LE CONCILE VATICAN II
JEUDI 06 FÉVRIER 2003

Document 22

EXTRAITS DE LETTRES DE JEAN PAUL II


TERTIO MILLENNIO ADVENIENTE,
(Lettre apostolique du 10 novembre 1994 sur la préparation du Jubilé de l'an 2000 ).
Le Concile, "un événement providentiel", qui mêle le vieux et le neuf
§18 "... on peut affirmer que le Concile Vatican II constitue un événement providentiel par lequel l'Eglise a commencé la préparation immédiate du Jubilé du deuxième millénaire. Il s'agit en effet d'un Concile semblable aux précédents et pourtant très différent; un Concile centré sur le mystère du Christ et de son Eglise et en même temps ouvert au monde. Cette ouverture a été la réponse évangélique à l'évolution récente du monde avec les bouleversements qu'a connus le XXème siècle éprouvé par une première puis une deuxième guerre mondiale, par l'expérience des camps de concentration et d'effroyables massacres. Tout ce qui est arrivé montre plus que jamais que le monde a besoin de purification, qu'il a besoin de conversion.
On dit souvent que le Concile Vatican II marque une époque nouvelle dans la vie de l'Eglise. C'est vrai, mais en même temps il est difficile de ne pas remarquer que l'assemblée conciliaire a eu largement recours aux expériences et aux réflexions de la période antérieure, spécialement du patrimoine de pensée de Pie XII. Dans l'histoire de l'Eglise, le "vieux" et le "neuf" sont toujours étroitement mêlés. Le "neuf" croît sur le "vieux", le "vieux" trouve dans le "neuf" une expression plus accomplie. Ainsi en a-t-il été pour Vatican II et pour l'activité des papes liés à l'assemblée conciliaire, à commencer par Jean XXIII, puis Paul VI et Jean Paul Ier, et enfin le pape actuel...."

Aperçu sur ce qu'a fait l'Eglise au Concile
§19 "....Au Concile, l'Eglise dans le désir d'être pleinement fidèle à son maître, s'est interrogée sur son identité et a redécouvert la profondeur de son mystère de Corps et d'épouse du Christ [1]. Se mettant attentivement à l'écoute de la Parole de Dieu [2], elle a réaffirmé la vocation universelle à la sainteté [3]; elle a entrepris la réforme liturgique, "source et sommet " de sa vie [4]; elle a donné l'impulsion au renouvellement de nombreux aspects de son existence au niveau universel et dans les Eglises locales [1]; elle s'est impliquée dans la promotion des diverses vocations chrétiennes, de celle des laïcs [5] à celle des religieux [6], du ministère des diacres [7] à celui des prêtres [8] et des évêques [9]; elle a redécouvert en particulier la collégialité épiscopale [10], expression privilégiée du service pastoral exercé par les évêques en communion avec le Successeur de Pierre. Dans le cadre de ce profond renouveau, le Concile s'est ouvert aux chrétiens des autres confessions [11], aux membres des autres religions [12], à tous les hommes de notre temps [13]. Dans aucun autre Concile on a parlé avec autant de clarté de l'unité des chrétiens [11], du dialogue avec les religions non chrétiennes [12], du sens spécifique de l'Ancienne Alliance et d'Israel [12], de la dignité de la conscience personnelle [14], du principe de la liberté religieuse [14], des différentes traditions culturelles au sein desquelles l'Eglise accomplit sa tâche missionnaire [15], des moyens de communication sociale [16]".

"Les Pères conciliaires ont parlé le langage de l'Evangile"
§ 20 "Une grande richesse de contenu et le ton nouveau inconnu jusqu'alors, avec lequel les questions ont été présentées par le Concile, constituent comme une annonce de temps nouveaux. Les pères conciliaires ont parlé le langage de l'Evangile, le langage du discours sur la montagne et des Béatitudes. Dans le message du Concile, Dieu est présent dans sa Seigneurerie absolue sur toutes choses, mais aussi comme garant de l'authentique autonomie des réalités temporelles."


NOVO MILLENIO INEUNTE
("Entrant dans le nouveau millénaire", Lettre apostolique au terme du grand Jubilé de l'an 2000)

"Le rôle prééminent de la Parole de Dieu"
§ 39. ... Depuis que le Concile Vatican II a souligné le rôle prééminent de la Parole de Dieu dans la vie de l'Eglise, il est certain que de grands pas en avant ont été faits dans l'écoute assidue et dans la lecture attentive de l'Ecriture Sainte. L'honneur qu'elle mérite lui est reconnu dans la prière publique de l'Eglise. Les fidèles et les communautés y recourent désormais dans une large mesure, et parmi les laïcs eux-mêmes, nombreux sont ceux qui s'y consacrent avec l'aide précieuse des études théologiques et bibliques. Et surtout il y a l'évangélisation et la catéchèse qui prennent une nouvelle vigueur précisement lorsqu'on est attentif à la Parole de Dieu. Chers frères et sœurs, il faut consolider et approfondir cette perspective, en diffusant aussi le livre de la Bible dans les familles. Il est nécessaire en particulier, que l'écoute de la Parole devienne une rencontre vitale, selon l'antique et toujours actuelle tradition de la lectio divina permettant de puiser dans le texte biblique la parole vivante qui interpelle, qui oriente, qui façonne l'existence."

"Une boussole fiable pour le chemin du siècle qui commence"
§ 57. "Chers frères et sœurs, quelle richesse le Concile Vatican II ne nous a-t-il pas donnée dans ses orientations ? ...
À mesure que passent les années, ces textes ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat.
Il est nécessaire qu'ils soient lus de manière appropriée, qu'ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l'intérieur de la Tradition de l'Eglise.
Alors que le Jubilé est achevé, je sens plus que jamais le devoir d'indiquer le Concile comme la grande grâce dont l'Eglise a bénéficié au XXème siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence."


[1]Lumen gentium

[2]Dei Verbum

[3] L.G Ch. 5

[4]Sacrosanctum concilium

[5]L.G Ch. 4 et décret Apostolicam actuositatem

[6]L.G Ch.6 et décret Perfectae caritatis

[7]L.G. Ch.3 § 29

[8]Presbytorum ordinis et Optatam totius

[9]Christus dominus

[10]L.G Ch.3

[11]Unitatis redintegratio

[12]Nostra Aetate

[13]Gaudium et Spes

[14]Dignitatis humanae

[15]Ad gentes

[16]Inter mirifica.
Sur les 16 documents de Vatican II, seuls deux décrets ne sont pas implicitement évoqués ici : le décret sur l'éducation chrétienne (Gravissimum educationis) et celui sur les Eglises orientales (Orientalium Ecclesiarum).