Quand
le Père Silvano a demandé à chacun des prêtres de Notre-Dame
d'écrire ses souvenirs sur le Concile, je fus couvert
de confusion.
De souvenirs,
je n'en ai aucun !
A l'époque,
accaparé par les responsabilités et le travail, ne disposant
ni de journal ni de radio ni de télévision, j'ai vécu
en "étranger" ces moments exceptionnels de la vie
de l'Eglise. Oui je suis vraiment confus.
Et pourtant
il me fut demandé de collaborer indirectement au travail
de cette importante assemblée. Monseigneur RENARD me fit
traduire en latin le texte de ses interventions aux assemblées
conciliaires. Malgré mon horreur des thèmes, je dus m'exécuter.
Notre ancien évêque exprimait, dans ces textes, sa souffrance
de voir certains chrétiens figés, "cuirassés" dans un
formalisme extérieur et sourds à tout appel à la conversion
de la pensée. "Selon le mot du poète, ils sont comme
les canards : ils ne mouillent pas", écrivait-il en
soulignant la phrase. C'est là le seul vrai souvenir que
le mot "concile" évoque en moi quand je me rappelle ma
vie de cette époque.
Mais
aujourd'hui, après plus de trente ans de ministère paroissial,
je vis intensément les bienfaits de cet aggiornamento.: |