1962       11 octobre       2002

       En octobre 1962, j'entrai en première année de théologie dans le séminaire patriarcal de Venise. J'avais 20 ans et la perspective des études philosophiques, théologiques et bibliques me fascinait, dans le rêve de devenir prêtre. Le 11 octobre, nous avons passé la matinée devant la télévision pour regarder l'ouverture du Concile Vatican II, une procession de 2500 évêques devant le pape Jean XXIII, notre pape, car il avait été notre évêque jusqu'en octobre 58.
       Le discours du pape était d'un grand optimisme, confiant dans la présence du Ressuscité et dans l'action de l'Esprit, contre tous les prophètes de malheur et les tentations d'une Eglise qui condamne.
       Le soir du 11 octobre, nous étions encore devant la télévision car le peuple de Rome avait envahi la place Saint Pierre avec des flambeaux : le pape vint à la fenêtre et parla, le cœur ouvert, de la journée mémorable, de la lune, de la caresse du pape à porter aux enfants à la maison … Nous étions tous en larmes.
       Je voudrais vous proposer cette même émotion spirituelle et cette même joie de vivre l'Eglise du 3ème millénaire, (voir programme à la fin de Paroissiale).
       Le pape Jean Paul II dans sa Lettre pour le nouveau millénaire nous invite à continuer la Pentecôte de l'Eglise que fut le Concile Vatican II :
       Nous devons maintenant regarder devant nous, nous devons avancer au large, confiants dans la parole du Christ "Duc in altum !" Ce que nous avons fait cette année jubilaire ne saurait justifier une sensation d'assouvissement, et encore moins nous amener à une attitude de démobilisation. Les expériences vécues doivent au contraire susciter en nous un dynamisme nouveau qui nous incitera à investir en initiatives concrètes l'enthousiasme que nous avons éprouvé.
       Dans la cause du Royaume, il n'y a pas de temps pour regarder en arrière, et encore moins pour s'abandonner à la paresse. Bien des choses nous attendent, et c'est pourquoi nous devons établir un programme pastoral post-jubilaire qui soit efficace.
       Il importe toutefois que ce que nous proposerons, avec l'aide de Dieu, soit profondément enraciné dans la contemplation et dans la prière. Notre époque est une époque de mouvement continuel, qui va souvent jusqu'à l'activisme, risquant facilement de "faire pour faire". Il nous faut résister à cette tentation, en cherchant à "être" avant de "faire".

Père Silvano