs se trouve en relation avec le corps tout entier et,
au corps, il apporte sa propre contribution.
Le texte cite ici les § 7 et 4 de Lumen Gentium,
tout entier inspiré de la théologie de l'apôtre Paul et conclut
:
"La communion ecclésiale est donc un don, un grand
don de l'Esprit-Saint"; les fidèles sont invités à le recevoir
avec reconnaissance et, en même temps, à vivre avec un grand
sentiment de responsabilité. Cela se réalise concrètement par
leur participation à la vie de l'Eglise, au service de qui les
fidèles laïcs mettent leurs ministères et leurs charismes variés
et complémentaires."
Le synode notait que cette participation des
laïcs "doit être comptée parmi les meilleurs fruits du Concile.
En ceci nous avons une expérience neuve de ce que nous sommes
tous dans l'Eglise".
