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Yves de GENTIL-BAICHIS
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Christine
PONSARD |
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Denis VILLEPELET
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GRANDS DÉBATS
SUR L'ÉGLISE D'AUJOURD'HUI
3 - Comment transmettre la foi aujourd'hui ?
Près
de 400 personnes assistaient à ce débat sur le sujet crucial
de la transmission de la foi. L'animateur, Yves de Gentil-Baichis,
rappelle d'emblée que les jeunes sont écartelés entre le monde
de facilité que leur offre la télévision, où l'on vante la
consommation, le plaisir, où tout est présenté comme disponible
tout de suite…, et celui, exigeant, de l'école, qui appelle
au contraire à un effort sur la durée, en vue de plus tard.
Denis Villepelet, directeur de l'Institut de pastorale
catéchétique, explique que l'on a en effet changé de monde
mental : les rapports au temps, à l'espace, au travail, à
autrui…, ne sont plus les mêmes qu'autrefois ; on dit que
les jeunes n'ont pas de culture, qu'ils sont narcissiques,
mais on le dit par rapport à un contexte qu'ils ne connaissent
pas ; à un âge où ils doivent se constituer et devenir " un
sujet " à part entière, ils ressentent comme dangereuses les
références à ce qui existait autrefois. Et cela éclaire la
crise de transmission qui, en Occident, touche toutes les
institutions à finalité éducative, l'école et les autres.
Dans
ce contexte, comment chez les jeunes faire " résonner la Parole
" (nom que Denis Villepelet donne à la catéchèse) ? Question
difficile, abordée en particulier dans la lettre des évêques
de France de 1996 " Proposer la foi dans la société actuelle
". Pour ceux-ci, la situation est critique : baisse de
la pratique religieuse, catéchèse centrée sur les 8-12 ans
(mais pour 30% seulement de chaque classe d'âge, pourcentage
qui baisse d'ailleurs de 1% par an), absente chez les étudiants
ou les " jeunes professionnels " (sauf ceux qui ont participé
aux JMJ). La catéchèse ne fait plus partie du " temps institutionnel
" de l'enfant mais de son " temps associatif ", alors qu'autrefois,
quand la plupart des enfants étaient scolarisés jusqu'à 12
ans, la catéchèse pouvait être naturellement menée en parallèle
jusqu'à la " grande communion ", qui était le pendant du "
certificat d'études ". De plus, les familles jouaient un rôle
dans la transmission de la foi, ce qui est moins le cas aujourd'hui
où les adultes " questionnent " eux-mêmes leur foi : il faut
donc, dit Denis Villepelet, se réapproprier la catéchèse des
adultes, et avec un langage qui ne soit pas un langage d'enfants.
Sans doute y a-t-il 180 000 catéchistes en France, tous bénévoles
(et cela est remarquable) ; mais le corps des catéchistes
est en train de vieillir ; par ailleurs il est essentiellement
féminin, et il faut que des pères s'y impliquent, car les
jeunes ont besoin d'une parole masculine à côté de la féminine
: pourquoi pas la catéchèse le dimanche ?
Ce
constat, pessimiste, permet néanmoins de distinguer des pistes
pour l'avenir : faire appel à des catéchistes masculins, ne
pas s'adresser qu'aux 8-12 ans, prendre en compte les adultes…,
mais également se centrer sur l'essentiel : la Résurrection,
l'appel à la conversion constante… Par ailleurs, ne pas oublier
" ce qui marche bien " : les grands rassemblements (JMJ),
les grands groupes avec des liturgies qui ne soient pas seulement
la liturgie eucharistique, et qui permettent de " goûter ",
de ressentir la présence de Dieu. D'aucuns se demandent si
cela n'est pas " de l'éphémère " ; mais beaucoup de jeunes
disent : " ça nous a marqué pour la vie ! "
Traitant
plus spécifiquement du rôle des parents, Christine Ponsard,
rédactrice en chef de " Une semaine avec Dieu " à " Famille
chrétienne ", rappelle que ceux-ci sont les premiers éducateurs
de la foi (Gaudium et Spes). Mais nombre d'entre eux
sont découragés et doutent de leurs capacités dans ce domaine
: ils ne savent pas où ils en sont eux-mêmes de leur propre
foi, ils se sentent mal à l'aise dans l'Eglise (baisse de
leur pratique religieuse, situations conjugales compliquées…),
ils se sentent isolés… L'urgence est de redonner confiance
à ces parents, surtout aux jeunes parents (et les grands parents
ont à cet égard un rôle essentiel). L'important n'est pas,
pour eux, d'être un pilier de sacristie, mais de se mettre
en route vers le Seigneur, en se sachant pauvres et en reconnaissant
le besoin d'être sauvés : Jésus n'est pas venu pour les premiers
prix de vertu mais pour les parents incompétents et qui ne
savent pas comment s'y prendre. Ce ne sont pas nos compétences,
en effet, qui permettent de transmettre la foi : tout au plus
pouvons-nous préparer le terrain, mais c'est le Seigneur qui
sème.
Rappelant
une parole de Saint Bernard : " Faites vous réservoir et
non canal ", Christine Ponsard souligne qu'on ne donne
que son " trop plein " : la transmission de la foi commence
par la prière, par la fréquentation amoureuse de la Parole
de Dieu. Au sein de la famille, elle suppose de plus un climat
; elle est davantage une question " d'être " que de " dire",
d'attitudes (amour, pardon, partage, accueil, bienveillance
envers autrui, paix, confiance, simplicité de la vie quotidienne…)
que d'enseignement. Elle insiste aussi sur le sens de la fête,
sur la capacité à s'émerveiller : il faut que les jeunes puissent
montrer aux autres " qu'être chrétien, ce n'est pas triste
".
Livres à consulter :
Christine PONSARD :
L'Evangile pour les enfants (Fleurus).
La foi en famille (Béatitudes).
Miracles de Jésus en BD (Fleurus).
Paraboles de Jésus (Fleurus)
