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LE CONCILE
VATICAN II
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JEUDI 12 JUIN 2003
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Commémoration du 40ème
anniversaire
de la mort de Jean XXIII (3 juin 1963)
et clôture de l'Année Vatican II
avec le Nonce Mgr BALDELLI
Quand
le pape Jean XXIII a été élu en 1958, j'étais jeune étudiant
en théologie à Rome, au Séminaire Romain. C'était le même
séminaire dans lequel, le pape Jean XXIII avait fait ses études.
Il était originaire du Nord de l'Italie, de Bergame, mais
il avait fait sa théologie à Rome. La première visite qu'il
a fait hors du Vatican était une surprise. Le pape, vous vous
rappelez, ne bougeait pas beaucoup hors du Vatican, et le
pape Jean XXIII, quelques jours après son élection, nous visita.
C'était son ancien séminaire et c'était une visite de gratitude,
de reconnaissance de ce qu'il avait reçu de cette maison de
formation. Dans ce séminaire, il y a une chapelle où se trouve
une madone très ancienne que l'on vénère et qui s'appelle
la vierge de la confiance. Il arriva dans la chapelle de la
vierge de la confiance, (tous les élèves et anciens du séminaire
visitent cette chapelle. C'est une obligation du cœur). Le
pape évidemment visita la chapelle de la vierge de la confiance
et après, dans une grande salle, il nous rencontra et nous
reçu un par un. Chacun de nous lui a serré la main. Le pape
Jean XXIII était un historien. Il connaissait beaucoup de
choses sur l'histoire des petites villes, des diocèses… Il
y a deux choses qui nous ont marquées. C'était une rencontre
d'une grande simplicité et d'une grande convivialité.
Je vais résumer deux ou trois éléments
qui pourraient aussi pour vous être une zone de réflexion
pour alimenter votre vie spirituelle. Il a "sorti" 2 phrases
en latin, pour nous donner comme des critères d'action. La
première était : obéissance et paix Oboedientia et pax. Il
parlait à de futurs prêtres et il nous disait que ces deux
mots donnent une orientation à suivre. L'obéissance à Dieu
d'abord, et à notre supérieur dans notre vie, notre évêque,
le pape. L'obéissance donne la paix du cœur et nous empêche
de commettre des erreurs. Qui obéit, suit des ordres ou des
orientations. Ce n'est pas lui, mais le chef, qui prend les
décisions. C'est une des idées que le pape nous laissa à ce
moment là.
L'autre orientation, c'est aussi
une phrase en latin. Omnia videre Multa dissimulare Pauca
corrigere. Le responsable voit tout, dissimule beaucoup de
choses, fait peu de corrections. C'était une autre phrase
qu'il nous laissa ce soir là.
Le deuxième aspect de sa personnalité
qui a marqué le changement dans la papauté : La grande
proximité. C'était un pape très proche des gens et une
autre visite qu'il fit assez vite à Rome fut une visite à
la prison de Rome et une troisième dans un hôpital pour petits
enfants. Et sa manière d'être, de se manifester, de parler
; on sentait de suite qu'il avait un grand intérêt pour son
interlocuteur, un amour qui créait une atmosphère de confiance,
d'ouverture.
Un autre aspect. C'est un homme
d'une grande simplicité, d'une grande humilité et l'humilité
nous rapproche des hommes et nous ouvre à Dieu. Nous avons
l'orgueil dans le cœur. L'humilité se construit peu à peu
avec la grâce de Dieu. Jean XXIII était un homme simple, droit.
Et enfin, je le dis en dernier mais c'est
la raison de tout. C'était un homme d'une forte dimension
intérieure, avec une spiritualité, la force de la prière,
l'habitude de la prière. Un homme qui parlait à Dieu tout
le temps et demandait à Dieu la lumière de son chemin. Quand
il prît des décisions graves dans l'histoire de l'Église ;
un pape octogénaire qui se lance dans l'aventure d'un concile
œcuménique. Qu'est ce que ça signifiait à cette époque là.
C'était le fruit de la prière. Il sentit que c'était nécessaire
pour la vie de l'Église, d'ouvrir, de faire respirer à pleins
poumons et il fallait que l'église se montre la richesse de
la grâce de Dieu en toute simplicité. |
La
langue, autre épisode. Une fois, à l'époque où il était nonce
en Bulgarie, un jour il entra dans une église et il y eu tout
de suite des personnes et surtout des enfants qui entrèrent
et virent ce prêtre qui n'était pas du lieu. L'église se remplit.
Il ne savait pas quoi faire et il entonna le Notre Père en
latin. Il ne connaissait pas la langue locale et se rendit
compte que personne de ceux qui étaient là pouvaient l'accompagner
dans la récitation du Notre Père en latin. Et il comprit tout
de suite que quand on parle au Seigneur, (sans nier la valeur
du latin), il fallait adapter la liturgie à la langue de chaque
peuple. Chacun de nous a besoin de parler avec le Père, Notre
Père, dans sa langue. Et lors d'une visite qu'il fit à une
paroisse d'un quartier de Rome juste avant le concile, le
dimanche, au cours de la messe, il rappela cet épisode. Il
laissait entendre cette orientation que la liturgie aurait
dû adapter la langue au peuple. Ce fut une surprise. À cette
époque là, le concile n'était pas encore annoncé.
Toute cette sensibilité, cette humilité,
cet esprit de proximité aux gens, Cet amour pour chaque personne
qu'il avait. Le pape Jean XXIII, comme tous les saints d'ailleurs,
ont une dimension spirituelle d'une grande profondeur. Le
dialogue avec le Seigneur est la respiration constante de
l'Esprit. Et voilà. Ces enseignements, ces aspects nous font
du bien, l'humilité, l'ouverture au Seigneur, le dialogue
simple et constant avec le Seigneur et trouver toujours l'inspiration
du sens de notre vie dans le regard vers le Ciel. |

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